- L’Algérie étend sa diplomatie énergétique au Bénin après avoir lancé ou négocié des projets électriques au Niger, en Côte d’Ivoire et au Tchad
- Sonelgaz pourrait accompagner le Bénin avec une expertise technique, le développement des infrastructures et des équipements électriques de fabrication algérienne
- L’Algérie positionne son service public pour saisir les opportunités en Afrique de l’Ouest, où l’accès limité à l’électricité en milieu rural génère d’importants besoins d’investissement.
L’Algérie étend sa présence énergétique à travers l’Afrique. Après avoir inauguré une centrale électrique au Niger et signé des accords avec la Côte d’Ivoire et le Tchad, elle cherche désormais à approfondir sa coopération énergétique avec le Bénin.
Mercredi 22 juillet, le ministre algérien de l’Energie, Mourad Adjal, a tenu une visioconférence avec son homologue béninois, Edouard Dahome. Les ministres ont discuté des moyens d’élargir la coopération bilatérale dans le secteur de l’énergie.
Selon l’Agence Presse Algérienne (APS), Adjal a déclaré que l’Algérie était prête à accompagner le Bénin dans la réalisation de ses projets énergétiques en partageant son expertise, en fournissant une assistance technique et en soutenant le développement des infrastructures.
Il a également souligné la capacité de fabrication d’équipements électriques de la société publique Sonelgaz. Adjal a déclaré que l’Algérie était prête à fournir des équipements au Bénin et à explorer des opportunités de vente ailleurs en Afrique de l’Ouest, a rapporté Sputnik Africa.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges du président Abdelmadjid Tebboune visant à étendre la présence économique de l’Algérie en Afrique et à approfondir les liens avec d’autres pays du continent, notamment en Afrique de l’Ouest.
Les deux ministres ont convenu de continuer à coordonner la mise en œuvre des accords déjà signés et d’identifier des projets supplémentaires qui pourraient bénéficier aux deux pays.
L’Algérie étend son empreinte énergétique en Afrique
Les discussions avec le Bénin constituent la dernière étape d’une stratégie énergétique plus large que l’Algérie mène à travers le continent depuis le début de l’année.
En juin, Sonelgaz a inauguré une centrale électrique de 40 mégawatts à Gorou Banda au Niger. Le projet a été financé et construit par le groupe algérien, selon La Nouvelle Tribune.
Le même mois, l’Algérie et la Côte d’Ivoire ont signé un protocole d’accord portant sur l’énergie et les énergies renouvelables lors d’une cérémonie à Abidjan, a rapporté la télévision Africa24.
En mai, Alger et N’Djamena ont signé un accord pour la construction d’une centrale électrique de 40 mégawatts dans la capitale tchadienne. La première pierre devait être posée ce mois-ci, selon African Initiative.
La société nationale Sonelgaz est au cœur de la stratégie énergétique régionale de l’Algérie. Le groupe exploite une capacité de production d’environ 27 000 mégawatts et gère un réseau s’étendant sur plus de 440 000 kilomètres de lignes électriques.
Ses activités couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur de l’électricité, depuis la production d’électricité et la gestion du réseau jusqu’à la fabrication d’équipements. Cela lui permet de gérer des projets allant de la construction de centrales électriques au développement de réseaux et à la fourniture d’équipements.
Les efforts de l’Algérie surviennent alors que l’Afrique de l’Ouest continue de faire face à un déficit majeur d’accès à l’électricité. Selon les chiffres cités par le Parlement de la CEDEAO lors d’une réunion à Dakar en juin, seuls 12% des habitants ruraux de la région ont accès à l’électricité.
Le West African Power Pool, l’organisme régional chargé de relier les réseaux électriques des États membres de la CEDEAO, vise à ajouter 16 000 mégawatts de capacité d’ici 2033. Atteindre cet objectif devrait nécessiter un investissement estimé à 36 milliards de dollars.
Abdel-Latif Boureima

