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Le Sénégal a augmenté son réseau routier bitumé de plus de 660 km au cours de la dernière décennie grâce à d’importants programmes d’infrastructures publiques.
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Les autorités prévoient d’étendre le réseau routier du pays à plus de 900 km d’ici 2030.
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L’entretien des routes existantes et l’amélioration de la connectivité dans les zones rurales restent des défis majeurs.
Au cours de la dernière décennie, le Sénégal a considérablement étendu et modernisé son réseau routier, améliorant à la fois la couverture et la qualité des routes à travers le pays.
Selon les données de l’Agence des travaux et de gestion des routes (Ageroute) et du Fonds autonome d’entretien routier (FERA), le réseau routier classé du Sénégal totalisait 16 481 kilomètres en 2024-2025, dont 6 569 kilomètres de routes bitumées et 9 912 kilomètres de routes non bitumées. En 2015, le pays comptait 5 902 kilomètres de routes goudronnées et 10 080 kilomètres de routes non goudronnées.
Outre le réseau classé, qui comprend des routes nationales, régionales, départementales et urbaines, le Sénégal dispose également d’un réseau routier non classé estimé à près de 60 000 kilomètres.
L’expansion reflète l’impact de plusieurs programmes d’infrastructures publiques à grande échelle. Le Plan Sénégal émergent (PSE), principal cadre de développement du pays au cours de la dernière décennie, comprenait 21 grands projets routiers, parmi lesquels 12 projets de construction ou de réhabilitation de routes, trois projets d’autoroutes et trois grands travaux de ponts et d’ingénierie.
Plusieurs autres initiatives ont également contribué à améliorer les infrastructures de transport. L’un des plus importants est le Programme spécial de connectivité (PSD), soutenu par 506,5 milliards de francs CFA (environ 891,2 millions de dollars). Le programme comprend la construction de plus de 200 kilomètres de routes, 150 kilomètres de rues urbaines, la modernisation de 300 kilomètres de corridors routiers stratégiques et plusieurs ouvrages d’art majeurs.
Défis d’entretien et nouvelles ambitions routières
Malgré les progrès, des inquiétudes émergent quant à l’état du réseau routier existant.
La part des routes revêtues jugées en bon ou passable état représentait environ 84 % du réseau classé en 2022. Ce chiffre est tombé à 82 % en 2023 et à 79 % en 2024.
Dans son Document de stratégie pays du Sénégal 2026-2031la Banque africaine de développement (BAD) a attribué une partie de la détérioration à un entretien insuffisant.
Les disparités régionales restent également un défi. Si les grands centres urbains bénéficient généralement d’une meilleure infrastructure routière, de nombreuses zones rurales restent confrontées à une connectivité limitée. Cela restreint l’accès aux marchés, aux services publics de base et aux opportunités économiques.
Pour l’avenir, le Sénégal prévoit de maintenir d’importants investissements dans le secteur à travers sa stratégie de développement 2026-2031, qui soutient la vision plus large du Sénégal 2050.
L’un des principaux objectifs du gouvernement est d’étendre le réseau routier national à plus de 900 kilomètres d’ici 2030. Les projets prévus incluent les corridors Mbour-Fatick-Kaolack (100 km), Dakar-Tivaouane-Saint-Louis (200 km) et Kaolack-Tambacounda (260 km).
Un autre projet phare est le Programme d’amélioration des routes des villes secondaires (PAV2VS), dont le lancement est prévu cette année avec le soutien de la Banque africaine de développement. L’initiative vise à augmenter la part des routes revêtues en bon ou passable état à 82 % d’ici 2030.
La réalisation de ces objectifs dépendra de plusieurs facteurs. Assurer un financement adéquat reste l’un des plus grands défis, d’autant plus que le Sénégal est confronté à des pressions économiques. Les autorités devront également renforcer les programmes de maintenance pour éviter une détérioration prématurée des infrastructures.
La résilience climatique présente un autre défi majeur. Les inondations et l’érosion côtière dans certaines régions continuent de menacer les infrastructures routières, tandis que la réduction des disparités régionales reste essentielle pour maximiser les avantages économiques à long terme des investissements futurs.
Hénoc Dossa

