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Mercredi, septembre 30, 2026

Des députés magnifient le caractère humain de la proposition de loi relative à la santé en milieu carcéral

SENEGAL-SANTE-JUSTICE-PARLEMENT

Dakar, 30 sept (APS) – Des députés se sont réjouis, mercredi, du ”caractère humain” de la proposition de loi n°39/2026 relative à la santé en milieu carcéral introduite par leurs collègues Khady Sarr, Anta Dia, Cheikh Faye et Mamadou Lamine Diaïté.

”Cette proposition de loi répond à une exigence à la fois humaine, juridique et sanitaire visant à garantir aux personnes détenues des soins de qualité sans discrimination’’, a déclaré la députée Fatou Ba.

Elle a cité les ”Règles Nelson Mandela” qui “consacrent précisément le principe selon lequel les détenus doivent bénéficier de soins de même qualité que ceux disponibles dans la société”.

Les ”Règles Nelson Mandela” sont l’ensemble des règles minima des Nations Unies pour le traitement des détenus, adoptées par l’Assemblée générale de l’ONU le 17 décembre 2015, et renommées en l’honneur du premier président noir d’Afrique du Sud, qui a passé plus de 27 ans en prison pour sa lutte contre l’apartheid.

‘’Notre responsabilité de législateurs est de faire évaluer notre cadre juridique pour mieux assurer la continuité des soins, l’indépendance professionnelle du personnel médical, la coordination des services compétents et le contrôle de la prise en charge sanitaire’’, a ainsi souligné la parlementaire Fatou Ba.

A l’en croire, il ne s’agit pas de créer un privilège pour les personnes incarcérées, mais plutôt de faire respecter un principe républicain fondamental à savoir l’accès aux soins de santé.

Mme Ba considère que ‘’la privation de liberté est une décision de justice. La privation de soin ne peut jamais en être la conséquence. Cette réforme doit ainsi contribuer à un système carcéral plus respectueux de la dignité humaine et davantage orienter vers la réinsertion’’

Sa collègue Fatou Diop Cissé, soulignant qu’il s’agit d’une ”loi de dignité”, a motivé son vote par le caractère humain de la proposition de loi, qui constitue une avancée majeure en raison de la non-discrimination.

‘’C’est parce que c’est une loi de dignité, qu’elle doit inspirer à aller plus loin. En tant que députée des Sénégalais de l’extérieur, nous pensons à nos fils, nos frères et sœurs qui sont enfermés ailleurs pas parce qu’ils sont nés criminels mais parce que la vie les a brisés’’, a-t-elle déclaré.

Elle a également demandé un protocole santé au ministère des Affaires étrangères pour le suivi des détenus hors du pays, l’activation de l’assurance +Sutura+ pour sa partie santé, ”parce que la diaspora tient ce pays, elle mérite un Etat”.

Le député Mamadou Sèye a signalé que certains pays tels que l’Afrique du Sud, le Kenya et le Rwanda ont voté une loi pareille ‘’pour préserver la dignité des détenus’’.

Il a dénoncé la pratique consistant à menotter les détenus lors de leurs transferts vers les établissements de santé, qualifiant cette situation de dégradante et appelant à ”trouver des solutions” pour y remédier.

C’est dans ce même ordre d’idées que Maïmouna Dieng a évoqué le respect du secret médical, indiquant avoir été témoin d’une scène où quatre détenus avec des menottes ont été transférés à l’hôpital.

Le principe d’égalité et de non-discrimination, l’accès aux soins des détenus c’est un droit fondamental qui s’applique à tous les Sénégalais, a-t-elle notamment déclaré.

Ibrahima Mbengue a relevé les conditions difficiles notées au niveau des prisons, qui favorisent les maladies, du fait de la promiscuité et des capacités d’accueil insuffisantes.

‘’Les personnes méritent un meilleur traitement. Les prisonniers qui souffrent de problèmes mentaux doivent bénéficier de soins psychologiques. Certains traînent d’autres pathologies et les agents de santé pénitentiaire ne sont pas dans des conditions optimales pour leur prodiguer des soins de qualité’’, a-t-il défendu.

La loi sur la santé en milieu carcéral permet aux structures de santé qui sont au niveau des prisons de mieux prendre en charge les détenus, a-t-il ajouté.

Pour la députée Ndack Thiam, il faut accompagner ces derniers par des moyens à la hauteur avec un personnel de santé renforcé et un vrai suivi médical et psychologique.

‘’Derrière les murs d’une prison, il y a des jeunes, des femmes, des hommes, des Sénégalais. Ils ont fauté, la loi les a sanctionnés, mais la loi n’a jamais retiré à personne le droit à la santé et la dignité’’, a-t-elle dit.

Pour Mme Thiam, la privatisation de liberté ne doit pas retirer aux détenus leur droit à une santé de qualité.

‘’Priver quelqu’un de liberté, ce n’est pas le priver de soins. Or, aujourd’hui, la surpopulation, le manque de médicaments et l’insuffisance de personnel médical constituent une double peine. Soigner un détenu n’est pas lui faire une faveur, c’est aussi protéger les gardiens, la famille et la société tout entière’’, a-t-elle plaidé.

FD/ABB/MTN

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