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Jeudi, juillet 2, 2026

Un nouveau financement pousse l’industrie avicole du Sénégal vers une nouvelle phase de croissance

  • L’industrie avicole du Sénégal attire de nouveaux investissements alors que les entreprises augmentent leur production pour répondre à la demande croissante et réduire leur dépendance à l’égard des reproducteurs importés.
  • Les investisseurs soutiennent le secteur car les restrictions à l’importation, la consommation croissante et les modèles économiques plus intégrés ont créé un marché plus stable et plus attractif.
  • La production de poulet au Sénégal a plus que quintuplé depuis 2005, et de nouveaux financements devraient renforcer la compétitivité du secteur et soutenir la croissance.

L’industrie avicole du Sénégal attire une nouvelle vague d’investissements à mesure que le secteur continue de se développer. Au cours de la dernière année, plusieurs entreprises locales ont obtenu d’importants financements auprès d’institutions financières nationales et internationales. Le 25 juin, l’éleveur de volailles La Ripaille a signé un accord avec Oyass Capital, un compartiment du Fonds souverain d’investissement stratégique (FONSIS), pour un investissement de 1,3 milliard de francs CFA (2,25 millions de dollars).

Basée à Keur Moussa, La Ripaille gère une entreprise avicole intégrée couvrant l’élevage de poules pondeuses, les couvoirs, la production d’aliments pour animaux, la transformation et la commercialisation de la volaille. Le financement soutiendra l’expansion de l’entreprise et le développement des capacités d’élevage locales afin de réduire la dépendance du Sénégal à l’égard des œufs à couver importés.

Quelques mois plus tôt, en novembre 2025, l’entreprise agroalimentaire Gade Gui avait obtenu un financement de 2,5 milliards de francs CFA (4,3 millions de dollars) auprès de Proparco pour construire et exploiter un élevage intégré de poules pondeuses avec des installations de production, de tri et de conditionnement d’œufs. Une fois achevée, l’installation devrait produire plus de 80 millions d’œufs par an.

Auparavant, Africaine de Production Animale (APRAN), une autre entreprise opérant dans le secteur de la volaille, avait obtenu un prêt de 5,4 millions de dollars de la Société financière internationale (SFI) pour développer sa production d’aliments pour animaux, son élevage de poulets de chair et ses opérations d’élevage.

Pourquoi les investisseurs soutiennent le secteur

La récente vague d’investissements reflète une transformation plus large du secteur. Selon un rapport publié en 2022 par le Forum pour la recherche agricole en Afrique, les réformes introduites à partir du milieu des années 2000 ont progressivement réduit les risques économiques liés à l’aviculture commerciale.

Lors de l’épidémie de grippe aviaire qui a touché l’Afrique de l’Ouest en 2005, Dakar a suspendu les importations de produits avicoles pour empêcher la maladie de se propager aux élevages de volailles nationaux. La mesure reste en vigueur. Elle couvre les volailles vivantes, y compris les poussins d’un jour à l’exception des poussins reproducteurs, les viandes et découpes de volailles, ainsi que les œufs et ovoproduits destinés à la consommation.

Selon le rapport, la suspension des importations a créé un marché intérieur relativement protégé, rendant la demande plus prévisible et créant des opportunités de marché plus stables.

« L’élimination de la concurrence extérieure, bien plus compétitive que la production locale, a accru la confiance des investisseurs privés dans la filière avicole.», indique le rapport.

Dans le même temps, la hausse de la consommation intérieure a renforcé l’attractivité du secteur, notamment pour les œufs et la viande de volaille. L’Interprofession avicole du Sénégal (IPAS) estime que la consommation de viande de poulet croît de 8 à 10 % par an.

Le rapport met également en évidence le développement de modèles commerciaux intégrés et contractuels couvrant la production d’aliments pour animaux, l’élevage de volailles, la transformation et la commercialisation. Selon le rapport, ces structures aident les entreprises à mieux gérer les risques de production, d’approvisionnement et de commercialisation. Une plus grande formalisation dans l’ensemble du secteur a également amélioré la visibilité financière des entreprises et facilité l’accès au crédit.

Un marché qui devrait continuer à se développer

Chaque investissement soutient la stratégie d’expansion de l’entreprise alors que La Ripaille, Gade Gui et APRAN cherchent à accroître leur part de marché. Valorisée à 450 milliards de francs CFA (783 millions de dollars) en 2023, selon les autorités sénégalaises, la filière avicole devrait bénéficier de cette nouvelle vague d’investissements, qui pourrait renforcer sa compétitivité et soutenir la poursuite de sa croissance.

Les données compilées par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que la production de viande de poulet du Sénégal a plus que quintuplé depuis 2005, passant de 29 042 tonnes à 159 502 tonnes en 2024. Cette augmentation reflète l’expansion continue de la demande intérieure et suggère qu’il existe encore une marge de croissance considérable dans l’ensemble de la chaîne de valeur de la volaille.

Stéphanas Associé

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