- La Guinée prévoit de lancer la compagnie privée United Aviation Services d’ici la fin du premier semestre 2027 avec une flotte initiale d’une dizaine d’avions axée sur les routes intérieures.
- Le gouvernement développe les infrastructures aéroportuaires régionales pour soutenir un réseau aérien national et améliorer l’accès aux principaux centres économiques.
- La stratégie aérienne fait partie du plan de développement plus large Simandou 2040, qui devrait accroître la demande de voyages d’affaires liés au secteur minier du pays.
United Aviation Services, la compagnie aérienne privée en cours de développement en Guinée, devrait démarrer ses opérations au plus tard à la fin du premier semestre 2027, a déclaré le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo.
Le transporteur prévoit de lancer ses opérations avec une flotte initiale d’environ 10 avions. La compagnie aérienne se concentrera d’abord sur la connexion des régions guinéennes avant de s’étendre progressivement sur les marchés ouest-africains. Le gouvernement n’a pas encore dévoilé l’identité de l’opérateur privé impliqué dans le projet.
Cette annonce fait suite à plusieurs initiatives antérieures visant à relancer l’ancienne compagnie nationale Air Guinée et à renforcer le secteur aéronautique du pays. Ces efforts comprenaient des discussions avec des compagnies aériennes internationales telles qu’Ethiopian Airlines et RwandAir.
En juillet 2025, l’Autorité de l’aviation civile guinéenne (AGAC) a signé un protocole d’accord avec la filiale africaine du groupe d’investissement Gewan Holding Company, basé à Abu Dhabi, pour développer les services de transport aérien, relancer le secteur et renforcer l’expertise aéronautique locale.
À travers cette nouvelle stratégie, le gouvernement guinéen vise principalement à remédier à la faible connectivité nationale. Dans un pays où les déplacements entre Conakry et plusieurs centres économiques régionaux dépendent encore largement du transport routier, le développement des services aériens intérieurs est devenu une priorité stratégique pour améliorer l’accès régional.
Des aéroports régionaux pour soutenir la mobilité économique
Le projet de compagnie aérienne ne représente qu’un pilier de la stratégie aéronautique de la Guinée. Dans le même temps, le gouvernement accélère la construction d’infrastructures aéroportuaires régionales afin de créer les conditions d’un réseau aérien intérieur plus dense.
La construction des aéroports de Kankan et de Labé est achevée à environ 65%, selon le ministre des Transports.
Pendant ce temps, la construction de l’aéroport de Beyla est achevée à près de 80 % et devrait s’achever prochainement.
Par ailleurs, les études de faisabilité des aéroports prévus à Faranah et N’Zérékoré ont été achevées, ouvrant la voie au démarrage des travaux de construction.
Le gouvernement espère que ces investissements permettront d’étendre les services aériens intérieurs tout en reliant plus étroitement les principales régions économiques du pays aux centres administratifs et aux marchés internationaux.
Simandou 2040 stimule la demande future
La transformation du réseau aérien guinéen s’inscrit dans la stratégie plus large Simandou 2040, qui vise à faire du développement des infrastructures et de l’exploitation minière les principaux moteurs de la croissance économique.
À mesure que les activités liées au projet minier de Simandou se développent, la demande de mobilité devrait augmenter parmi les investisseurs, les cadres, les travailleurs qualifiés et autres acteurs économiques opérant à travers le pays.
Dans ce cadre, le transport aérien devrait compléter les investissements en cours dans les infrastructures routières et ferroviaires. Le gouvernement estime que l’aviation peut permettre des voyages d’affaires plus rapides et faciliter les échanges entre les pôles économiques.
Le modèle économique durable reste un défi majeur
Malgré les ambitions du gouvernement, le succès de la stratégie dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la capacité à générer une demande suffisante de passagers, à contrôler les coûts d’exploitation et à établir un modèle économique durable.
L’histoire récente de l’aviation guinéenne illustre ces défis. L’effondrement d’Air Guinée a laissé un vide dans un marché qui nécessite encore d’importants investissements et un développement structurel.
Pour United Aviation Services, le succès dépendra donc non seulement de la construction d’une flotte et d’un réseau aéroportuaire modernes, mais également du développement d’un marché intérieur capable de soutenir des opérations à long terme.
À plus long terme, l’expansion régionale constituera un autre défi majeur. La compagnie aérienne sera en concurrence avec des transporteurs ouest-africains établis tels qu’Air Côte d’Ivoire, ASKY et Air Sénégal, qui exploitent tous déjà de vastes réseaux régionaux.
Hénoc Dossa

