SENEGAL-SECURITE-REPORTAGE
Dakar, 9 oct (APS) – La Police nationale, à travers notamment ses unités d’intervention au maintien de l’ordre, a présenté son dispositif sécuritaire pour les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, jeudi, au camp Abdou Diassé, à Dakar, en présence du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé.
En cette matinée de jeudi, le camp Abdou Diassé, situé à l’entrée de l’autoroute sur l’avenue Malick Sy, porte encore les stigmates des orages de la nuit.
Des flaques d’eau bordent encore la chaussée, tandis que le ciel, bas et gris, laisse échapper par intermittence un fin crachin.
Il est un peu plus de 9 heures lorsque le ministre de l’Intérieur franchit le portail du camp, antre de la Police nationale.
A l’accueil, les rangs sont en place. Uniformes ajustés, postures droites, les agents attendent. Mouhamadou Makhtar Cissé passe les troupes en revue, sous les regards attentifs des hommes alignés. Les échanges sont brefs, les gestes mesurés.
Au stand de tir, première étape de cette visite, le ton change brusquement. Les détonations éclatent, sèches et rapprochées, rompant le calme relatif du camp. Les éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (BIP), rompus à la tâche, sont à l’exercice.
Répartis en deux groupes de trois agents, ils enchaînent les séquences de tir avec application. L’écho de chaque détonation se trouve amplifié par les installations, rendant les échanges inaudibles. Les officiels, casques antibruit bien ajustés sur les oreilles, suivent la scène avec attention. Face aux cibles, les policiers restent concentrés, appliqués dans leurs mouvements.
Dans une cour attenante au stand de tir, trois groupes d’agents se tiennent côte à côte devant des véhicules blindés.
Accueilli par le capitaine Ndour, qui lui présente les différents pelotons, Mouhamadou Makhtar Cissé avance devant les groupes disposés pour la circonstance.
Il ralentit devant certains agents, échange quelques mots avec eux, puis poursuit son parcours. Les présentations se succèdent, au rythme des explications des responsables.
A droite, des agents en tenue verte, fusil en main, présentent leurs équipements et leurs capacités opérationnelles.
Au centre, quelques éléments cynophiles forment un autre tableau.
Leurs chiens, imposants, sont tenus en laisse. Certains restent immobiles, attentifs à leur maître, tandis que les policiers maintiennent fermement les prises, le bleu nuit des uniformes contrastant avec les silhouettes animales.
Le troisième groupe, celui des spécialistes de la protection rapprochée, se distinguent par leurs costumes cravates.
Bras croisés ou mains jointes, ils observent les mouvements autour d’eux. Rien, dans leur tenue, ne rappelle l’équipement lourd des unités d’intervention. Pourtant, ils appartiennent au même dispositif de sécurité, avec une mission qui exige vigilance, anticipation et discrétion.
Dans cette cour, les armes, les chiens, les blindés et les costumes dessinent les différentes facettes d’une même institution.
Un quatrième groupe, un peu en retrait, expose le matériel utilisé par les policiers dans leurs interventions.
Casques, masques à gaz, moyens de communication et kits de protection sont disposés à la vue des visiteurs. Chaque équipement a sa fonction, chaque accessoire sa place dans le dispositif. Les agents présentent ce matériel avec méthode, pendant que la délégation observe.
Changement de décor
Le décor change au service médical de la Police nationale. Ici, les détonations ont laissé place au calme des locaux de soins.
Accueilli par le colonel Bakary Danfakha, médecin-chef de la Police nationale, le ministre découvre une autre dimension de l’institution policière : la santé des hommes et des femmes chargés d’assurer la sécurité publique, mais aussi celle de leurs familles.
Mouhamadou Makhtar Cissé visite notamment la maternité, inaugurée en début de semaine par le directeur général de la Police nationale.
Dans cet espace consacré aux soins, la visite prend une tonalité différente. Après les exercices d’intervention et la présentation des équipements, l’attention se porte sur les infrastructures destinées à accompagner les policiers dans leur vie quotidienne.
Le ministre souhaite que cette structure renforce progressivement ses capacités, avec l’ambition d’atteindre rapidement le niveau d’un hôpital de niveau 1 et, à terme, de disposer d’un établissement de niveau 3 au bénéfice des policiers et de leurs familles.
“Il faut s’occuper de la santé des hommes et des femmes qui servent dans la police, s’occuper de la santé de leurs familles aussi”, insiste-t-il.
Il poursuit, par la suite, sa visite à la direction de la police des airs et des frontières (DPAF), logée dans un bâtiment de quatre niveaux, situé à quelques jets de pierre de la maternité.
Le passage au groupement opérationnel de Dakar, point d’orgue de la visite
Le cortège reprend ensuite la route à l’intérieur du camp en direction du groupement opérationnel de Dakar, un détachement du Groupement mobile d’intervention (GMI), où la visite prend une autre dimension avec à la clé une simulation de maintien de l’ordre.
Le dispositif est en place. Face aux policiers, une foule visiblement en colère, lancent des pierres. Les agents se déploient, se regroupent et se positionnent. Les rangs se resserrent, les hommes ajustent leur placement. Les regards convergent vers la foule constituée de policiers en civil, dont les mouvements servent de point de départ à l’exercice. La scène reproduit, dans un cadre maîtrisé, les tensions auxquelles les unités peuvent être confrontées sur le terrain.
“Face à une foule hostile, nous avançons en monobloc compact”, explique le commissaire Ousmane Dabo, commandant du sous-groupe opérationnel Dakar-Banlieue.
A mesure que le dispositif progresse, les policiers avancent groupés, maintenant leur cohésion. La formation se déplace sans se disloquer. Puis la foule compacte se divise en plusieurs groupes plus petits, modifiant la configuration de la scène.
“Aussitôt que les manifestants sont dispersés, la foule compacte se divise en groupes de cinq”, poursuit le commissaire.
En quelques minutes, la démonstration expose les principales séquences d’une opération de maintien de l’ordre : avancer, contenir, adapter le dispositif et disperser une foule, tout en conservant la cohésion des unités.
Les responsables suivent l’exercice, tandis que les agents exécutent les consignes.
“L’action du GMI ne se limite pas à ce type d’intervention. La protection des personnes et des biens, la sécurisation des espaces publics et le respect des droits humains doivent également guider l’action des policiers”, souligne-t-il.
L’efficacité opérationnelle, insiste-t-il, ne saurait justifier un recours disproportionné à la force. “Même les plus gros délinquants ont des droits”, martèle Mouhamadou Makhtar Cissé.
A quelques jours des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, cette visite prend une dimension particulière. Les unités rencontrées seront mobilisées pour contribuer à la sécurisation de l’événement, qui doit accueillir des délégations et des visiteurs venus de différents horizons.
Le ministre se dit confiant dans la capacité des policiers à assurer leur mission.
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