Ces dernières semaines, la situation sécuritaire dans le sud du Sénégal a été marquée par des pertes humaines au sein de l’armée nationale, engagée dans une vaste opération de destruction de cultures de cannabis en Casamance. Les incidents les plus récents se sont produits dans la zone du nord Sindian, où plusieurs soldats ont perdu la vie au cours des opérations, illustrant la persistance des tensions dans cette région.
Face à cette situation, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, s’est exprimé publiquement ce samedi à l’issue de la prière de la Korité à la grande mosquée de Dakar. Dans une déclaration empreinte de gravité, il a présenté ses condoléances à l’ensemble des familles endeuillées ainsi qu’à la Nation. « Je voudrais exprimer mes condoléances à l’ensemble des familles et à toute la Nation pour la perte des soldats que nous avons enregistrée récemment dans le sud du pays. J’en profite aussi pour souhaiter prompt rétablissement à l’ensemble des blessés », a-t-il affirmé.
Ces propos interviennent dans un contexte où l’armée sénégalaise intensifie ses actions contre les cultures illicites dans certaines zones de la Casamance, une région historiquement marquée par des épisodes de tensions et d’insécurité. L’opération en cours vise notamment à lutter contre les activités illégales qui contribuent à alimenter des réseaux économiques parallèles, tout en tentant de rétablir une stabilité durable.
De son côté, le Premier ministre, Ousmane Sonko, s’est également exprimé à l’issue de la prière qu’il a accomplie à Ziguinchor. Il a tenu à adresser ses condoléances aux familles des soldats disparus, tout en mettant en avant une réalité qu’il juge particulièrement préoccupante : l’ensemble des victimes, quel que soit leur camp, sont de nationalité sénégalaise.
« Quand vous voyez la liste des soldats tombés, il y en a de toutes les zones du Sénégal. Deux qui sont de la Casamance, d’autres qui sont d’autres zones du pays. Ce sont des pertes douloureuses. Certainement de l’autre côté il y a des pertes plus importantes, mais c’est tous des Sénégalais », a-t-il déclaré, soulignant la dimension nationale et humaine du drame.
À travers ces déclarations, les plus hautes autorités du pays mettent en lumière l’ampleur des pertes enregistrées, tout en appelant implicitement à une prise de conscience collective face aux conséquences des violences. La mention des victimes « des deux côtés » renvoie à la complexité de la situation sur le terrain, où les affrontements opposent des acteurs partageant une même appartenance nationale.



