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Gold Fields a versé 98,8 millions de dollars de redevances sur l’or au Ghana en 2025, soit une hausse de 26 % sur un an.
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La société a appliqué le taux de redevance maximum de 5 %, car les prix de l’or sont restés supérieurs à 2 300 $ l’once.
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Le Ghana prévoit d’introduire un nouveau barème de redevances allant jusqu’à 12 % alors que les prix de l’or s’échangent au-dessus de 4 500 dollars l’once.
Dans son rapport financier publié le 19 février, Gold Fields indique avoir versé 98,8 millions $ de redevances sur l’or au Ghana, où elle exploite Tarkwa et Damang. Le paiement représente une augmentation de 26 % d’une année sur l’autre par rapport aux 77,9 millions de dollars déclarés pour l’exercice 2024.
Les sociétés minières versent à l’État hôte des redevances correspondant à une part des revenus générés par une mine. Le Ghana applique un taux de redevance variable allant de 3% à 5%, en fonction du prix de l’or. Le régime applique le taux maximum de 5 % lorsque l’or s’échange au-dessus de 2 300 dollars l’once.
Gold Fields a déclaré avoir appliqué le taux plafond pour tous ses paiements en 2025, car les prix restaient durablement supérieurs au seuil. En revanche, la société a calculé les redevances pour 2024 à des taux compris entre 4,1 % et 5 %, reflétant des conditions de marché légèrement différentes.
La société a attribué les paiements de redevances plus élevés au marché haussier de l’or. Les paiements excluaient les dividendes payables au Ghana au titre de ses participations dans les mines et excluaient d’autres impôts tels que l’impôt sur les sociétés. Les prix de l’or s’échangent actuellement autour de 5 100 dollars l’once, et les analystes, dont JP Morgan, s’attendent à ce que les prix dépassent 6 000 dollars l’once d’ici la fin de 2026. Le Ghana se positionne donc pour capter davantage de revenus provenant des redevances à mesure que les prix augmentent.
Une nouvelle échelle de redevances
L’augmentation des redevances payées par Gold Fields met en évidence les gains plus larges que les producteurs d’or africains réalisent lors d’un marché haussier. Le Mali et le Burkina Faso ont révisé leurs cadres réglementaires pour maximiser les revenus de l’État dans des conditions de marché similaires. Le Ghana prévoit également de s’aligner sur cette approche en introduisant un nouveau barème de redevances qui reflète les niveaux actuels du prix de l’or.
Les autorités prévoient d’adopter le nouveau barème plus tard ce mois-ci. Le régime révisé débutera à un taux de 5 % et augmentera jusqu’à 12 % si le prix de l’or dépasse 4 500 dollars l’once, un seuil que le marché a déjà franchi. Si Newmont, qui opère également au Ghana, a alerté sur les impacts potentiels d’une telle augmentation sur sa rentabilité, Gold Fields n’a pas encore clarifié sa position.
Pendant ce temps, Gold Fields s’attend à ce que la production de Tarkwa reste relativement stable. Cependant, la société prévoit une forte baisse à Damang en 2026, avec une production projetée à 25 000 onces contre 97 500 onces livrées l’année dernière. La société relie cette baisse à l’épuisement progressif des réserves du site et à l’expiration prochaine du bail minier en avril.
L’entreprise n’a pas encore conclu d’accord de prolongation de permis avec l’État. L’absence d’accord pourrait réduire la production ghanéenne de Gold Fields. Les analystes évalueront l’impact combiné des tendances de production, des prix de l’or et des changements réglementaires sur les revenus commerciaux de la société au Ghana et sur le paiement des redevances pour l’exercice en cours.
Aurel Sèdjro Houenou



