MONDE-AFRIQUE-FRANCOPHONIE
Dakar, 30 sept (APS) – La diplomatie scientifique, en ce qu’elle permet d’utiliser la science pour faire de la politique étrangère, doit devenir un levier pour un partenariat plus équilibré et durable, a plaidé le recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), Slim Khalbous.
“Je voudrais affirmer une idée simple mais puissante : la diplomatie scientifique doit être un levier d’un partenariat plus équilibré et durable”, a-t-il déclaré à l’occasion de la cérémonie de clôture de la conférence régionale des recteurs et des journées de recherche et d’innovation de l’Afrique de l’Ouest, mardi, à Dakar.
“La diplomatie scientifique est un concept incontournable qui a pris une place incroyable dans la coopération internationale, et vous devez en être absolument conscients, sinon, encore une fois, l’Afrique va voir le train passer sans être dedans”, a-t-il prévenu.
M. Khalbous présente la diplomatie scientifique comme “l’art d’utiliser la science pour faire de la politique étrangère”, soulignant que cette option “n’est pas simplement la mobilisation des réseaux diplomatiques pour favoriser la coopération scientifique, mais c’est aussi la mobilisation des expertises scientifiques pour éclairer des décisions internationales de plus en plus complexes”.
Selon lui, la diplomatie scientifique, c’est aussi penser la science comme une approche diplomatique permettant de créer des ponts entre pays, régions, continents, en mettant en place des projets de co-développement basés sur la connaissance.
“Mais il faut rapidement préciser que la dimension scientifique de la diplomatie n’exclut ni celle politique, économique, ni sécuritaire, mais vient plutôt en appui à tous ces niveaux de diplomatie”, a-t-il précisé.
Le recteur de l’AUF estime, en outre, que la diplomatie scientifique peut permettre un “rééquilibrage” dans la relation Europe-Afrique pour qu’un partenariat “gagnant-gagnant soit enfin une réalité et non pas juste une déclaration d’intention”.
Il a aussi fait noter que “l’Europe a tout intérêt à ne pas voir le fossé de développement se creuser davantage” avec le continent africain, rappelant que l’Afrique, “forte et souveraine, est un partenaire de choix pour l’Europe, tant sur le plan économique que sur le plan géopolitique”.
Slim Khalbous a fait observer que personne n’a une solution définitive à des problèmes relevant du climat, des questions de l’eau, de l’IA générative, des flux migratoires et de l’influence des réseaux sociaux, par exemple.
“Ce sont des problèmes qui transpercent les frontières, et ça donne encore plus d’importance à la coopération scientifique d’une manière très internationale, et donc intégrée dans la politique étrangère”, a-t-il indiqué.
“Le lien est de plus en plus fort entre la connaissance et le développement, et le pays fort, ce n’est plus forcément celui qui a la plus grande armée, [mais] celui qui a la plus forte technologie, la dernière technologie, quelle que soit la taille du pays”.
Il note ainsi que la connaissance permet d’être puissante dans la négociation internationale, de trouver des solutions technologiques pour améliorer l’agriculture, la santé.
La connaissance permet aussi de trouver des solutions technologiques pour améliorer le système d’éducation, a poursuivi M. Khalbous, estimant que l’Afrique doit se mettre à la diplomatie scientifique, et pour ce faire, doit mettre l’université “au centre de la réflexion, de l’internationalisation”.
AFD/HK/BK

