Alors que l’attention se tourne vers la guerre en Iran, les restrictions plus strictes imposées à Gaza entraînent des pénuries, des hausses de prix et des souffrances croissantes, transformant un moment de célébration en un moment d’anxiété pour des millions de personnes.
Publié le 20 mars 2026
Alors que l’attention du monde est tournée vers la guerre en Iran, Israël a discrètement resserré son emprise sur Gaza, limitant encore davantage le flux de marchandises et d’aide. Alors que commence l’Aïd al-Fitr, une période censée être marquée par la joie et les réunions de famille, des millions de personnes à Gaza luttent contre des pénuries croissantes et des difficultés croissantes. Ce qui devrait être un moment de célébration est devenu un moment d’anxiété, alors que la crise qui s’aggrave prive l’Aïd même de ses plaisirs les plus simples.
La crise économique n’est pas simplement un cas d’inflation ordinaire ou de pénurie temporaire de biens, mais le résultat d’une interaction complexe entre l’occupation israélienne, la dynamique du marché local et des stratégies régionales et internationales plus larges. Israël a profité à plusieurs reprises des tensions extérieures, telles que celles impliquant l’Iran ou le Liban, pour justifier le renforcement des restrictions sur la circulation des marchandises via les points de passage, tout en intensifiant la pression militaire sur Gaza. Cela expose les résidents directement à la flambée des prix et aux pénuries de produits essentiels.
Même lorsque les biens sont disponibles sur les marchés, certains commerçants ont profité de la crise pour réaliser des profits excessifs en augmentant les prix de manière injustifiée. Les tomates, par exemple, qui coûtaient 3 shekels (0,97 dollar) avant les récents événements, coûtent désormais 20 shekels (6,48 dollars). Les conserves essentielles ont augmenté à des rythmes similaires. Le gaz de cuisine coûte désormais 80 shekels (25,92 dollars) pour une bouteille de 8 kg, ce qui signifie qu’une famille peut avoir besoin d’environ 640 shekels (207,37 dollars) par mois rien que pour se procurer du gaz de cuisine. Les prix de l’électricité ont également augmenté, passant de 18 shekels (5,83 dollars) par unité à 25 shekels (8,10 dollars), tandis que le coût de la vie des familles qui dépendent souvent d’alternatives telles que les poêles à kérosène (babur) pour cuisiner au lieu du bois a fortement augmenté.
Les hausses de prix ne s’arrêtent pas là. La viande est devenue d’un prix prohibitif, les médicaments essentiels sont de plus en plus inaccessibles à des prix raisonnables et même les traditions les plus simples de l’Aïd sont désormais hors de portée pour beaucoup. Cette manipulation des prix reflète la façon dont certains commerçants exploitent la fragilité économique et la pression psychologique à laquelle sont confrontés les résidents, intensifiant ainsi les sentiments d’injustice et de frustration au sein de la population.
La guerre en cours, les violations répétées des accords de cessez-le-feu et la stratégie plus large d’Israël consistant à utiliser les conflits extérieurs comme justification de la pression militaire ont transformé le récit des « menaces continues à la sécurité en provenance de Gaza » en un prétexte récurrent pour fermer les points de passage ou les utiliser comme outil de contrôle. De cette manière, Gaza est de plus en plus impliquée dans des tensions régionales plus vastes et dans des calculs militaires.
Dans ces circonstances, l’Aïd al-Fitr à Gaza est devenu le symbole des difficultés quotidiennes. Les familles sont obligées de choisir entre les nécessités de base et les traditions de la fête. La viande, les légumes et le gaz de cuisine sont devenus un luxe pour beaucoup, tandis que la majorité lutte simplement pour assurer les nécessités de la vie quotidienne.
Même lorsque les approvisionnements existent, la monopolisation des biens et la hausse injustifiée des prix fragilisent le marché local et révèlent la faiblesse de la structure économique de Gaza. Toute tentative de stabiliser les prix ou d’augmenter l’offre se heurte à des restrictions strictes liées au blocus, créant des opportunités pour les commerçants de réaliser des profits rapides aux dépens des civils ordinaires.
En fin de compte, la crise de Gaza n’est pas seulement un problème économique ; il reflète une intersection complexe d’occupation, de blocus, d’exploitation commerciale et de politiques régionales et internationales qui ont laissé le territoire marginalisé.
L’Aïd al-Fitr, autrefois symbole de joie, est devenu le rappel d’une célébration perdue, mais aussi un appel à la communauté internationale pour qu’elle prenne des mesures significatives : garantir le flux de l’aide humanitaire, protéger les civils de l’exploitation et empêcher que la souffrance humaine ne se transforme en opportunité de profit.



