Dans la tempête médiatique qui a suivi l’interruption du match entre le Sénégal et le Maroc, une version des faits s’est rapidement imposée : celle d’une supposée longue absence des Lions de la Téranga, accusés d’avoir quitté la pelouse pendant plus de quinze minutes.
Pourtant, plusieurs éléments viennent contredire ce récit devenu dominant, relançant le débat sur ce qui s’est réellement passé et sur la manière dont l’information a été relayée.
Pourtant, l’analyse rigoureuse des images de Bein Sport pulvérise ce scénario. Entre la 106ème minute, marquant le départ de quelques joueurs vers les vestiaires, et leur retour complet sous l’impulsion du staff à la 110ème, le chronomètre est formel : l’absence n’a duré que quatre minutes. En réalité, le rappel des joueurs par Sadio Mané et le coach est intervenu dès la 108ème minute, prouvant une volonté immédiate de reprendre la compétition.
Un arbitrage à géométrie variable
Au-delà de la bataille du temps, c’est la question de l’équité qui fragilise la position de la CAF.
Si l’instance africaine choisit de sanctionner le Sénégal pour une absence partielle de quatre minutes, elle semble ignorer les violations répétées commises par le camp adverse durant ce même laps de temps. Les images montrent distinctement des membres du staff et des remplaçants marocains pénétrer illégalement sur le terrain à plusieurs reprises, obligeant même l’arbitre à intervenir physiquement pour évacuer l’aire de jeu.
Punir un camp pour un retard mineur tout en fermant les yeux sur l’occupation illicite du terrain par l’autre constitue un dangereux précédent de « deux poids, deux mesures ».
Le TAS face à une erreur de jugement majeure
Face à ces preuves matérielles, la décision de sanctionner le Sénégal apparaît non seulement disproportionnée, mais surtout déconnectée de la réalité factuelle.
Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) se retrouve désormais saisi d’un dossier où l’émotion médiatique a pris le pas sur la chronologie du match. En s’appuyant sur le minutage technique de la diffusion officielle, le Sénégal dispose d’un argumentaire imparable pour faire casser cette décision. Rétablir les faits, c’est avant tout protéger l’intégrité du football africain contre les sanctions basées sur des rumeurs plutôt que sur la réalité du terrain.



