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Vendredi, octobre 16, 2026

Négociations CEDEAO-AES : un mandat claire de défense des intérêts communautaires réclamé aux ministres affaires étrangères

Dakar, 16 oct (APS) – Le général Birame Diop, président de Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a souligné vendredi à Dakar, la nécessité pour les ministres en charge des Affaires étrangères des Etats membres de travailler à donner un mandat clair de défense des intérêts de la communauté aux négociations avec la Confédération de l’Alliance des Etats du Sahel qui démarrent officiellement samedi dans la capitale sénégalaise.

“Les échanges entre les ministres des Affaires étrangères doivent permettre de dégager les orientations politiques nécessaires à la conduite des négociations et de donner aux équipes techniques un mandat clair pour défendre les intérêts de la communauté”, a notamment déclaré le président de la Commission de la CEDEAO.

Le général Diop intervenait à une réunion de consultation entre les ministres en charge des Affaires étrangères des pays de l’organisation communautaire, organisée à la veille de l’ouverture dans la capitale sénégalaise d’une rencontre ministérielle de lancement des discussions formelles CEDEAO-AES.

“Nous avons travaillé en interne sur un projet d’accord-cadre général […] conçu pour préserver ce que nous pouvons encore construire ensemble “, a souligné M. Diop, faisant savoir que le document couvrant 18 domaines prioritaires regroupés en cinq pôles, permet de définir des modalités des futures relations de la CEDEAO avec les pays de l’AES.

Il s’agit d’un instrument visant à établir un cadre de coopération entre les deux ensembles, concernant les questions de libre circulation des personnes et des biens, de commerce, de sécurité et de coopération transfrontalière.

 

L’enjeu, a martelé le président de la Commission de la CEDEAO, est parvenir à une position concertée avant les discussions avec les représentants de l’AES, dans un contexte marqué par des divergences politiques et institutionnelles, et par la persistance d’intérêts communs entre les pays de la sous-région.

Le général Diop a insisté sur la responsabilité des ministres dans la préparation de cette étape, qui doit permettre à la CEDEAO d’aborder les négociations avec une vision commune des objectifs à atteindre et des acquis à préserver.

De son côté, le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang, a invité ses homologues de la CEDEAO 0 privilégier une démarche collective, estimant que les négociations ne doivent pas conduire à une fragmentation des relations entre les pays ouest-africains.

“La nécessité de négocier en bloc unifié, en évitant toute conclusion d’accords bilatéraux qui pourraient menacer la cohésion de notre organisation “, constitue l’un des principes devant guider les discussions, a-t-il déclaré.

Le chef de la diplomatie sénégalaise a souligné l’importance de préserver “les acquis communautaires, particulièrement en matière de libre circulation, d’échanges économiques et de solidarité entre les peuples”.

Il a également insisté sur les liens historiques et fraternels qui unissent les pays de la région, au-delà des divergences politiques.

Pour sa part, Lansana Kouyaté, négociateur en chef de la CEDEAO avec les pays de l’AES, a présenté les principaux axes de sa mission, qui consiste à maintenir le dialogue entre les deux organisations et à rechercher les bases d’une coopération tenant compte des préoccupations de chaque partie.

 

Négociations CEDEAO-AES : un mandat claire de défense des intérêts communautaires réclamé aux ministres affaires étrangères

Son mandat s’articule autour de plusieurs objectifs : établir un canal permanent de consultation entre la CEDEAO et l’AES, définir des relations respectueuses des choix souverains des États, préserver les acquis de l’intégration régionale et renforcer la coopération face aux défis communs, notamment sécuritaires.

Lansana Kouyaté a mis en avant la nécessité “de dépasser les divergences institutionnelles pour préserver les relations entre des pays liés par la géographie, l’histoire, les échanges économiques et les mobilités humaines”.

La coopération sécuritaire, notamment dans la lutte contre le terrorisme, figure parmi les enjeux qui nécessitent, selon lui, une concertation entre les deux espaces régionaux.

Le négociateur en chef a notamment défendu une démarche fondée sur le dialogue et la recherche de compromis.

“Une négociation réussie n’est pas celle où une partie l’emporte sur l’autre. C’est celle où chacun repart avec la confiance d’avoir été entendu “, a affirmé l’ancien premier ministre guinéen.

“Les États peuvent choisir leurs alliances, mais les peuples, eux, ne choisissent pas leur géographie “, a-t-il ajouté, soulignant l’interdépendance des pays ouest-africains.

Les différents intervenants ont mis en évidence la nécessité pour les ministres de s’accorder sur une ligne commune avant les négociations avec l’AES, afin de préserver les mécanismes de coopération régionale et de maintenir les acquis de l’intégration, malgré les évolutions politiques intervenues dans la sous-région.

TAB/AKS

 

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