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La Banque africaine de développement (BAD) envisage de faire du financement privé un pilier central de la stratégie des infrastructures de transport du Sénégal pour 2026-2031.
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Les opérations non souveraines représenteront 42 % du programme indicatif, contre seulement 5 % du portefeuille actuel.
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Le Sénégal vise à étendre son réseau autoroutier au-delà de 900 km d’ici 2030 et à réhabiliter le corridor ferroviaire Dakar-Bamako malgré des contraintes budgétaires strictes.
Le nouveau document de stratégie pays de la Banque africaine de développement (BAD) pour 2026-2031 place le financement privé au centre des efforts visant à soutenir les grands projets de transport du Sénégal, alors que la dette extérieure restreint l’espace budgétaire.
Fin 2025, le portefeuille actif de la BAD au Sénégal totalisait 2,6 milliards de dollars répartis dans 37 opérations. Le secteur des transports représente à lui seul 36% des engagements, devant l’agriculture et la finance, confirmant son statut de secteur prioritaire pour la transformation économique du pays.
Ce changement stratégique intervient alors que plusieurs projets d’infrastructures critiques nécessitent des investissements substantiels. Bien que les autorités aient lancé plusieurs programmes d’infrastructures ces dernières années, la BAD a signalé que le réseau routier du Sénégal s’est détérioré entre 2019 et 2024, en grande partie à cause d’un entretien insuffisant.
Parallèlement, le gouvernement vise à étendre le réseau autoroutier national à plus de 900 kilomètres d’ici 2030 afin d’améliorer la mobilité des personnes et des marchandises.
Le secteur ferroviaire figure également parmi les priorités du gouvernement. Les autorités prévoient de réhabiliter la ligne ferroviaire Dakar-Bamako, un corridor commercial clé reliant le Sénégal et le Mali voisin. Le projet vise à renforcer l’intégration régionale tout en offrant une alternative plus compétitive au transport routier le long du corridor.
Pour financer ces ambitions dans un contexte de contraintes budgétaires importantes, la BAD prévoit d’augmenter considérablement son recours aux opérations non souveraines, qui bénéficient d’un financement direct du secteur privé sans garantie du gouvernement. La banque prévoit que ces opérations représenteront 42% du programme indicatif 2026-2031, contre seulement 5% du portefeuille actuel.
Les partenariats public-privé (PPP) devraient jouer un rôle croissant dans la réalisation des projets d’infrastructures de transport. En outre, la stratégie comprend des mécanismes de financement innovants tels que le recyclage des actifs. Dans le cadre de ce modèle, les gouvernements transfèrent l’exploitation ou la commercialisation des infrastructures existantes à des opérateurs privés et utilisent les bénéfices pour financer de nouveaux projets.
Cette approche devrait créer de nouvelles opportunités pour les concessionnaires d’infrastructures, les entreprises de transport et de logistique et les investisseurs institutionnels à la recherche d’actifs à long terme sur les marchés africains. Les solutions proposées pour le Sénégal reflètent une des approches préconisées par la BAD dans son Perspectives économiques en Afrique 2026 rapport.
La BAD a déclaré que les contraintes budgétaires et les défis de financement continuent d’alimenter le déficit d’infrastructures de l’Afrique, qu’elle estime à 1 300 milliards de dollars par an, même si le continent détient près de 4 000 milliards de dollars d’épargne inexploitée. Par conséquent, une plus grande mobilisation de capitaux privés pourrait accélérer la réalisation de projets d’infrastructures transformateurs sans accroître davantage les niveaux de dette publique. Toutefois, le succès de la stratégie dépendra de plusieurs facteurs.
Le Sénégal doit maintenir un cadre macroéconomique stable, renforcer l’entretien des infrastructures et structurer des projets susceptibles d’attirer des investissements privés à long terme. En outre, la qualité du cadre réglementaire des PPP et la capacité du gouvernement à développer des projets bancables joueront un rôle décisif pour attirer les investisseurs.
Pour les segments routier, ferroviaire et logistique, l’enjeu réside désormais dans la traduction de cette nouvelle approche de financement en projets d’infrastructures concrets sur le terrain.
Cet article a été initialement publié en français par Henoc Dossa
Adapté en anglais par Ange JA de Berry Quenum

