Cette semaine en Afrique, un sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la santé à Accra a placé la souveraineté sanitaire, la fin du sida et la réduction de la mortalité maternelle parmi les priorités continentales. Alors que l’épidémie d’Ebola continue de s’aggraver en République démocratique du Congo, les chercheurs ont commencé les premiers essais d’un vaccin et d’un traitement préventif post-exposition.
Cet aperçu hebdomadaire examine également les efforts visant à renforcer la coopération en matière de santé à travers l’Afrique, le soutien financier de la Banque africaine de développement, une alerte à la grippe aviaire au Togo, l’évolution du Sénégal vers des soins de santé préventifs et le premier cas confirmé de mpox en Guinée-Bissau.
Sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la santé à Accra
Chefs d’État, ministres de la Santé et partenaires internationaux se sont réunis à Accra les 21 et 22 juillet 2026 pour un sommet extraordinaire de l’Union africaine sur la santé. L’agenda était axé sur trois priorités : mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, réduire considérablement la mortalité maternelle et renforcer la capacité de l’Afrique à financer et à gérer ses systèmes de santé dans un contexte de dépendance continue à l’égard des financements extérieurs.
? Accra, Ghana
Alors que le Sommet extraordinaire sur la santé s’ouvre à Accra, nous avons l’occasion d’aller au-delà de l’ambition et de prendre les décisions politiques qui renforceront les systèmes de santé du continent.
Nous devons nous rappeler que derrière chaque statistique se cache une personne, une famille et un… pic.twitter.com/Y6maKO22mg
– Dr Jean Kaseya (@Dr_JeanKaseya) 21 juillet 2026
Le sommet s’appuie sur une série d’initiatives diplomatiques en matière de santé organisées par le Ghana. Le pays a organisé le premier Sommet africain sur la souveraineté sanitaire en août 2025, en présence du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé. En décembre 2025, le Ghana et la RDC ont également organisé une réunion sur le financement durable des systèmes de santé en marge de l’ICASA.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé les États membres à agir « pour les mères que nous devons sauver, les maladies que nous devons vaincre et les systèmes que nous devons construire ».
Le CDC Afrique et l’OIM élargissent leur coopération en matière de santé des migrants et transfrontalière
Africa CDC, l’agence de santé de l’Union africaine, et l’Organisation internationale pour les migrations ont signé le 22 juillet à Addis-Abeba un accord de coopération pour la période 2026-2028. L’accord vise à renforcer la capacité de l’Afrique à prévenir, détecter et répondre aux menaces sanitaires, avec une attention particulière aux migrants, aux personnes déplacées et autres populations mobiles.
Il s’appuie sur la coopération développée pendant la pandémie de Covid-19 et l’étend à plusieurs priorités, notamment la préparation et la réponse aux situations d’urgence, la surveillance transfrontalière des maladies et l’accès équitable aux services de santé.
Le directeur général du CDC Afrique, Jean Kaseya, a déclaré que les menaces sanitaires ne s’arrêtent pas aux frontières nationales et nécessitent donc une réponse continentale coordonnée. Il a déclaré que l’accord aiderait les pays à détecter les menaces plus tôt, à coordonner leurs interventions plus efficacement et à protéger les personnes, quel que soit l’endroit où elles vivent ou se déplacent.
Le nombre de morts d’Ebola dépasse les 1 000 en RDC
Le nombre de morts dus à l’épidémie d’Ebola à Bundibugyo a dépassé cette semaine le millier en République démocratique du Congo. Selon le CDC Afrique, 1 033 personnes sont décédées parmi plus de 2 500 cas confirmés. La province de l’Ituri reste l’épicentre du virus, où le virus continue de se propager rapidement.
L’OMS a décrit la réponse comme une « course contre la montre ». L’organisation estime que le nombre réel d’infections pourrait être deux à quatre fois supérieur au décompte officiel en raison de lacunes dans la surveillance.
Plus de 80 % des nouvelles infections surviennent parmi des personnes qui ne figuraient pas sur les listes de contacts connues, tandis que plus de 60 % des décès sont enregistrés dans les communautés plutôt que dans les établissements de santé.
L’absence de vaccin ou de traitement approuvé contre cette souche, combinée à l’insécurité liée aux groupes armés, continue d’entraver les efforts visant à contenir l’épidémie. L’Ouganda semble avoir une transmission transfrontalière limitée, mais l’inquiétude grandit en RDC en raison de la fragilité de son infrastructure sanitaire.
La détection de cas confirmés dans au moins 16 camps de déplacés en Ituri a également intensifié la crise humanitaire. Les sites abritent plus de 270 000 personnes déplacées. Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires a averti que la surpopulation et l’accès limité aux services de base augmentent le risque de transmission. Des stations de lavage des mains ont été installées, tandis que les agents de santé informent les résidents sur les mesures de prévention, les symptômes et la nécessité de signaler rapidement les cas suspects.
Recherche sur Ebola : début des premiers essais de vaccins et de traitements post-exposition
Les chercheurs ont commencé le premier essai clinique sur l’homme d’un candidat vaccin ciblant Bundibugyo Ebola. L’Université d’Oxford teste actuellement un candidat appelé ChAdOx1 BDBV. L’étude évalue l’innocuité du vaccin et sa capacité à déclencher une réponse immunitaire chez 50 adultes en bonne santé âgés de 18 à 55 ans.
NOUVEAU : @OxfordVacGroup d’Oxford a vacciné aujourd’hui avec succès le premier volontaire dans le cadre du premier essai clinique au monde d’un vaccin conçu pour protéger contre le virus Ebola Bundibugyo (BDBV).
En savoir plus ⬇️https://t.co/2pMJqXyLZx pic.twitter.com/nID1tFANYc
– Université d’Oxford (@UniofOxford) 24 juillet 2026
Le candidat utilise la même plateforme adénovirale que le vaccin Oxford-AstraZeneca Covid-19. Le Serum Institute of India a déjà produit et stocké environ 620 000 doses en vue d’un éventuel déploiement d’urgence. La Coalition for Epidemic Preparedness Innovations prévoit d’investir jusqu’à 50 millions de dollars dans son développement.
Par ailleurs, l’essai EBO-PEP a débuté le 14 juillet en RDC et en Ouganda. Il est coordonné par l’Institut national de recherche biomédicale de Kinshasa, l’agence ANRS Maladies infectieuses émergentes de l’Inserm et l’association Alima.
L’essai évalue l’obeldesivir comme traitement préventif post-exposition pour les contacts à haut risque, principalement le personnel d’intervention exposé en Ituri. Si l’essai produit des résultats favorables, l’étude sera étendue à cinq pays d’Afrique subsaharienne.
Les deux programmes en sont encore à leurs débuts. Ils nécessiteraient encore un examen clinique et réglementaire plus approfondi avant que l’une ou l’autre intervention puisse être déployée à grande échelle.
La BAD approuve 13 millions de dollars pour la réponse à Ebola
La Banque africaine de développement a approuvé une aide d’urgence de 13 millions de dollars le 20 juillet 2026 pour soutenir la réponse à Ebola. L’enveloppe comprend une subvention de 10 millions de dollars pour la RDC par l’intermédiaire de l’OMS et un financement supplémentaire de 3 millions de dollars qui sera mis en œuvre par Africa CDC dans le cadre d’un programme régional.
La RDC recevra au total 11 millions de dollars, tandis que l’Ouganda et le Soudan du Sud recevront chacun 1 million de dollars. Le financement soutiendra le diagnostic précoce, la surveillance des maladies, l’engagement communautaire et la coordination régionale.
Le Canada a également annoncé qu’il fermait ses frontières aux voyageurs ayant récemment séjourné en RDC.
Le Togo confirme cinq épidémies de grippe aviaire H5N1
Dans un communiqué conjoint publié le 18 juillet 2026, les ministères togolais de la santé, des ressources animales et de l’environnement ont confirmé cinq foyers de grippe aviaire hautement pathogène H5N1 dans des élevages de volailles de la région Maritime, principalement dans les préfectures des Lacs, Vo et Zio.
Les autorités ont immédiatement lancé un plan de réponse comprenant une surveillance élargie de la maladie, des mesures de biosécurité plus strictes dans les élevages de volailles et des campagnes d’information du public.
Le virus H5N1 touche principalement les oiseaux mais peut, dans de rares cas, être transmis à l’homme après un contact étroit avec des animaux infectés ou leurs déjections. Aucun cas humain n’a été signalé au Togo.
Les autorités ont conseillé au public d’éviter tout contact avec des volailles malades ou mortes et de signaler immédiatement toute suspicion de foyer aux services vétérinaires compétents.
Le Sénégal s’apprête à donner à la prévention un rôle plus important dans la politique de santé
Le Sénégal a officiellement lancé le 22 juillet le processus d’élaboration de son Plan national de prévention et de promotion de la santé 2026-2030. Le plan est aligné sur l’agenda Sénégal 2050 du président Bassirou Diomaye Faye.
L’initiative répond aux preuves selon lesquelles la plupart des résultats en matière de santé sont influencés par des facteurs extérieurs au système de soins de santé. Selon une étude du ministère de la Santé, seulement 11 % des améliorations de la santé de la population sénégalaise peuvent être attribuées aux soins médicaux, tandis que 89 % dépendent de facteurs sociaux, environnementaux et comportementaux.
Le pays est également confronté à une augmentation des maladies non transmissibles, qui représentent 53 % des décès. L’hypertension, le diabète et les cancers sont de plus en plus courants, tandis qu’on estime que 36,6 % de la population présente des symptômes de dépression.
Le secrétaire général du ministère de la Santé, Leroux Dramé, a déclaré que le Sénégal avait l’intention de donner un rôle plus important à la prévention sans réduire l’accès aux soins curatifs.
Le processus de planification fait partie d’une réforme plus large du secteur de la santé qui comprend une mise à jour du Health COMPACT et du programme NAATANGUE 2030, soutenu par un financement de 135 millions de dollars de la Banque mondiale.
La Guinée-Bissau confirme le premier cas de Mpox
La Guinée-Bissau a confirmé son premier cas de mpox le 4 juillet. La patiente est une femme de 27 ans qui a consulté un médecin le 24 juin.
Les échantillons ont été analysés par l’Institut National de Santé Publique puis confirmés par le service de virologie de l’Institut Pasteur de Dakar. La caractérisation génétique de la souche est en cours.
Les autorités ont lancé une riposte à l’épidémie conformément au Règlement sanitaire international. Les mesures comprennent une enquête épidémiologique, la recherche des contacts, une surveillance élargie et des activités d’information communautaire.
Aï Renaud Dossavi


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