Face à l’escalade continue dans la région, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) poursuit une politique diplomatique équilibrée, fondée sur des appels à la négociation et sur le soutien aux processus politiques visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Les membres du CCG défendent les principes de bon voisinage et de renforcement de la stabilité régionale et sont unis dans leur opposition à l’agression et à la déstabilisation.
Dans les mois et les années à venir, l’unité du Golfe pourra être poussée encore plus loin en poursuivant des accords de sécurité régionale, en établissant de nouvelles routes énergétiques et en développant d’importants projets d’intégration économique qui garantiraient le développement et la stabilité.
À l’heure actuelle, le CCG doit continuer à exprimer clairement son rejet catégorique de toute tentative de prendre le contrôle du détroit d’Ormuz ou de l’utiliser comme carte de pression. Les États du Golfe ne peuvent et ne seront en aucun cas pris en otage.
Imposer des restrictions ou des taxes à la liberté de navigation à travers le détroit constitue une violation flagrante du droit international : le détroit d’Ormuz est une voie navigable naturelle régie par le droit de la mer, qui garantit la liberté de passage, et il ne peut être traité comme un canal soumis à un contrôle souverain ou à une extorsion politique. Toute tentative d’imposer une nouvelle réalité ou de modifier son statut juridique se heurtera à une action ferme de la part des États du CCG.
Il convient de rappeler que le détroit n’est pas l’apanage d’un seul parti. Sa rive ouest fait partie des territoires des États membres du CCG : le Sultanat d’Oman et les Émirats arabes unis. Il s’agit d’une réalité qui reflète le caractère géographique et juridique complexe du détroit et confirme l’impossibilité de monopoliser ou de contrôler cette voie navigable essentielle.
Les États du CCG doivent rester unis dans leur rejet de l’agression iranienne. Aucune attaque ne peut être légalement justifiée sous le prétexte de « légitime défense ». S’engager sur la voie de l’agression n’a fait qu’isoler davantage l’Iran de la région et du reste du monde ; cela lui a coûté une grande partie de la sympathie régionale dont elle jouissait autrefois.
Dans ce contexte, il convient de noter que la persistance des tensions profite à plusieurs parties, directement ou indirectement, au détriment de la stabilité régionale. Les politiques de l’Iran dans la région, notamment le soutien aux groupes armés, la remise en cause du principe de bon voisinage et l’attisation des conflits, vont à l’encontre du principe de sécurité collective dans la région.
Les États du Golfe ne participent pas à la guerre américano-israélo-iranienne et ils ne tomberont pas dans le piège d’y être entraînés. Dans le même temps, il est essentiel d’établir de solides garanties pour la sécurité régionale.
Cela peut être réalisé avant tout par la mise en place d’une architecture de défense commune sur le modèle d’une « OTAN du Golfe », avec la possibilité d’une adhésion de puissances régionales telles que la Turquie ou le Pakistan pour renforcer la dissuasion collective.
Il est tout aussi urgent d’accélérer la mise en place d’un réseau régional de transport de gaz, de pétrole, d’électricité et d’eau, reliant les États du Golfe et s’étendant à travers l’Arabie Saoudite jusqu’à la mer Rouge, via Oman jusqu’à la mer d’Oman et potentiellement à travers la Syrie jusqu’à la mer Méditerranée – en diversifiant les routes énergétiques et en renforçant la sécurité énergétique.
Dans le même ordre d’idées, il existe un besoin urgent de développer un réseau ferroviaire transcontinental reliant l’Asie de l’Est, y compris la Chine, à l’Europe via la région arabe, facilitant les flux commerciaux, approfondissant l’intégration économique et ravivant le rôle historique de la région en tant que plaque tournante du commerce mondial sur le modèle de l’ancienne Route de la Soie. De tels projets renforceraient la stabilité et le développement et fermeraient la porte aux programmes expansionnistes ou aux visions unilatérales.
Dans le même temps, il est important de noter que la stabilité régionale est liée à la question palestinienne. Par conséquent, il est de la plus haute importance de rechercher une solution juste et globale sur la base d’une solution à deux États et des résolutions pertinentes des Nations Unies. L’Initiative de paix arabe doit être considérée comme un cadre global pour un règlement complet et juste.
Dans ce cadre, il est important d’adopter une politique étrangère unifiée du Golfe sur les questions régionales et internationales et d’accélérer la mise en œuvre de projets de transport régionaux tels que le chemin de fer du Golfe et les corridors économiques Asie-Europe. Cela approfondirait l’intégration économique entre les États du Golfe et renforcerait leur position internationale. Une véritable intégration ne peut être construite sans une politique unifiée, une architecture de défense partagée et une dissuasion collective claire.
En conclusion, le message que le CCG doit transmettre est clair : la sécurité du Golfe est une ligne rouge et sa stabilité est une responsabilité collective qui n’admet aucun compromis. Les États du Golfe resteront fidèles à leur droit de protéger leur souveraineté et de sauvegarder leurs intérêts par tous les moyens légitimes disponibles.
Les opinions exprimées dans cet article appartiennent à l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Al Jazeera.

