Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi que les États-Unis avaient subi une « défaite honteuse » face à l’Iran, dans un contexte de fortes tensions régionales, rapporte AFP.
Ces déclarations interviennent alors qu’un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril. Malgré cette trêve, Washington maintient un blocus des ports iraniens, en réponse au verrouillage par Téhéran du détroit stratégique d’détroit d’Ormuz, par lequel transitait auparavant environ un cinquième du pétrole mondial. Un responsable américain a évoqué la possibilité de prolonger cette mesure « pendant des mois ».
Dans un message écrit, Mojtaba Khamenei a affirmé : « Deux mois après le plus grand déploiement militaire et l’agression menés par les tyrans de ce monde dans la région, et après la défaite honteuse des Etats-Unis, un nouveau chapitre s’ouvre ».
De son côté, le président iranien Massoud Pezeshkian a dénoncé le blocus américain, le qualifiant de « prolongement des opérations militaires ».
Le président américain Donald Trump a estimé, dans un entretien accordé au média Axios, que cette mesure était « un peu plus efficace que les bombardements ». Selon ce média, il devait être informé de possibles nouvelles options militaires.
Par ailleurs, Israël a indiqué qu’il pourrait « devoir agir à nouveau » afin que l’Iran ne « redevienne pas une menace », selon son ministre de la Défense Israël Katz.
À Téhéran, des systèmes de défense antiaérienne ont été activés jeudi soir, sans précision sur l’origine de l’alerte. Le commandant de la force aérospatiale des Corps des Gardiens de la révolution islamique, Majid Moussavi, a averti qu’une éventuelle opération ennemie entraînerait « des frappes douloureuses, prolongées et étendues ».
Une crise énergétique mondiale
Les tensions ont eu des répercussions immédiates sur les marchés. Le prix du pétrole Brent a brièvement dépassé les 126 dollars le baril, un niveau inédit depuis 2022, avant de redescendre autour de 114 dollars.
Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, a estimé que « le monde est confronté à la plus grave crise énergétique de son histoire ».
Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, a également alerté sur « l’étranglement » de l’économie mondiale lié à la paralysie du détroit d’Ormuz.
De son côté, la Banque centrale européenne a mis en garde contre une « intensification » des risques pour l’inflation et la croissance en zone euro.
Situation tendue au Liban
Sur le terrain, les tensions persistent au Liban. Quinze personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes dans le sud du pays, selon les autorités locales.
Le président libanais Joseph Aoun a dénoncé des « violations persistantes » du cessez-le-feu. L’ambassade des États-Unis à Beyrouth a appelé à une rencontre entre ce dernier et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant que le Liban se trouve « à un tournant ».
Depuis le début des opérations militaires contre le mouvement Hezbollah, les autorités évoquent plus de 2.500 morts et plus d’un million de déplacés.
Malgré une trêve en vigueur et des discussions engagées le 11 avril à Islamabad, les efforts diplomatiques peinent à progresser.

