SENEGAL-OLYMPISME-SOUVENIRS
Dakar, 8 oct (APS) – Trente-huit ans après les Jeux olympiques de Séoul 88, en Corée du Sud, Amadou Dia Ba, seul Sénégalais médaillé olympique sénégalais, rembobine pour l’APS le film de sa performance inoubliable, fruit de plusieurs années de travail à partir d’un encadrement optimisé bonifié par un entourage des plus adéquats.
“Beaucoup de souvenirs, surtout le jour où j’ai gagné. Parce que ce sont des années de travail, avec mon entraîneur, avec tout l’entourage que j’avais, avec les Sénégalais qui étaient avec moi. Il y a aussi les athlètes sénégalais avec qui on s’entraînait en France. Et surtout ma famille parce qu’on en a besoin”, a dit le spécialiste du 400 m haies.
Dans un entretien qu’il a accordé à l’APS Mag, Dia Ba a souligné la contribution des médecins et des kinés à sa performance, en plus de l’appui et la bienveillance dont il a bénéficié de la part de personnalités sénégalaises telles que Lamine Diack, le juge Kéba Mbaye, Abdoulaye Makhtar Diop, alors ministre des Sports.
Il a aussi cité Papa Gallo Thiam, ou encore le Président Abdou Diouf, tout ce beau monde qui l’a selon lui poussé à décrocher cette médaille d’argent.
“Ce sont des souvenirs qui me trottent dans la tête souvent. C’est une première, donc c’est normal que ça soit vraiment inoubliable”, reconnait-il, en mesurant l’effort et le mérite individuel que requiert une telle discipline.
En athlétisme, dit-il, il n’y a pas de secret. “Ce n’est pas comme dans les sports collectifs. Le sport collectif, tu me passes la balle, je te la redonne. Tu peux rester deux ou trois minutes sans toucher la balle et être sur le terrain. Ici, c’est un sport individuel. C’est ce que tu as dans les jambes que tu mets sur la piste”, rappelle Amadou Dia Ba, actuellement directeur du Centre de développement de l’athlétisme de Dakar.
“Ce sont des heures d’entraînement, matin et nuit, que j’ai accumulées. Ce n’est pas facile. Il faut s’y prendre très tôt”, a-t-il dit, en rappelant que sa médaille d’argent à Séoul est le fruit d’un “travail de longue haleine”.
“En 1984, j’étais finaliste (aux Jeux olympiques de Los Angeles), il ne faut pas l’oublier. En 1983 aussi, j’étais finaliste aux Championnats du monde (à Helsinki). Je faisais partie des meilleurs coureurs de 400 m haies au monde. C’est un travail de longue haleine”, insiste-t-il.
Et d’ajouter : “Je faisais partie des 5 meilleurs du monde. Donc, c’était évident qu’il fallait chercher la médaille d’or à Séoul. L’état d’esprit, c’était d’aller gagner une médaille. J’ai toujours eu dans ma tête que je dois aller gagner une médaille”.
“J’ai eu le bras cassé avant les JO de Séoul”
Aujourd’hui, l’athlète dit vouloir inculquer aux jeunes cette patience. “Je leur dis que ce n’est pas facile de gagner une médaille. On peut passer par des blessures, des guérisons, des déceptions, des jours de gloire. En général, ça englobe le travail que j’ai fait, le travail mental et beaucoup de choses. Une médaille, c’est beaucoup de choses”, poursuit-il.
Il y a eu aussi des moments douloureux pour Amadou Dia Ba dans sa carrière sportive, comme cette blessure à l’entrainement à quelques mois des JO de Séoul.
“Des fois, tu es en pleine forme et tu te blesses. Et mentalement, ça peut t’affecter. Moi, par exemple, pendant les Jeux olympiques de Séoul, au mois de mars (88), alors que je faisais un relais pour m’amuser, je suis tombé et j’avais le bras cassé”, a révélé Dia Ba.
“Pour moi, ma saison était terminée. Mais après, avec ma foi, avec mes médecins, on m’a remis en selle parce que j’avais travaillé 4 ans auparavant pour pouvoir être prêt le jour-J. Ce sont des moments difficiles que les sportifs rencontrent”, raconte le spécialiste du 400 m haies.
FD/ADC/HK/BK

