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Mercredi, juillet 29, 2026

L’UEMOA enregistre son premier excédent commercial en 14 ans grâce à la forte hausse des exportations

  • L’UEMOA a enregistré un excédent commercial de 6 300 milliards de FCFA en 2025, le premier depuis 2011.
  • L’augmentation des exportations d’or, de cacao et de pétrole a entraîné ce redressement et renforcé les réserves de change du bloc.
  • Cette amélioration intervient alors que les investissements étrangers et les financements extérieurs continuent de diminuer.

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a enregistré en 2025 son premier excédent commercial en 14 ans, marquant un revirement significatif pour un bloc dont le taux de change fixe dépend fortement des recettes d’exportation pour reconstituer ses réserves de change.

L’Union, composée de huit membres, a enregistré l’année dernière un excédent commercial de 6,32 milliards de francs CFA (9,6 milliards d’euros), contre un déficit de 171 milliards de francs CFA en 2024, selon le rapport annuel de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) présenté le 22 juillet à Dakar.

Cette amélioration a une signification économique plus large que ce que le chiffre global suggère à lui seul. Le franc CFA ouest-africain étant rattaché à l’euro à un taux de change fixe, l’UEMOA doit maintenir des réserves de change adéquates pour soutenir la monnaie. Les recettes d’exportation constituent la principale source de ces réserves du bloc.

Un excédent commercial atténue donc la pression sur les comptes extérieurs et les finances publiques à l’heure où plusieurs États membres restent sous programmes du Fonds monétaire international.

Trois matières premières ont alimenté le redressement

Les exportations ont bondi de 38,6% en 2025 pour atteindre 33 180 milliards de FCFA, tandis que les importations ont augmenté plus modestement de 11,4%. Trois produits représentent la majeure partie de la hausse. Les exportations d’or ont grimpé à 12 050 milliards de francs CFA, soit près de 50 % de plus qu’un an plus tôt. Les exportations de cacao ont augmenté de 59% pour atteindre 7 030 milliards de FCFA, tandis que les exportations de pétrole ont plus que doublé pour atteindre 4 410 milliards de FCFA.

Ensemble, ces trois produits représentaient 71% des exportations de marchandises de l’UEMOA. Le coton, longtemps l’un des produits d’exportation phares de la région, a évolué dans la direction opposée, avec des exportations en baisse de 16 %.

Selon la BCEAO, le rebond s’explique principalement par une hausse de la production plutôt que par une hausse des prix. Une nouvelle production de pétrole et de gaz a démarré au Sénégal, tandis que la Côte d’Ivoire et le Niger ont accru leur production. En conséquence, la production de pétrole brut de l’UEMOA est passée de 192 942 barils par jour à 233 870 barils par jour.

L’indice des prix à l’exportation de la BCEAO n’a augmenté que de 13% en 2025 après une hausse de 43,9% l’année précédente. Les prix des matières premières ont encore apporté leur soutien, notamment ceux du cacao, qui ont grimpé de 64,8% en CFA. Mais la banque centrale affirme que le principal moteur de la croissance des exportations a été l’augmentation des volumes de production.

Les flux de capitaux étrangers restent sous pression

Le renforcement de la balance commerciale n’a pas éliminé toutes les vulnérabilités extérieures de l’UEMOA. Le déficit des services du bloc est resté substantiel à 7 510 milliards de francs CFA, laissant l’ensemble de ses comptes extérieurs déficitaires.

Dans le même temps, les entrées de capitaux étrangers ont diminué. Les investissements directs étrangers ont diminué de 1 950 milliards de FCFA, tandis que les décaissements nets de prêts extérieurs aux États membres ont diminué de 1 020 milliards de FCFA après prise en compte des remboursements de la dette.

En d’autres termes, l’excédent commercial a largement compensé la faiblesse du financement extérieur au lieu de l’augmenter. « L’activité économique est restée forte dans les États membres de l’UEMOA », » a déclaré le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, lors de la présentation du rapport à Dakar.

La banque centrale a également souligné la reconstitution des réserves de change, qui ont augmenté de plus de 8 400 milliards de francs CFA sur l’année. Il attribue une partie de cette amélioration à la réglementation des changes introduite fin 2024, obligeant les exportateurs à rapatrier une part plus importante de leurs recettes d’exportation.

Une autre perspective en 2026

La situation a déjà commencé à changer en 2026. L’or, qui représentait plus d’un tiers des exportations du bloc en 2025, a reculé par rapport à son sommet et se négocie désormais à environ 4 000 dollars l’once.

Dans le même temps, le conflit qui s’est intensifié au Moyen-Orient fin février a fait grimper fortement les prix du pétrole, augmentant ainsi les coûts d’importation pour l’UEMOA, qui reste un importateur net d’hydrocarbures malgré l’augmentation de la production intérieure. La BCEAO a déjà ajusté ses perspectives pour refléter ces évolutions.

Après avoir abaissé son taux directeur à 3 % le 4 mars, la banque centrale a laissé ses taux inchangés le 10 juin, citant les tensions au Moyen-Orient comme principale source de risque. Il a également abaissé ses prévisions de croissance pour 2026 pour la région, passant de 6,4 % à 6,1 %. Néanmoins, la BCEAO a indiqué que la position extérieure de l’UEMOA a continué de s’améliorer au cours du premier trimestre 2026.

Sa prochaine réunion de politique monétaire en septembre fournira une indication plus claire de la pérennité des gains réalisés en 2025.

Fiacre E. Kakpo

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