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Gniby (Kaffrine), 3 oct (APS) – La mairesse de Gniby, au cœur du Ndoucoumane, Amy Ndiaye, est présentée comme une véritable championne agricole, exploitant plusieurs spéculations dans cette commune rurale de la région de Kaffrine (centre). La détermination et la passion en bandoulière, l’ancienne parlementaire semble avoir trouvé dans l’agriculture un autre espace d’engagement, loin des discours et des joutes politiques de l’Assemblée nationale.
Trouvée dans une de ses exploitations agricoles, elle porte un blouson marron et des souliers adaptés aux travaux champêtres. De taille moyenne, Amy Ndiaye se faufile aisément dans les dédales de ses plants d’arachide, le regard attentif et s’arrête souvent pour arracher quelques mauvaises herbes.
De nature taquine, elle travaille aux côtés d’hommes et de femmes mobilisés au fil des différentes étapes de la campagne agricole, surtout en cette période de veille de récolte. La fille de paysan raconte avoir commencé son aventure agricole autour de 2008-2010, avec un seul sac de semences d’arachide.
Elle dit avoir même vendu ses boucles d’oreilles en or pour financer sa campagne agricole. Cet investissement marque le début d’un parcours dans le secteur agricole, au cours duquel elle va progressivement agrandir ses superficies, acquérir du matériel et développer ses activités.
Elle révèle que ses économies et ses participations à des tontines lui ont permis notamment d’acquérir un cheval, puis de disposer d’une charrette et d’employer des ouvriers agricoles,
Au fil des années, les superficies augmentent. Le cheval et la charrette ont été remplacés par un tracteur, tandis que l’exploitation mobilise une importante main-d’œuvre saisonnière. ”Parfois, je paie jusqu’à 130 personnes”, explique-t-elle, soulignant ainsi la dimension économique et sociale de son activité.
Aujourd’hui, elle exploite plusieurs spéculations dans la commune de Gniby. “J’ai emblavé 170 hectares d’arachide, 20 hectares de mil, 25 hectares de maïs hybride et 15 hectares de niébé. Je développe également la culture du sésame”, a détaillé la productrice qui s’investit également dans l’élevage.
Faire de l’agriculture, un métier
La mairesse de Gniby affirme que sa démarche est basée sur une approche collective.
“Après avoir acheté mes premières semences, je confie leur mise en culture à un agriculteur”, fait-elle savoir. Après la récolte, elle prélève la ”zakat” (aumône), réserve les semences nécessaires à la campagne suivante et commercialise le reste de la production.
Elle vend sa production d’arachide sur les marchés, notamment à des commerçants venus de Touba. Les bénéfices réalisés lui permettent progressivement de réinvestir dans son activité. Elle revendique sa place de femme, agricultrice, considérant que l’accès au foncier demeure l’un des principaux obstacles auxquels elle est confrontée dans sa collectivité territoriale.
Amy Ndiaye “Gniby” dit toutefois avoir bénéficié de l’appui de guides religieux et de propriétaires qui ont mis des terres à sa disposition dans le cadre de la campagne agricole. Grâce à ses bonnes volontés, elle a pu s’investir pleinement dans l’agriculture. Mais, elle estime que disposer d’une parcelle ne suffit pas, il faut aussi de la détermination, de la passion et une réelle volonté de travailler pour espérer de bons rendements.

”La terre ne ment jamais ; ce que vous y investissez, elle vous le rend”, affirme-t-elle.
Son exploitation agricole est également devenue une source de revenus pour de nombreuses personnes, notamment des femmes. “J’emploie, lors des opérations de semis, de désherbage ou d’épandage d’engrais, beaucoup de femmes qui viennent travailler dans les champs et qui sont rémunérées à la journée”, fait-elle savoir.
La mairesse de Gniby ambitionne d’inscrire son activité dans une véritable chaîne de valeur, allant de la production à la transformation et à la commercialisation. Elle produit de l’arachide, du mil, du maïs hybride, du niébé et du sésame. Elle travaille également dans l’élevage bovin et utilise notamment du fumier pour fertiliser ses champs.
L’avenir de l’agriculture passe aussi par la transformation locale des produits, souligne la productrice, plaidant pour davantage d’équipements de post-récolte, de magasins de stockage et d’unités de transformation dans la région de Kaffrine.
CTS/ASB/HK

