- Le Sénégal a exonéré définitivement certains équipements et services agricoles de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) réduire les coûts d’investissement et encourager la mécanisation agricole.
- La mesure cible les investisseurs agréés au Code des investissements qui entreprennent des projets agricoles d’une valeur d’au moins 15 millions de francs CFA.
- La réforme fiscale complète les efforts plus larges du gouvernement pour étendre les services de machines agricoles, renforcer les compétences techniques et développer la capacité nationale d’assemblage de tracteurs.
L’Agence de Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX SA) a annoncé, lundi 27 juillet, que l’exonération de TVA est entrée en vigueur pour une liste de matériels agricoles, d’infrastructures et de services associés.
La mesure couvre les équipements utilisés pour la préparation des sols, la plantation, la fertilisation, l’irrigation et la récolte, ainsi que les machines pour l’horticulture, l’élevage et la production de volaille. Dans un communiqué publié sur son site Internet, l’APIX a déclaré que cette mesure met en œuvre un décret conjoint émis par les ministres chargés des finances et de l’agriculture. L’agence ajoute que l’exonération s’applique aux investisseurs agréés par le Code des investissements sénégalais qui entreprennent des projets d’une valeur d’au moins 15 millions de francs CFA.
Selon l’APIX, la réforme réduira le coût effectif des investissements agricoles en éliminant une charge fiscale qui pesait auparavant sur les entreprises éligibles.
« Jusqu’à présent, les entreprises agréées au Code des investissements bénéficiaient d’une suspension de TVA sur les achats locaux et les importations réalisées pendant la phase d’investissement. Cependant, les entreprises agricoles exerçant des activités exonérées de TVA ne pouvaient pas récupérer cette taxe une fois les opérations démarrées. La TVA suspendue est donc devenue un coût permanent, augmentant le coût effectif des investissements et limitant l’impact attendu des mesures incitatives. » dit le communiqué.
APIX a ajouté que la réforme offrira également aux développeurs de projets des réductions immédiates du coût des équipements agricoles tout en créant un environnement plus favorable à la mécanisation.
Nouvel outil pour soutenir la stratégie de mécanisation agricole de Dakar
La réforme fiscale intervient alors que le gouvernement sénégalais cherche à éliminer plusieurs obstacles structurels qui continuent de limiter la mécanisation agricole. Au-delà de la réduction des coûts des équipements, Dakar vise à développer un écosystème qui améliore également la disponibilité des machines, les services de maintenance et la formation des opérateurs.
Par exemple, les autorités ont inauguré le 21 juillet deux centres de service de machines agricoles dans la région nord de Saint-Louis, dans les départements de Dagana et de Podor. La Corée du Sud a soutenu le projet à travers son programme de coopération au développement. Selon le gouvernement, ces centres amélioreront l’accès des agriculteurs aux machines, renforceront l’entretien des équipements et augmenteront la production agricole dans la vallée du fleuve Sénégal.
L’initiative complète les investissements antérieurs dans le développement de la main-d’œuvre. En décembre 2025, les autorités ont inauguré un centre de compétences en mécanisation agricole à Podor pour former les jeunes à l’exploitation, à l’entretien et à la gestion des machines agricoles.
Parallèlement, le Sénégal vise également à renforcer la capacité nationale de fabrication de matériel agricole. En août 2025, le ministère de l’Agriculture a annoncé son intention de créer une usine nationale d’assemblage de tracteurs et de matériel agricole en partenariat avec le groupe turc Albayrak et d’autres partenaires.
L’installation améliorera la disponibilité des machines et soutiendra le programme « Allo Tracteurs » lancé en avril 2025, qui prévoit la création de 13 Centres d’Utilisation d’Équipements Agricoles (CUMA) dans plusieurs régions.
Les niveaux de mécanisation restent faibles
Ces initiatives visent à remédier au niveau relativement faible de mécanisation agricole du Sénégal.
Selon la Direction de l’analyse, de la prospective et des statistiques agricoles (DAPSA), seuls 11% des ménages agricoles ont utilisé du matériel agricole motorisé au cours de la campagne agricole 2022/2023.
La suppression permanente de la TVA sur certains équipements constitue donc une incitation supplémentaire à réduire les coûts d’accès pour les agriculteurs. Cependant, cette mesure ne résoudra pas à elle seule les contraintes structurelles du secteur, notamment le financement des investissements, les services de maintenance et la formation des utilisateurs.
En combinant des incitations fiscales avec des centres de service de machines et le développement des compétences, les autorités sénégalaises visent à accélérer l’adoption d’équipements agricoles mécanisés et à faire progresser les objectifs de modernisation agricole et de souveraineté alimentaire du pays.
Cet article a été initialement publié en français par Stéphanas Assocle
Adapté en anglais par Ange J. A de Berry Quenum

