L’intégration régionale demeure une voie viable vers le développement et la transformation structurelle de l’Afrique, souligne un rapport de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) qui révèle qu’en 2024, le taux de croissance réel du produit intérieur brut du continent était de 3,2 % et que ce taux devrait atteindre 3,9 % en 2025 et 4,2 % en moyenne en 2026 et 2027.
Le document intitulé ‘’Évaluation des progrès de l’intégration régionale en Afrique’’, note qu’au cours de la période 2026-2027, l’Afrique de l’Est devrait rester la sous-région connaissant la croissance la plus rapide, avec un taux de croissance moyen de 5,8 %, suivie de l’Afrique de l’Ouest (5,1 %), de l’Afrique centrale (2,8 %), de l’Afrique du Nord (1,9 %) et de l’Afrique australe (1,6 %).
Présenté lors de la cinquante-huitième session de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique tenue du 28 mars au 3 avril, 2026 à Tanger (Maroc), la CEA insiste sur le contexte actuel de l’économie mondiale en mutation rapide, marqué par des tensions géopolitiques, des perturbations des chaînes d’approvisionnement, des restrictions commerciales croissantes et les chocs climatiques, l’approfondissement de l’intégration régionale est désormais un impératif existentiel.
Une situation complexe qui justifie que les efforts en vue de l’approfondissement de l’intégration sur le continent se font dans un contexte de résultats économiques mitigés, la croissance étant robuste dans certains pays et sous-régions, et anémique dans d’autres.
Selon la CEA, les conditions budgétaires devraient s’améliorer modérément, le déficit budgétaire moyen du continent s’étant réduit de 6,0 % en 2025 à 5,4 % en 20261.
Toutefois, note le rapport, le coût élevé du service de la dette et la rigueur des conditions de financement extérieur limitent la marge de manœuvre budgétaire de nombreux États africains, et accroissent leur vulnérabilité au surendettement.
A cet effet, la CEA estime qu’il est indispensable d’alléger la dette et de réformer le système financier mondial, afin de rétablir une marge de manœuvre budgétaire pour l’investissement productif et les services essentiels,
Ainsi, le taux d’inflation moyen dans la région devrait diminuer pour revenir à 13,7 % en 2025, et à 10,4 % en 2026, notamment à la faveur de la baisse du prix des denrées alimentaires et du pétrole.
Néanmoins, insiste la CEA, des pressions inflationnistes peuvent persister dans certains pays, en raison de l’instabilité des prix des produits de base, des fluctuations des taux de change, de la baisse des rendements des cultures et de la hausse des coûts dans l’agriculture, causée par les mauvaises conditions météorologiques.
Par ailleurs, le rapport souligne que l’expiration de la Loi des États-Unis sur la croissance et les perspectives de l’Afrique (African Growth and Opportunity Act), le 30 septembre 2025, a suscité des incertitudes pour de nombreux pays africains, même si les législateurs des États-Unis ont récemment adopté une mesure prorogeant cette loi jusqu’au 31 décembre 2028. L’Economiste Sénégal

