SENEGAL-SANTE
Kolda, 15 août (APS) – Le médecin coordinateur régional de la prise en charge du Vih au district sanitaire de Kolda (Sud), Dr Thierno Chérif Sy, a souligné la nécessité de mettre en place de nouvelles stratégies ciblées pour améliorer le dépistage chez les hommes et réduire le nombre de perdus de vue.
”Contrairement aux femmes, qui bénéficient d’un dépistage systématique lors des consultations prénatales, les hommes ne fréquentent généralement les structures de santé que lorsqu’ils sont malades”, a souligné Dr Sy.
S’exprimant lors d’un entretien avec l’APS, ce samedi, Dr Sy a fait le point sur les défis majeurs auxquels la direction régionale de la santé de Kolda reste confrontée dans la lutte contre le Vih.
Selon lui, le dépistage chez les hommes constitue l’un des principaux obstacles à la prise en charge du Vih.
”Avec le VIH, on peut rester longtemps infecté sans tomber malade. Il faut donc trouver des stratégies pour aller vers les hommes, notamment sur leurs lieux de travail, afin de les dépister et les intégrer dans le circuit des soins”, a expliqué le Dr Sy, espérant que le partenariat avec l’Alliance nationale contre le Sida (ANCS) permettra de combler ce déficit.
Outre le dépistage masculin et pédiatrique, le technicien de la santé a évoqué la problématique des ‘’perdues de vue’’, ces patients qui interrompent leur traitement en raison de contraintes financières ou d’éloignement géographique.
Située dans une zone transfrontalière côtoyant trois pays, la région de Kolda enregistre également les déplacements fréquents de populations de part et d’autre des frontières.
Ainsi pour une synergie d’actions, Dr Sy préconise une collaboration transfrontalière renforcée pour assurer le suivi et la continuité des soins.
Par ailleurs, il a plaidé pour la pérennisation de l’accompagnement des patients à travers les mutuelles de santé pour alléger les coûts des bilans et ordonnances liés à cette maladie chronique.
Malgré ces défis, le médecin coordinateur a noté une situation globale satisfaisante dans la région.
”La majorité des personnes suivies présente une charge virale indétectable, ce qui empêche la transmission du virus au sein de la population”, a rassuré Dr Sy.
Il a en outre indiqué qu’à Kolda, le taux de prévalence du VIH se maintient à 1,5 %, mais les acteurs de santé constatent une baisse des cas dans les structures médicales, dans l’attente des résultats des prochaines enquêtes d’évaluation.
MG/OID

