- Les avoirs en titres publics des banques sénégalaises augmentent de 123% en 2025
- Les emprunts du Trésor entraînent une transition vers l’émission d’obligations à plus long terme
- Le crédit au secteur privé continue de croître malgré une exposition publique plus élevée
L’exposition des banques sénégalaises aux titres publics a fortement augmenté en 2025, portée par l’augmentation des emprunts du Trésor. Les détentions de titres publics ont grimpé à 2 225 milliards de francs CFA (3,9 milliards de dollars), contre 998 milliards de francs CFA en 2024, soit une hausse de 123% en un an, selon un document intitulé « Sénégal : Développements économiques récents et perspectives », publié mercredi par le ministère des Finances.
Cette augmentation reflète une plus grande dépendance à l’égard du marché des titres publics. Les émissions restent dominées par les bons du Trésor, qui représentent 65,6% du total, contre 34,5% pour les bons du Trésor, ce qui témoigne d’une préférence pour des maturités plus longues et un profil de remboursement de la dette plus progressif.
Les banques sénégalaises ont représenté 55,5% du total des souscriptions, soit environ 1 234 milliards de francs CFA, tandis que les banques de Côte d’Ivoire détenaient 35,9% des titres émis, pour un montant de 798 milliards de francs CFA. Les banques du Bénin, du Burkina Faso, du Togo et du Mali ont constitué le reste, avec respectivement 78 milliards, 45 milliards, 41 milliards et 28 milliards de francs CFA.
Au total, plus de 45% des ressources mobilisées par le Trésor sénégalais en 2025 provenaient d’investisseurs non-résidents. Cela suggère que le financement du Sénégal repose sur une base d’investisseurs régionaux au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui s’étend au-delà des banques nationales.
Malgré l’augmentation de l’exposition des banques aux titres publics, aucun effet d’éviction n’a été observé en 2025, selon le ministère des Finances. Le crédit à l’économie a augmenté de 8,4%, contre 5,1% en 2024, ce qui indique que les banques ont continué à financer le secteur privé tout en soutenant les emprunts publics.
Chamberline Moko

