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Mardi, mars 3, 2026
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Tullow Oil prolonge les échéances de sa dette jusqu’en 2028 dans le cadre d’un refinancement de 1,3 milliard de dollars

  • Tullow Oil a refinancé 1,3 milliard de dollars de dette auprès de Glencore et des détenteurs d’obligations, prolongeant les échéances jusqu’en novembre 2028.
  • La société a obtenu des extensions de ses licences ghanéennes et a accepté d’acquérir le TEN FPSO pour 205 millions de dollars.
  • Le Ghana représente désormais plus de 90 % de la production du groupe après les cessions d’actifs au Gabon, au Kenya et en Ouganda.

Le 20 février, Tullow a finalisé des accords de refinancement avec Glencore et avec les détenteurs d’environ deux tiers de ses titres garantis pour un montant total de 1,3 milliard de dollars. L’entreprise a repoussé les échéances de sa dette jusqu’en novembre 2028, gagnant ainsi plus de deux années supplémentaires.

Le refinancement vise la stabilisation de la structure du capital de l’un des producteurs indépendants les plus endettés de Londres. En prolongeant les échéances jusqu’en 2028, Tullow a réduit la pression immédiate sur les liquidités et s’est assuré le temps d’aligner son profil financier sur les objectifs opérationnels attendus à partir de 2026.

Parallèlement, Tullow a obtenu du gouvernement ghanéen l’extension de ses permis West Cape Three Points (WCTP) et Deep Water Tano. La société a également accepté d’acquérir le navire flottant de production, de stockage et de déchargement (FPSO) opérant sur les champs TEN pour 205 millions de dollars. Une décision qui revêt un caractère stratégique puisque plus de 90 % de la production du groupe provient désormais du Ghana, suite à des cessions d’actifs au Gabon, au Kenya et en Ouganda. Le Ghana est ainsi devenu la colonne vertébrale industrielle et financière de l’entreprise.

Tullow a déclaré que l’acquisition de FPSO réduirait les coûts fixes et améliorerait les flux de trésorerie à long terme. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une rationalisation opérationnelle plus large de son portefeuille ouest-africain, alors que l’entreprise est confrontée à des niveaux d’endettement élevés et à des retards de paiement de la part de l’État ghanéen.

Retrouver la visibilité après des années de fragilité

Depuis 2024, Tullow a mis en œuvre de multiples ajustements structurels pour faire face à une situation financière critique. L’entreprise a réduit ses prévisions de production, enregistré une perte nette d’environ 57 millions de dollars pour le premier semestre clos le 30 juin 2025 et a vendu des actifs majeurs, dont ses opérations au Gabon pour 300 millions de dollars. Ces mesures reflétaient un repositionnement contraint plutôt qu’une expansion.

Deux tentatives de fusion ratées en 2024 et 2025 ont renforcé la perception d’un groupe fragile et peu attractif pour les grands partenaires industriels. Dans ce contexte, la direction a donné la priorité à la stabilisation en préservant la liquidité, en réduisant l’exposition au risque et en consolidant la base d’actifs existante. Les accords de refinancement et du Ghana répondent à cet objectif. Ils alignent la structure financière sur les catalyseurs opérationnels attendus en 2026 et sur les éventuels ajouts de réserves, tout en offrant une plus grande clarté aux investisseurs.

Une reconstruction progressive fondée sur la discipline

Tullow est désormais entré dans une phase de reconstruction méthodique. Le groupe table sur une production moyenne comprise entre 50 000 et 55 000 barils équivalent pétrole par jour en 2025, soutenue par la croissance attendue de Jubilee, son champ phare au Ghana. La direction a placé la discipline financière au cœur de sa stratégie plutôt que l’expansion géographique.

L’entreprise dépend encore presque exclusivement de deux gisements vieillissants dans un même pays. Toutefois, les décisions récentes témoignent d’une intention claire de transformer une position défensive en une voie de stabilisation durable. Tullow n’a pas promis de redressement spectaculaire, mais il s’est assuré une marge de manœuvre qui pourrait lui permettre de consolider ses actifs, de réduire ses coûts et de se préparer à un éventuel rebond de sa base ghanéenne.

Cet article a été initialement publié en français par Olivier de Souza

Adapté en anglais par Ange JA de Berry Quenum

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