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Vendredi, avril 17, 2026

Le Bénin organise une élection présidentielle dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire | Actualités électorales

Le Bénin est confronté à des conditions économiques difficiles et à des défis sécuritaires que son nouveau dirigeant devra relever.

Le vote est en cours pour l’élection présidentielle au Bénin et le ministre des Finances de longue date, Romuald Wadagni, devrait gagner en l’absence d’un challenger majeur.

Les bureaux de vote ont ouvert dimanche à 7h00 (06h00 GMT) et fermeront à 16h00 (15h00 GMT). Plus de 7,9 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales, dont 62 000 membres de la diaspora.

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Soutenu par les deux principaux partis de la coalition gouvernementale et par le président sortant Patrice Talon, Wadagni, ancien cadre de Deloitte de 49 ans, est défié par Paul Hounkpe, figure de l’opposition et ancien ministre de la culture dont la campagne a été discrète.

Le membre du parti Forces Caurys pour le Bénin émergent s’est présenté aux élections avec l’aide des législateurs des deux principaux partis de la coalition au pouvoir, après que ces derniers ont refusé de soutenir la candidature de René Agbodjo, chef du parti d’opposition des Démocrates.

Talon, 67 ans, ne peut pas se présenter à nouveau après deux mandats et devrait se retirer avec un héritage de résultats mitigés : une croissance économique, qui a atteint 7 pour cent l’année dernière, mais aussi une répression contre l’opposition et ses détracteurs. En décembre, un groupe d’officiers militaires a également tenté, sans succès, de renverser le gouvernement de Talon.

Le nouveau président devra relever des défis majeurs, notamment un énorme fossé entre les pauvres et les aisés. Le taux de pauvreté est estimé à plus de 30 pour cent, et de nombreux Béninois se plaignent de ne pas avoir bénéficié des bénéfices de la croissance économique de la dernière décennie.

La croissance économique du Bénin dépendra également de l’amélioration de la sécurité et de la stabilisation du pays. Le Bénin a été l’État côtier d’Afrique de l’Ouest le plus durement touché par les combattants armés du Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), une filiale d’Al-Qaïda qui a réalisé des progrès majeurs dans la région centrale du Sahel.

Wadagni a promis de répondre aux questions essentielles comme l’élargissement de l’accès à l’eau potable et la garantie de soins de santé d’urgence, quelle que soit la capacité de payer.

« La prochaine phase du développement du pays sera l’éradication de l’extrême pauvreté. C’est l’une de ses priorités », a déclaré l’un des proches de Wadagni à l’agence de presse AFP.

« Un climat de peur »

Hounkpe a noté que la situation d’une grande partie des quelque 14 millions d’habitants du Bénin ne s’est pas améliorée sous les dirigeants précédents et a promis d’apporter des changements.

« Si nous faisons des progrès mais qu’aucun d’entre nous ne peut se permettre trois repas par jour, nous n’avons fait aucun progrès. Oui ou non ? » a-t-il demandé lors d’un rassemblement ce mois-ci.

Il a également dénoncé ce qu’il a décrit comme un climat de peur alors que l’espace politique de l’opposition se rétrécit et que la coalition au pouvoir détient tous les sièges à l’Assemblée nationale après que les démocrates n’ont pas réussi à remporter 20 pour cent des voix lors des dernières élections législatives, le seuil nécessaire pour entrer à l’Assemblée nationale.

Des résultats provisoires sont attendus mardi pour une élection au cours de laquelle de nombreuses personnes ont déclaré qu’elles ne voteraient pas.

« Je n’irai pas voter. Cette élection n’est pas inclusive. On ne peut pas parler d’une véritable compétition démocratique quand certains acteurs politiques clés sont exclus », a déclaré à l’AFP Arnold Dessouassi, un enseignant de 39 ans.

Dans un reportage depuis un bureau de vote de la ville portuaire de Cotonou, Ahmed Idris d’Al Jazeera a déclaré que le vote avait été lent et qu’aucune des urnes n’était pleine.

« Il y a une faible participation électorale le jour du scrutin », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que cette faible participation est due aux controverses entourant l’accréditation des candidats pour se présenter à l’élection.

D’autres électeurs ont parlé de l’élection présidentielle comme d’une formalité et ont exhorté Wadagni à respecter son programme.

« Une fois que le président Romuald Wadagni sera à la tête de ce pays, j’aimerais qu’il promeuve et aide les jeunes à trouver du travail car nous avons beaucoup de jeunes diplômés dans les rues au volant de ‘zem' », a déclaré Marcel Sovi, enseignant de 34 ans, à l’agence de presse Reuters, utilisant l’argot local pour désigner les motos-taxis.

Christelle Tessi, une commerçante de 40 ans, a ajouté que Wadagni devrait se concentrer sur l’amélioration de la sécurité dans le nord, où le JNIM a tué 54 soldats béninois lors d’une attaque il y a un an et 15 autres lors d’une attaque le mois dernier.

« Ce qui se passe au nord du Bénin, c’est que nos frères sont tués, et si un militaire part en mission là-bas, c’est son corps qui revient », dit-elle.

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