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Lundi, mars 2, 2026
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Mise à jour hebdomadaire sur la santé | Le CDC Afrique met en garde contre les accords de données américains ; Les décès dus au paludisme au Burkina Faso chutent de 48 %

Dans le point sur la santé en Afrique de cette semaine, le CDC Afrique et le Zimbabwe s’opposent à la nouvelle approche d’aide aux soins de santé de Washington, tandis que la CEDEAO, réunie à Cotonou, accélère la numérisation de la surveillance épidémiologique.

Parallèlement, le continent renforce sa résilience : le Burkina Faso a enregistré une baisse historique des cas de paludisme, l’OOAS transfère son siège à Abidjan dans le cadre d’un changement stratégique et des interventions d’urgence sont en cours pour lutter contre la polio au Togo et le choléra en Afrique australe. La CEMAC intensifie également ses efforts pour lutter contre les maladies tropicales négligées.

Le directeur des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) a exprimé de vives inquiétudes quant aux accords qui permettraient à certaines entités américaines d’accéder à des échantillons biologiques et à des données épidémiologiques africaines.

L’agence craint que le partage des données sur les agents pathogènes et la santé sans garanties fermes d’accès abordable aux vaccins, traitements et technologies qui en résultent ne désavantagerait les pays africains.

Le différend reflète un changement plus large dans la diplomatie scientifique. Les autorités sanitaires africaines s’opposent aux accords qui positionnent le continent principalement comme un fournisseur de données. Les responsables soutiennent que les avancées médicales dérivées des ressources africaines devraient d’abord bénéficier aux populations africaines, mettant en garde contre ce que les critiques qualifient de néocolonialisme biomédical.

Le Zimbabwe rejette un accord américain sur la santé de 367 millions de dollars

Le Zimbabwe a rejeté une proposition d’accord de santé de 367 millions de dollars avec les États-Unis, invoquant des inquiétudes concernant l’accès aux données et les conditions de partage de technologies.

Le président Emmerson Mnangagwa a qualifié l’accord de « déséquilibré », s’opposant aux dispositions qui accorderaient aux partenaires américains un large accès aux échantillons biologiques et aux données génomiques sans engagements clairs de partager les futures avancées médicales.

Harare a déclaré que l’accord risquait de réduire le pays à un rôle de fournisseur de matériel scientifique pour des entreprises privées étrangères, sans garantie d’accès aux vaccins ou aux traitements qui en résulteraient.

Cette décision intervient alors que Washington s’oriente vers des contrats bilatéraux directs suite au démantèlement de l’USAID sous l’administration Trump. Les autorités américaines ont averti que cette décision pourrait perturber le traitement de 1,2 million de patients atteints du VIH. Le Zimbabwe a cependant présenté ce rejet comme une question de souveraineté médicale et d’équité, principes également approuvés par l’Organisation mondiale de la santé.

Souveraineté pharmaceutique : favoriser la production locale

Le CDC Afrique intensifie sa campagne visant à développer la fabrication nationale de médicaments et de vaccins.

Dans de nombreux systèmes de santé africains, les ménages couvrent de leur poche 30 à 40 % des dépenses totales de santé. L’agence affirme que la forte dépendance à l’égard des importations fait augmenter les coûts et expose les familles à des chocs financiers.

Pour résoudre ce problème, le CDC Afrique soutient un accélérateur de fabrication de vaccins avec pour objectif de répondre à 60 % des besoins du continent grâce à la production locale d’ici 2040.

L’agence exhorte également les pays à adopter des systèmes numériques de gestion de la santé pour réduire le gaspillage. En République démocratique du Congo, les pertes annuelles sont estimées à 800 millions de dollars en raison des inefficacités. Toutefois, les responsables préviennent que des progrès significatifs dépendront d’investissements à grande échelle dans les infrastructures et de marchés publics coordonnés.

Burkina Faso : Forte baisse des décès dus au paludisme

Le Burkina Faso a signalé une forte baisse des cas de paludisme et des décès en 2025.

Les cas ont chuté de 32 % sur un an, tandis que les décès ont chuté de 48 %, selon les données présentées par le ministre de la Santé, le Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, lors d’un conseil des ministres le 19 février 2026.

Les cas signalés sont passés de 10,8 millions en 2024 à 7,3 millions en 2025. Les décès ont chuté de 3 523 à 1 900, avec des améliorations notables chez les enfants de moins de cinq ans.

Les responsables ont attribué ces progrès à une stratégie à plusieurs volets qui comprend la distribution massive de moustiquaires imprégnées d’insecticide de nouvelle génération, des campagnes de vaccination saisonnières et des soins élargis au niveau communautaire.

Les autorités ont décrit ces progrès comme une victoire à la fois sur le plan de la santé publique et sur le plan économique, soulignant l’impact de longue date du paludisme sur la productivité. Ils ont toutefois averti que des progrès durables nécessiteraient un financement international continu et une vigilance contre la résistance aux insecticides.

Le soutien de partenaires, dont l’OMS, et une subvention du Fonds mondial de 250 millions de dollars pour 2024-2026 contribuent à soutenir ces efforts.

La Côte d’Ivoire accueillera le siège de l’OOAS

La Côte d’Ivoire accueillera le siège de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), qui déménage de Bobo-Dioulasso au Burkina Faso à Abidjan.

Les responsables ivoiriens affirment que cette décision pourrait attirer des investissements dans les infrastructures de santé et renforcer la coordination régionale alors que l’Afrique de l’Ouest s’efforce d’harmoniser les protocoles de réponse aux épidémies.

L’OOAS supervise les programmes de santé transfrontaliers dans une région où la mobilité des populations lie la sécurité sanitaire à la coopération politique.

Cotonou accueille des discussions régionales sur la surveillance sanitaire

L’OOAS a réuni des experts régionaux à Cotonou du 23 au 27 février pour renforcer les réponses coordonnées aux crises sanitaires.

L’atelier s’est concentré sur la mise en œuvre de l’approche « One Health », qui intègre des données sur la santé humaine, animale et environnementale.

L’une des priorités clés est d’améliorer l’interopérabilité des systèmes via la plateforme régionale DHIS2 pour automatiser le partage de données entre les États membres de la CEDEAO et réduire les délais de réponse.

Malgré le soutien du CDC Afrique et de l’Institut Pasteur de Dakar, les responsables ont reconnu des obstacles persistants, notamment une faible connectivité numérique et des protocoles nationaux inégaux. Les décideurs politiques affirment que des systèmes de surveillance numérique durables sont essentiels à la gestion des menaces transfrontalières telles que le mpox et le choléra.

Les inondations en Afrique australe déclenchent une urgence sanitaire

Madagascar, le Malawi et le Mozambique sont aux prises avec une crise sanitaire croissante suite à de graves inondations.

Les premières évaluations indiquent des risques accrus de choléra et d’autres maladies à transmission hydrique et vectorielle après des dommages aux systèmes d’assainissement. La surpopulation dans les camps de personnes déplacées et les perturbations des campagnes de vaccination de routine compliquent les efforts de réponse.

Les gouvernements sont confrontés au double défi de fournir des secours d’urgence tout en évitant de nouvelles pressions sur des systèmes de santé déjà fragiles.

Le Togo signale de nouveaux cas de polio

Le Togo a signalé de nouveaux cas de polio dans le district de Mô, au centre du pays, déclenchant une alerte sanitaire nationale.

Les autorités ont lancé des campagnes de vaccination ciblées pour contenir l’épidémie et empêcher une propagation plus large.

Si cette résurgence souligne la nécessité d’une surveillance continue dans les zones déclarées exemptes de poliovirus sauvage, elle met également en lumière les obstacles logistiques. Les responsables de la santé doivent atteindre les populations mobiles et isolées dans un district ayant un accès limité aux soins.

Les dirigeants communautaires et les agents de santé devraient jouer un rôle central, notamment pour lutter contre l’hésitation persistante à l’égard de la vaccination.

La CEMAC lance 30 projets de recherche sur les maladies négligées

La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a lancé 30 projets de recherche visant à lutter contre les maladies tropicales négligées (MTN) dans la sous-région.

L’initiative vise à soutenir l’innovation locale en matière de diagnostics et de traitements adaptés aux besoins régionaux.

En finançant ses propres chercheurs, la CEMAC vise à réduire sa dépendance vis-à-vis des priorités de recherche internationales, qui négligent souvent les réalités locales.

Les MTN comprennent environ 20 maladies parasitaires, bactériennes et virales qui touchent plus d’un milliard de personnes dans le monde, principalement dans les régions pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.

L’OMS maintient une surveillance renforcée sur Mpox

L’Organisation mondiale de la santé continue de surveiller plusieurs épidémies de mpox en Afrique.

Son dernier rapport souligne une transmission soutenue dans plusieurs régions et appelle à une capacité de diagnostic élargie et à un accès équitable aux vaccins. Même si les taux de mortalité restent relativement faibles dans certaines régions, les experts préviennent que les risques de mutation et de propagation transfrontalière nécessitent une vigilance continue.

Garantir l’approvisionnement en vaccins et renforcer la communication publique restent des priorités absolues pour prévenir la stigmatisation et la désinformation.

Le Ghana obtient 20 millions de dollars d’aide japonaise en matière de santé

Le Ghana devrait recevoir 20 millions de dollars du Japon pour moderniser ses services de soins de santé primaires. Le financement cible la santé maternelle et néonatale et s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large en faveur d’une couverture sanitaire universelle. Les investissements prévus comprennent des équipements médicaux avancés et une formation continue du personnel infirmier dans les zones rurales. Les responsables affirment que ce soutien contribuera à réduire les disparités géographiques dans l’accès aux soins.

L’Afrique du Sud prévoit la vaccination du bétail à l’échelle nationale

L’Afrique du Sud a annoncé son intention de vacciner l’ensemble de son troupeau national afin de protéger l’approvisionnement alimentaire et de réduire les risques de maladies zoonotiques. L’initiative s’inscrit dans le cadre « One Health », reliant la santé animale et humaine. En renforçant la protection contre des maladies telles que la fièvre aphteuse et le charbon, les autorités visent à sauvegarder les exportations agricoles et à limiter la transmission entre espèces.

Aï Renaud Dossavi

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