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Lundi, mars 30, 2026
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La BOAD vise un investissement de 11,5 milliards de dollars dans l’UEMOA d’ici 2030 dans le cadre du nouveau plan « Djoliba »

  • La Banque ouest-africaine de développement prévoit un financement de 6 500 milliards de francs CFA (11,5 milliards de dollars) pour 2026-2030.

  • La stratégie repose sur l’emprunt, la titrisation et l’augmentation des capitaux propres pour augmenter le financement.

  • L’institution accélère sa transition vers une structure de groupe inspirée des grands prêteurs multilatéraux.

La Banque ouest-africaine de développement est entrée dans une nouvelle phase après que le Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine a approuvé son plan stratégique quinquennal «Djoliba, la suite» le 27 mars à Dakar.

Le plan engage l’institution à mobiliser 6 500 milliards de francs CFA (environ 11,5 milliards de dollars) de financement sur la période 2026-2030. Cet objectif double presque les engagements du cycle précédent.

Une base financière solide soutient l’expansion

La banque accompagne cette accélération avec des fondamentaux financiers solides. Entre 2021 et 2025, l’institution a mobilisé 3 765 milliards de FCFA et a réalisé une croissance annuelle moyenne du produit net bancaire de 11%. Elle a maintenu un ratio de prêts non performants à 2,5 %.

De plus, le programme Djoliba 2021-2025 a atteint un taux d’exécution de 107,4 % et a engagé 5,2 milliards de dollars dans les secteurs des infrastructures, de l’agriculture et du social. Ces résultats ont dépassé les objectifs initiaux.

La banque a confirmé cette dynamique dans ses résultats 2025. Elle a augmenté son bilan de 38% à 5 363 milliards de FCFA. Il a enregistré un résultat net de 42,5 milliards de FCFA, en hausse de 8%, et a porté ses fonds propres effectifs à 1 780,5 milliards de FCFA.

Dans le même temps, l’institution a maintenu ses notations de qualité investissement de Baa1 par Moody’s et BBB par Fitch Ratings. Ces notations témoignent de la crédibilité des marchés de capitaux internationaux et soutiennent les récentes opérations de levée de fonds.

La structure financière fait évoluer la titrisation

La banque a structuré son objectif de 6 500 milliards FCFA autour de trois leviers principaux. Elle prévoit de lever 2 650 milliards de FCFA via l’emprunt sur les marchés, de mobiliser 1 100 milliards de FCFA via la titrisation et d’augmenter ses fonds propres.

Cette stratégie s’appuie sur une expérience antérieure. En 2023, la banque a réalisé sa première titrisation Doli-P, levant 150 milliards de francs CFA sur les créances souveraines. L’opération a remporté le prix de la transaction innovante aux BRVM Awards 2024.

En 2024, la banque a réalisé une deuxième émission adossée à des actifs non souverains et levé 160 milliards de francs CFA en un seul jour de souscription.

À la fin du plan précédent, la banque couvrait déjà 26 % de son bilan par des mécanismes de titrisation et d’assurance-crédit. Le nouveau cycle vise à systématiser cette gestion active du bilan. La banque cherche donc à libérer du capital réglementaire et à le redéployer continuellement vers de nouveaux projets. Ce modèle aligne l’institution sur les principales banques multilatérales de développement.

De la banque au groupe : transformation structurelle

La banque ambitionne désormais de se transformer en un groupe bancaire intégré. Cette ambition s’inspire d’institutions telles que la Banque mondiale, l’Agence française de développement et la Banque africaine de développement.

Selon Serge Ekué, « il s’agit de transformer le cycle de projet d’une logique d’approbation à une logique complète d’exécution et d’impact. »

La banque mettra en œuvre ce virage en créant des entités spécialisées autour de son siège de Lomé. Il s’appuiera sur des structures telles que BOAD Titrisation et BOAD Market Solutions, récemment lancée.

En outre, la banque a élaboré le plan avec le soutien du Boston Consulting Group après avoir consulté les actionnaires et les acteurs du secteur privé. La stratégie se concentre sur quatre priorités : le financement des infrastructures, la transition énergétique, la résilience climatique et le soutien au secteur privé.

La banque a déjà annoncé plus de 1 300 milliards de francs CFA pour soutenir le plan national de développement de la Côte d’Ivoire 2026-2030. Il a également alloué 750 milliards de francs CFA à la relance multisectorielle du Burkina Faso.

En outre, la banque déploie 26 millions d’euros (29,8 millions de dollars) de financement vert au Bénin, au Burkina Faso et au Mali.

Enfin, l’institution a franchi le seuil symbolique des 10 000 milliards FCFA de financement cumulé depuis 1976. Elle a atteint ce cap lors de la session de Dakar après avoir approuvé 501,5 milliards FCFA supplémentaires d’engagements.

Fiacre E. Kakpo

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