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Mercredi, mars 11, 2026
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Le Sénégal lève 50 milliards de francs CFA sur le marché régional mais les obligations à long terme ne suscitent aucune offre

  • Le Sénégal lève 50 milliards de francs CFA grâce aux bons du Trésor à 364 jours

  • Les tranches obligataires à trois et cinq ans ne reçoivent aucune offre des investisseurs

  • Remboursement d’une euro-obligation de 485 millions de dollars due le 13 mars

Le Trésor sénégalais a levé lundi la totalité des 50 milliards de francs CFA (88,6 millions de dollars) qu’il souhaitait sur le marché régional, mais exclusivement par le biais de bons du Trésor à 364 jours.

Les deux tranches obligataires n’ont reçu aucune offre. Une OAT à trois ans à 6,30% et une OAT à cinq ans à 6,45% n’ont pas réussi à attirer les investisseurs aux taux fixés par Dakar, reflétant la prudence des investisseurs à l’approche d’un remboursement important prévu plus tard cette semaine.

Vendredi 13 mars, le Sénégal doit rembourser 333,3 millions d’euros (environ 388 millions de dollars) sur les euro-obligations émises en mars 2018. Le total du principal et des intérêts dus s’élève à environ 485 millions de dollars, selon Reuters et Bloomberg. Le Trésor a déjà levé plus de 700 milliards de francs CFA sur le marché de l’UEMOA depuis le début de l’année pour assurer ce remboursement, l’adjudication de lundi complétant cet effort.

Lors de la vente de lundi, le taux marginal des bons du Trésor à 364 jours s’est établi à 6,75 %, en baisse par rapport aux 6,98 % lors de la précédente adjudication du 27 février. L’assouplissement des coûts d’emprunt à court terme s’accompagne d’un décalage inhabituel. Les investisseurs exigent des rendements plus élevés pour prêter à Dakar pendant 364 jours que ceux offerts par le gouvernement sur ses obligations à trois et cinq ans.

Ces tensions se développent dans un contexte de crise des finances publiques sans précédent. La dette totale du secteur public du Sénégal a atteint 132 % du PIB à fin 2024, selon le Fonds monétaire international. Le FMI a suspendu un programme de financement de 1,8 milliard de dollars en 2024 après que des engagements non divulgués aient été découverts sous l’administration précédente.

Un audit de la Cour des comptes a révélé que le déficit budgétaire avait été sous-estimé jusqu’à sept points de pourcentage du PIB par an, plaçant le taux d’endettement à près de 100 % du PIB à fin 2023, contre 74 % précédemment annoncé.

Depuis, Dakar doit fortement s’appuyer sur le marché régional. Avec la suspension du programme du FMI, le gouvernement a financé environ 75 % de ses besoins d’emprunt pour 2025 via le marché de l’UEMOA et a levé environ 4 000 milliards de francs CFA jusqu’à présent cette année.

Cette dépendance à l’égard d’un financement à court terme et relativement coûteux s’ajoute au défi imminent du refinancement. Entre 2026 et 2028, le pays devra mobiliser près de 14 870 milliards de francs CFA pour assurer le service de sa dette.

Le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye poursuit un plan d’assainissement budgétaire progressif. Il vise à réduire le déficit de 13,4 % du PIB en 2024 à 7,8 % en 2025, avant de le réduire encore à 5,37 % en 2026 et à 3 % en 2027. Cependant, jusqu’à ce que le FMI approuve officiellement un nouveau programme de soutien, les investisseurs continueront probablement à anticiper cette incertitude et resteront réticents à prêter au Sénégal sur des échéances plus longues.

Fiacre E. Kakpo

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