Les autorités maliennes ont instauré un couvre-feu à Bamako et réaménagé celui de Gao après les attaques coordonnées du 25 avril. Ces mesures interviennent au lendemain des assauts ayant visé la capitale, Kati et plusieurs localités de l’intérieur.
Le gouverneur du district de Bamako a instauré samedi un couvre-feu de 72 heures sur toute l’étendue de la capitale malienne, de 21 heures à 6 heures du matin, reconductible en cas de besoin. La décision, prise pour des raisons d’ordre public, intervient après une série d’attaques coordonnées ayant visé plusieurs points et casernes à Bamako, Kati et dans d’autres villes du pays.
Cette mesure intervient alors que plusieurs régions du pays, notamment Kayes, Ségou et Dioïla, appliquent déjà des couvre-feux instaurés ces derniers mois en réponse à la dégradation de la situation sécuritaire.
Dans la région de Gao, le couvre-feu déjà en vigueur a été ramené de 19h30 à 6h du matin jusqu’à nouvel ordre, selon un communiqué du gouvernorat daté du 25 avril.
Cette mesure concerne l’ensemble de la population de la région, où des combats et des revendications armées ont été signalés au cours de la journée.
Les attaques du 25 avril ont touché plusieurs sites stratégiques, notamment la ville-garnison de Kati, les environs de l’aéroport de Bamako, ainsi que Gao, Kidal, Sévaré et Mopti, selon les premières informations rapportées par des agences internationales. Reuters et AP décrivent une offensive coordonnée menée par des groupes armés, avec des explosions et des tirs entendus dès l’aube dans plusieurs localités.
Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad ont revendiqué des attaques dans plusieurs zones, tandis que les autorités maliennes ont annoncé avoir repoussé les assaillants et engagé des opérations de sécurisation. L’aéroport de Bamako a été fermé durant la journée, et plusieurs ambassades ont appelé leurs ressortissants à rester à l’abri.
L’instauration d’un couvre-feu à Bamako reste une mesure rare. Le dernier précédent notable remonte à la crise sanitaire de 2020, lorsque les autorités avaient décrété un couvre-feu national de 21h à 5h à compter du 26 mars pour répondre à la pandémie de Covid-19, avant sa levée en mai de la même année.
La décision prise samedi à Bamako marque donc un durcissement exceptionnel du dispositif sécuritaire dans la capitale. Les autorités administratives et les services de sécurité sont chargés de l’application immédiate de la mesure, tandis que la situation reste suivie dans les localités touchées par les attaques.

