Le syndicat des joueurs conteste l’incapacité de l’État français à protéger les footballeurs professionnels des risques sanitaires et sécuritaires.
Publié le 8 mai 2026
Le syndicat des joueurs de football, la FIFPRO, salue une victoire juridique « historique » après qu’un organisme européen de défense des droits a accepté d’enquêter si l’État français n’a pas respecté les normes de travail pour les footballeurs professionnels.
La décision unanime du Comité européen des droits sociaux en mars marque la première fois qu’un syndicat de joueurs parvient à déposer une plainte collective au titre de la Charte sociale européenne. Cela ouvre la voie à une enquête visant à déterminer si la France n’a pas réussi à garantir de bonnes conditions de travail aux joueurs professionnels, y compris aux mineurs.
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La FIFPRO a décrit le cœur du différend comme l’incapacité de l’État français à protéger les footballeurs professionnels contre les risques pour la santé et la sécurité posés par un calendrier de matches internationaux encombré et en expansion, qui, selon elle, est motivé par les décisions unilatérales de la FIFA sur les formats de compétition.
L’édition inaugurale d’une Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, rebaptisée et élargie, a fait l’objet de critiques particulières de la part de l’ensemble du monde du football lorsqu’elle a été organisée l’année dernière.
Le gouvernement français avait demandé le classement de l’affaire, arguant que toute violation présumée du droit du travail relevait de la responsabilité d’organismes sportifs privés, tels que la FIFA ou la Fédération française de football, plutôt que de l’État.
Le Comité a rejeté cette objection, affirmant que les gouvernements nationaux restent légalement responsables de garantir que les droits fondamentaux des travailleurs soient respectés au sein de leur juridiction, qu’une entité privée gère ou non l’industrie.
La FIFPRO Europe, qui soutient l’Union nationale française des footballeurs professionnels (UNFP) dans cette affaire, a qualifié la décision de « cas signal » pour l’industrie.
Il a ajouté que la plainte met en évidence la façon dont les organes directeurs mondiaux « contournent fréquemment les normes nationales du travail concernant les périodes de repos et la négociation collective ».
La FIFPRO Europe a confirmé qu’elle apporterait son plein soutien à l’UNFP lors des prochaines procédures et a appelé les autres États européens à tenir les autorités du football pour responsables des « défaillances systémiques » qui, selon elle, donnent la priorité aux intérêts commerciaux plutôt qu’à la sécurité des joueurs.
« La France n’est pas seule : de nombreux autres Etats se trouvent dans une situation comparable, avec des normes minimales en matière de temps de travail, de périodes de « repos », de santé au travail et de négociation collective structurellement mises à mal par les décisions prises au niveau mondial », indique le communiqué.

