Le Fonds monétaire international (FMI) a réitéré sa disponibilité de dialoguer avec les autorités du Sénégal sur leurs politiques et priorités de réforme susceptibles d’être appuyées par un accord avec le FMI, réaffirmant son engagement à ‘’accompagner le Sénégal en ces temps difficiles’’.
Un communique publié ce lundi 22 juin, au terme du séjour d’une équipe des services du FMI, dirigée par Mme Mercedes Vera Martin, cheffe de mission du FMI pour le Sénégal, souligne que les réformes comprennent des mesures visant à soutenir la consolidation budgétaire et à réduire les vulnérabilités liées à la dette, à renforcer la gestion de la dette, à améliorer la gouvernance publique et à promouvoir une croissance inclusive et durable.
Le FMI avait gelé son précèdent programme de 1,8 milliard de dollars après la découverte d’une dette d’environ 7 milliards de dollars non déclarés par le régime sortant, soit 132% du PIB.
Le communiqué précise : « L’équipe du FMI a tenu des discussions techniques ouvertes et constructives avec les autorités sénégalaises. L’équipe a salué l’engagement continu des autorités ainsi que leur volonté de remédier aux vulnérabilités révélées par la communication passée de données erronées, notamment par des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, la gouvernance budgétaire et la transparence ».
Elle a également salué les réformes institutionnelles visant à unifier les fonctions de gestion de la dette, mesure corrective essentielle dans le processus de régularisation de ces erreurs de déclarations. La poursuite d’actions décisives sera essentielle pour favoriser les progrès vers la clôture du dossier de misreporting.
Mme Vera Martin a fait la déclaration suivante : « L’économie sénégalaise a fait preuve de résilience, même si elle est confrontée à une situation économique difficile dans un contexte mondial éprouvant. La croissance du PIB réel a atteint 6,7 % en 2025, portée par une forte expansion du secteur des hydrocarbures. Le déficit du compte courant s’est sensiblement réduit en 2025, sous l’effet des exportations de pétrole et de la compression des importations. Le déficit budgétaire global s’est fortement réduit, passant de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % du PIB en 2025, principalement grâce à la rationalisation des dépenses, mais les vulnérabilités budgétaires et liées à la dette demeurent élevées. Les perspectives à court terme sont soumises à des risques élevés. La hausse des cours mondiaux du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient devrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques du Sénégal cette année, compte tenu du coût budgétaire des subventions non ciblées. Dans un contexte de vulnérabilités élevées liées à la dette, l’accentuation de l’incertitude mondiale et le durcissement des conditions financières pourraient aggraver davantage les pressions de financement.
« Les discussions ont porté sur l’évaluation de l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur l’économie et les finances publiques sénégalaises ; l’examen des besoins et conditions de financement pour le reste de l’année ; et la conception de réformes visant à stimuler la croissance, à renforcer les filets de protection sociale et à consolider la gouvernance ».
l’Economiste Sénégal

