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La BCEAO abaisse son taux directeur à 3,00% alors que l’UEMOA est confrontée à la déflation

  • La BCEAO a abaissé son principal taux directeur de 25 points de base, à 3,00 %, à compter du 16 mars.

  • L’inflation est tombée à -0,8% au quatrième trimestre 2025 après -1,4% au trimestre précédent.

  • L’économie de l’UEMOA a connu une croissance de 6,7 % en 2025 et la banque centrale prévoit une croissance de 6,4 % en 2026.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a annoncé le 4 mars avoir réduit ses taux directeurs de 25 points de base. La décision prendra effet lundi 16 mars et la banque vise à renforcer l’accès au financement dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Suite à sa réunion ordinaire à Dakar, le Comité de politique monétaire a abaissé le taux principal de refinancement de 3,25% à 3,00% et a réduit le taux de la facilité de prêt marginal de 5,25% à 5,00%. Le comité a maintenu le taux de réserves obligatoires à 3,0 %.

« La baisse des taux directeurs devrait contribuer à consolider l’assouplissement des conditions de financement de l’activité économique au sein de l’UEMOA », a déclaré la banque centrale dans un communiqué signé par son gouverneur, Jean-Claude Kassi Brou.

Inflation en territoire négatif

Cette décision s’inscrit dans un cycle de normalisation monétaire qui contraste fortement avec les années précédentes. La BCEAO a commencé à relever ses taux en juin 2022 après que l’inflation ait culminé à 8,4 % en octobre 2022 en raison de la flambée des prix mondiaux de l’énergie et des retombées économiques de la guerre en Ukraine. La banque a relevé son taux directeur à 3,00 % en mars 2023, marquant une quatrième hausse consécutive depuis juin 2022.

La banque a ensuite porté le taux jusqu’à un sommet de 3,50 % en décembre 2023 et a maintenu ce niveau tout au long de 2024. L’inflation a atteint 4,1 % au deuxième trimestre 2024, dépassant la fourchette cible de 1 % à 3 % de la banque, en raison d’une campagne agricole décevante, des ruptures d’approvisionnement liées à l’insécurité au Sahel et de la hausse des prix des produits alimentaires importés.

Le changement de politique a commencé en juin 2025, lorsque la BCEAO a abaissé son taux directeur de 3,50 % à 3,25 % alors que l’inflation est tombée à 2,3 % au premier trimestre 2025. La décision de mars 2026 marque la deuxième étape de ce cycle d’assouplissement et ramène les taux à leur niveau de mars 2023.

Cette nouvelle réduction intervient dans un contexte de déflation sans précédent dans l’Union. L’inflation a atteint -0,8% au quatrième trimestre 2025 après -1,4% au trimestre précédent, tirée par la baisse des prix des produits alimentaires soutenue par de bonnes récoltes intérieures et la baisse des coûts d’importation.

Pour l’ensemble de l’année 2025, l’inflation est restée nulle. La BCEAO s’attend à un rebond progressif de l’inflation pour atteindre 1,4 % en 2026, mais a averti que les tensions géopolitiques mondiales pourraient faire monter les prix.

Une croissance robuste tirée par l’agriculture et les industries extractives

L’économie de l’UEMOA a connu une croissance de 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024. La forte production agricole, l’activité de services et les performances des industries extractives et manufacturières ont soutenu la croissance. Ces résultats placent l’UEMOA parmi les régions du monde à la croissance la plus rapide, à un moment où les économies avancées peinent à retrouver leur élan. À titre de comparaison, la Banque centrale européenne a maintenu son principal taux de refinancement à 2,15 % en mars 2026, tout en poursuivant une approche prudente à l’égard de l’inflation dans la zone euro.

Pour 2026, la BCEAO prévoit une croissance du PIB réel de 6,4%, soutenue par une demande intérieure solide et une production agricole et minière résiliente.

Le crédit à l’économie a augmenté de 5,6 % en 2025 contre 4,5 % l’année précédente, reflétant une dynamique de financement améliorée mais modérée.

Nette amélioration du commerce extérieur

La balance commerciale de l’Union s’est améliorée grâce à la hausse des exportations d’or et de pétrole et à la baisse des factures d’importations alimentaires et énergétiques. Les États membres ont également mobilisé des ressources extérieures supplémentaires, renforçant ainsi la tendance. Lors de sa réunion de septembre 2025, le Comité de politique monétaire avait déjà souligné l’amélioration du solde extérieur global tout en pointant des risques persistants, notamment l’insécurité au Sahel, les chocs climatiques et les tensions géopolitiques.

Cependant, la dynamique s’est affaiblie vers la fin de l’année, les prix du cacao ayant chuté de 43,9 % sur un an en décembre 2025, ceux du caoutchouc de 23,5 % et ceux du café de 19,3 %, pénalisant les pays producteurs.

Le comité l’a dit « continuera à prêter une attention particulière aux risques affectant l’évolution des prix » et j’ai réservé la possibilité de prendre « mesures appropriées » sauvegarder la stabilité monétaire et financière au sein de l’Union.

Fiacre E. Kakpo

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