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Lundi, juin 15, 2026

Le Sénégal présente ses réformes éducatives aux responsables africains francophones

  • Le Sénégal a accueilli des responsables de l’éducation de six pays africains et de la France pour présenter des réformes centrées sur la technologie, l’éducation bilingue et la formation des enseignants.

  • Une évaluation récente a révélé que les élèves inscrits dans le modèle d’éducation bilingue du Sénégal ont obtenu des résultats supérieurs de 29 points en lecture et en compréhension à ceux de leurs pairs.

  • L’Afrique subsaharienne devra recruter 15 millions d’enseignants supplémentaires d’ici 2030 alors que le ratio d’enseignants formés continue de diminuer, selon l’UNESCO.

Le Sénégal a présenté son système éducatif comme l’un de ces modèles lors de la deuxième rencontre du Collège international de Villers-Cotterêts, organisée à Dakar du 9 au 12 juin en partenariat avec l’antenne Afrique de l’Ouest de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

Six délégations africaines et une délégation française ont assisté à l’événement pour observer les pratiques pédagogiques mises en œuvre dans les écoles sénégalaises. Devant les participants, le Sénégal a présenté sa feuille de route pour la réforme de l’éducation. Papa Malik Ndao, secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, a délivré le message au nom du ministre.

L’administration du président Bassirou Diomaye Faye vise à transformer le système éducatif du Sénégal à travers un programme de réformes global.

Un modèle construit sur une évaluation critique

La stratégie de réforme repose sur trois piliers.

Premièrement, le gouvernement place la technologie au centre de l’apprentissage. Deuxièmement, il promeut le Modèle Harmonisé d’Éducation Bilingue au Sénégal (MOHEBS), qui combine les langues nationales et le français dès le niveau primaire. Troisièmement, il renforce la formation continue des enseignants.

Les organisateurs ont structuré le programme autour de ces trois thèmes. Ils ont organisé des visites de trois heures dans des écoles de la région de Dakar et ont suivi chaque visite par des discussions impliquant le personnel scolaire et les praticiens de l’éducation. A la fin du programme, chaque délégation produira un rapport comparant les pratiques observées au Sénégal avec les conditions de son propre pays.

Une évaluation récente menée par la Fondation Bill & Melinda Gates a révélé que les étudiants inscrits dans des programmes bilingues surpassaient leurs pairs de 29 points en lecture et en compréhension écrite. Ces résultats ont contribué à l’expansion du modèle à l’échelle nationale.

Le gouvernement a intégré MOHEBS dans le programme officiel des écoles publiques en 2011. Le programme fonctionne désormais dans 13 des 16 régions éducatives du Sénégal et utilise six langues nationales. Les autorités prévoient d’introduire deux langues supplémentaires en 2026.

En 2025, l’Association pour la recherche et l’éducation pour le développement, qui promeut MOHEBS depuis le début des années 2000, a reçu le prix Yidan, le prix éducatif le plus doté financièrement au monde.

Une étude de cas pour la politique éducative continentale

Malgré ces réalisations, des défis demeurent. La disponibilité des manuels scolaires continue de représenter la principale contrainte opérationnelle du programme. La question résonne au-delà du Sénégal. Le Burkina Faso a adopté un modèle d’éducation bilingue harmonisé en 2024, permettant à sept langues nationales de coexister avec le français dans le système scolaire.

Plus largement, l’Union africaine a jugé insuffisants les résultats de la Stratégie continentale d’éducation pour l’Afrique (CESA 2016-2025). L’UA a ensuite adopté le CESA 2026-2035 pour remédier à ces lacunes.

Le nouveau cadre intègre les leçons de la décennie précédente et cible les défis persistants tels que les faibles taux d’achèvement, le financement limité de l’éducation et la croissance démographique rapide. Ces défis sont devenus de plus en plus urgents alors que l’Afrique subsaharienne est confrontée à une pénurie avérée d’enseignants.

Selon l’UNESCO, seuls 69 % des enseignants du primaire de la région avaient reçu une formation formelle en 2024, contre 85 % en 2000. L’UNESCO estime également que la région devra recruter 15 millions d’enseignants supplémentaires d’ici 2030 pour répondre aux futurs besoins éducatifs.

Cet article a été initialement publié en français par Félicien Houindo Lokossou

Adapté en anglais par Ange JA de Berry Quenum

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