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Vendredi, avril 3, 2026
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Les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’Afrique (Analyse) – L’économiste Sénégal

Le contexte économique mondial est devenu de plus en plus instable, avec une fréquence croissante de chocs majeurs à l’échelle mondiale.

Face à la flambée des prix de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais provoquée par le conflit en cours au Moyen-Orient, la Banque africaine de développement (BAD), la Commission de l’Union africaine (CUA), le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) formulent des recommandations concrètes pour la gestion des crises et le renforcement de la résilience dans les pays africains.

En marge de la 58e session de la Commission économique pour l’Afrique à Tanger, les dirigeants des quatre institutions ont discuté des implications du conflit sur les économies africaines et ont mis en avant les principales conclusions et recommandations du rapport à paraître.

« L’escalade continue du conflit aggrave l’instabilité mondiale, avec de graves répercussions sur les marchés de l’énergie, la sécurité alimentaire et la résilience économique, en particulier en Afrique où les pressions économiques restent vives », a déclaré Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine.

-Le rapport souligne que les chocs actuels se propagent plus rapidement et par des canaux plus concentrés que les perturbations mondiales passées, laissant peu de temps aux économies africaines pour s’adapter. Ses effets se font déjà sentir sur les économies et les ménages africains, ce qui nécessite une action politique rapide et efficace.

Les cours mondiaux du pétrole ont déjà bondi de plus de 50 % depuis la fin mars. Vingt-neuf monnaies africaines se sont dépréciées, alourdissant le coût du service de la dette extérieure et des importations de denrées alimentaires, de carburant et d’engrais. Les perturbations liées à l’approvisionnement énergétique du Golfe menacent l’accès à l’ammoniac et à l’urée pendant la période critique des semis, de mars à mai, ce qui compromet la production agricole et aggrave les risques de crise et d’insécurité alimentaire à un niveau d’urgence, en particulier pour les ménages à faibles revenus et les économies dépendantes des importations.

Un test et un tournant

« L’Afrique a été frappée par trop de chocs externes dont elle n’est pas responsable », a déclaré Claver Gatete, sous-secrétaire général des Nations Unies et secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique. « Le moment est venu d’agir de manière décisive, pour protéger les populations dès maintenant, mais aussi pour accélérer les efforts à long terme de l’Afrique en faveur de la sécurité énergétique, de la souveraineté alimentaire et de l’autonomie financière. Des crises comme celle-ci soulignent pourquoi l’Afrique doit financer davantage son propre avenir et renforcer les solutions régionales qui renforcent la résilience avant que le prochain choc ne frappe. »

« Le moment est venu de faire preuve de leadership, tant en Afrique qu’auprès de ses partenaires », a souligné Ahunna Eziakonwa, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique. « Grâce à une combinaison judicieuse de choix stratégiques, d’outils de financement et de détermination politique, l’Afrique peut surmonter ce choc et en sortir plus résiliente, plus autonome et mieux placée pour façonner son propre avenir économique. »

Ce document préconise une action coordonnée sur trois fronts :

Des mesures immédiates de réponse à la crise, mises en œuvre par les gouvernements africains avec le soutien des partenaires au développement et du secteur privé, afin de protéger les ménages et de stabiliser l’approvisionnement en carburant, en denrées alimentaires et en engrais.

Des réformes à moyen terme visant à renforcer la sécurité énergétique, la protection sociale ciblée et le commerce régional dans le cadre de la ZLECA

Des réformes structurelles à long terme visant à renforcer la mobilisation des ressources nationales et les filets de sécurité financière africains, y compris la mise en œuvre accélérée du Mécanisme africain de stabilité financière

« Alors que les crises mondiales se multiplient, la réponse de l’Afrique doit évoluer de la gestion des chocs vers le renforcement de la résilience », a souligné Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine de développement. « Les institutions africaines et les partenaires de développement doivent agir rapidement et de concert, en tirant parti de leurs avantages comparatifs pour amortir les chocs à court terme tout en jetant les bases d’une résilience à long terme. »

En renforçant l’intégration régionale, en accélérant la mise en place de solutions financières pilotées par l’Afrique et en investissant de manière décisive dans la résilience énergétique, alimentaire et commerciale, le continent peut passer de la vulnérabilité à la préparation.

L’Economiste Sénégal

 

 

 

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