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Lundi, mai 18, 2026

Le Sénégal élu vice-président de l’Organisation mondiale de l’éducation islamique

  • Cette nomination renforce l’influence du Sénégal dans les efforts de réforme mondiale de l’éducation
  • Le rôle de l’ICESCO soutient les réformes nationales du programme scolaire et de l’éducation numérique au Sénégal

Le Sénégal a été élu vice-président de l’Organisation du monde islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ICESCO) lors de la 15e Conférence générale de l’organisation à Kazan, en Russie, donnant à Dakar un rôle de premier plan dans une organisation en pleine réforme.

Cette nomination reflète « la reconnaissance du rôle actif et de l’engagement soutenu du Sénégal au sein de l’ICESCO », selon un communiqué du ministère de l’Éducation nationale.

Cette nomination fait suite à plusieurs mois d’engagement diplomatique entre Dakar et l’organisation basée à Rabat. En novembre 2025, le directeur général de l’ICESCO, Salim M. AlMalik, a rencontré le ministre sénégalais de l’Éducation, Moustapha Guirassy, ​​en marge du 12e Sommet mondial de l’innovation pour l’éducation (WISE) à Doha.

AlMalik s’est ensuite rendu au Sénégal en mars à l’occasion de la Journée nationale du Daara, soulignant les efforts du pays en matière d’éducation inclusive, de préservation de la culture et de droits de l’enfant.

La nomination du Sénégal intervient alors que l’ICESCO accélère les réformes visant à combler les écarts en matière d’éducation entre les États membres. Lors de la 3e Conférence des ministres de l’Éducation tenue à Mascate en octobre 2024, l’organisation a mis en garde contre «les défis de l’exclusion auxquels sont confrontés de nombreux systèmes éducatifs dans les pays du monde islamique.»

En septembre 2024, l’ICESCO a lancé la Charte de Riyad sur l’éthique de l’intelligence artificielle, une initiative conçue pour former 25 000 jeunes à travers le monde islamique aux sciences et applications de l’IA. L’organisation a poursuivi sur cette lancée en février 2025, lorsque son Conseil exécutif a approuvé la création d’un centre de formation décrit comme « une plateforme intégrée proposant des programmes innovants » pour préparer les professionnels aux défis de demain.

A travers sa vice-présidence, le Sénégal a annoncé son intention de « contribuer activement aux priorités stratégiques de l’organisation et de renforcer la coopération multilatérale », selon le ministère. Le mandat donne au Sénégal quatre ans pour contribuer à façonner le programme de réforme de l’organisation.

Le Sénégal cherche à aligner son influence internationale sur la réforme nationale de l’éducation

Cette nomination intervient alors que l’administration du président Bassirou Diomaye Faye poursuit une vaste refonte du système éducatif sénégalais dans un contexte de défis structurels persistants. En juin 2025, l’Institut international de planification de l’éducation de l’UNESCO rapportait que près de 38 % des enfants sénégalais âgés de 6 à 16 ans n’étaient pas scolarisés.

Plus de 70% des élèves ne parviennent pas à acquérir les compétences de base en lecture et en calcul, selon la même source. Le taux brut de scolarisation dans le primaire s’est établi à 63% en 2023, tandis que près de la moitié des candidats ont échoué à l’examen du baccalauréat, selon les services du Premier ministre.

En réponse, le gouvernement a lancé la Nouvelle Initiative pour la transformation humaniste de l’éducation en janvier 2025, plaçant les valeurs africaines et l’éducation civique au centre du programme scolaire.

A l’approche de l’année universitaire 2025-2026, les autorités ont également adopté 32 mesures de réforme lors d’un conseil interministériel, dont une stratégie numérique nationale visant à former 105 000 enseignants aux outils numériques et à l’intelligence artificielle entre 2025 et 2029.

En juillet 2025, le président Faye a appelé à «une révision cohérente et pragmatique des curricula, voire une refonte systématique des programmes de formation», selon le procès-verbal du Conseil des ministres.

La vice-présidence de l’ICESCO offre au Sénégal une plate-forme internationale alors qu’il cherche à faire progresser la réforme de l’éducation dans son pays.

Félicien Houindo Lokossou

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