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Dakar, 6 oct (APS) – Le Sénégal peut se prévaloir d’une longévité et d’une singularité uniques dans les annales du Comité international olympique (CIO), alors que le pays s’apprête à accueillir les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, premier événement de l’histoire olympique sur le continent africain.
Depuis sa première apparition officielle aux Jeux olympiques en 1964 à Tokyo, au Japon, le Sénégal a tracé une trajectoire d’une régularité exemplaire, marquée par des choix politiques courageux et par moments improbables.
Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Sénégal s’est imposé comme l’un des gardiens les plus constants de l’esprit olympique en Afrique.
Les rapports officiels d’archives, notamment recensés sur le portail spécialisé Olympedia, confirment que le pays n’a manqué aucune édition des Jeux Olympiques d’été depuis 1964.
Un pilier de l’olympisme estival et le refus des boycotts
Cette fidélité a été pourtant mise à rude épreuve lors des turbulences politiques des années 1970.
En 1976, par exemple, alors que 28 nations africaines décident de boycotter massivement les Jeux de Montréal (Canada), pour protester contre la tournée de l’équipe de rugby de Nouvelle-Zélande en Afrique du Sud en plein Apartheid, le Sénégal choisit une voie dissidente.
A Montréal, aux côtés de la Côte d’Ivoire, le Sénégal et ses autorités refusent de céder au boycott politique. La délégation des Lions défile fièrement, préférant la neutralité et la fraternité universelle du sport à la diplomatie de la chaise vide.
C’est cette régularité qui va notamment conduire l’athlète Amadou Dia Ba à décrocher la mythique médaille d’argent au 400 m haies à Séoul en 1988, unique breloque officielle du pays à ce jour.
L’épopée blanche : des tropiques aux sommets enneigés
Un versant plus méconnu, mais non moins fascinant de l’histoire olympique du Sénégal s’écrit sur la neige, le pays faisant partie du club très restreint des nations tropicales à avoir bravé les rigueurs des Jeux Olympiques d’hiver.
Cette aventure repose sur la volonté d’un homme : Lamine Guèye. Né à Dakar en 1960 et formé sur les pistes suisses, ce skieur alpin au gabarit imposant refuse de voir son rêve bloqué par l’absence de structures dans son pays d’origine.

À seulement 23 ans, il fonde lui-même la Fédération sénégalaise de ski (FSS) en 1979. En 1984, lors des Jeux d’hiver de Sarajevo, il entre définitivement dans l’histoire en devenant le premier skieur d’Afrique subsaharienne à participer aux JO d’hiver, comme le rappelle la plateforme officielle Olympique.
Seul athlète de sa délégation, endossant à la fois le rôle de coureur, d’entraîneur et de secrétaire, Lamine Guèye porte à trois reprises la combinaison nationale (Sarajevo 1984, Albertville 1992, Lillehammer 1994).
Quelques années plus tard, le flambeau sera repris par Leyti Seck, qui représentera le Sénégal en slalom et slalom géant lors des éditions de Turin (2006) et de Vancouver (2010).
Cette double identité olympique, faite de persévérance sur le tartan et d’audace sur la poudreuse, donne une résonance toute particulière à l’actualité contemporaine.
En réunissant des milliers de jeunes athlètes du monde entier à Dakar, Diamniadio et Saly, le Sénégal ne fait pas que recevoir le mouvement olympique : il récolte les fruits de soixante ans d’engagement ininterrompu au service du sport universel.
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