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Vendredi, mars 6, 2026
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Des bactéries détectées dans des plats cuisinés et jus locaux

Un atelier de restitution consacré à la surveillance de la contamination microbiologique des aliments s’est tenu ce jeudi 5 mars au Centre des urgences sanitaires de l’hôpital Fann à Dakar. La rencontre a rassemblé laboratoires, services d’hygiène et acteurs de la sécurité alimentaire afin de partager les résultats d’une étude portant sur la présence de bactéries telles que Salmonella et Escherichia coli dans des plats cuisinés et des jus locaux très consommés par les populations.

Cette activité s’inscrit dans une stratégie visant à améliorer la préparation et la riposte face aux urgences sanitaires liées à l’alimentation.

Présidant la rencontre, le professeur Amadou Diop, enseignant-chercheur au département de pharmacie et président du Comité national du Codex, a rappelé l’importance de cette structure.

Selon lui, le Comité national du Codex constitue une plateforme nationale chargée de coordonner toutes les activités liées à la sécurité sanitaire des aliments, afin de garantir que les produits consommés par la population ne présentent pas de risques pour la santé.

Le plan de surveillance a été réalisé avec le soutien de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et de la coopération luxembourgeoise.

L’étude consistait à analyser différents plats cuisinés et jus locaux afin d’identifier d’éventuels contaminants microbiologiques.

108 échantillons analysés, 15 % de non-conformités

Au total, 108 échantillons ont été prélevés dans trois villes : Dakar, Thiès et Kaolack.

Les résultats montrent 16 cas de non-conformité, soit environ 15 % des échantillons analysés.

D’après le professeur Amadou Diop, ces résultats restent globalement satisfaisants, même si les situations varient selon les localités.

À Dakar, les analyses sont jugées plutôt encourageantes. Sur 65 échantillons de plats cuisinés, un seul cas de non-conformité a été détecté : un sandwich contaminé par la salmonelle.

En revanche, la situation apparaît plus préoccupante à Thiès, où 12 échantillons sur 22 se sont révélés non conformes. Les contaminations concernent principalement des aliments consommés froids, notamment des produits lactés traditionnels comme le thiakry et le lakh, ainsi que certains sandwiches.

À Kaolack, 3 cas de non-conformité ont été recensés sur 22 échantillons, touchant également le thiakry.

Les bactéries recherchées dans cette étude représentent de véritables risques sanitaires.

La salmonelle peut provoquer des gastro-entérites, des dysenteries et parfois des épidémies de diarrhées. Quant à E. coli, elle est utilisée comme indicateur d’hygiène, permettant de vérifier si les aliments ont été manipulés dans de bonnes conditions. Sa présence peut signaler une contamination d’origine fécale ou un non-respect des règles d’hygiène.

Face à ces résultats, le Comité national du Codex prévoit de renforcer la formation des restaurateurs en collaboration avec l’Association nationale des acteurs de la restauration du Sénégal.

Un guide de bonnes pratiques d’hygiène a déjà été élaboré. Le projet prévoit également la sélection de « restaurateurs modèles », qui seront évalués et récompensés pour leur respect des normes sanitaires.

L’objectif est clair : améliorer durablement la qualité sanitaire des aliments consommés par les Sénégalais et réduire les risques liés aux contaminations alimentaires.

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