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Mardi, septembre 29, 2026

Séoudji, un village du Bondou dans un besoin urgent de services sociaux de base

SENEGAL-SOCIETE-DECOUVERTE

Tambacounda, le 29 sept (APS) – Séoudji, un village situé au cœur du Boundou, à cheval entre Tambacounda et Bakel, peut compter sur un potentiel important, lié aux caractéristiques de ce terroir traditionnel connu comme un carrefour stratégique d’échanges, d’exil et de brassage culturel. Mais en raison de l’enclavement et du manque d’infrastructures sociales de base, le quotidien des 3000 habitants de Séoudji se trouve fortement contrarié.

Après plusieurs heures de route depuis Tambacounda, via Balla et Goudiry, la plaque indiquant le village se découvre. Séoudji appartient à la commune de Sinthiou Fissa, dans l’arrondissement de Bélé. Il se situe à environ 148 kilomètres de la commune de Tambacounda.

En cette période d’hivernage, le village est enveloppé par les magnifiques paysages du Bondou, historiquement reconnu comme une terre d’agriculture et d’élevage.

Séoudji compte plus de 3 000 habitants et se trouve à seulement un kilomètre de la route nationale (RN1), mais reste d’un accès difficile, qui passe par une piste latérite difficile à pratiquer durant la saison des pluies, depuis la route nationale.

Le calvaire  de l’accès à l’eau

Devant un mini-forage solaire, le seul disponible dans le village, deux femmes recueillent de l’eau. À côté d’elles, de nombreux bidons en plastique posés sur un sol boueux parsemé de flaques d’eau attendent d’être remplis. L’eau s’écoule d’un tuyau noir flexible surélevé. Le flux est dirigé directement dans l’ouverture d’un bidon jaune.

Diénaba Sow, mère de famille et habitante de Séoudji, tire la sonnette d’alarme.

“Parfois, on se lève au milieu de la nuit ou à l’aube pour chercher de l’eau. Il arrive même que l’on doive quitter notre village pour se rendre dans un autre afin de trouver le précieux liquide. Quand nos enfants se lèvent le matin, ils ne peuvent pas se laver avant d’aller à l’école. Même pour boire ou pour trouver de quoi préparer le déjeuner, nous rencontrons parfois de grandes difficultés”, dit-elle.

Perchée devant le mini-forage, le tuyau à la main, Famata Nguet remplit ses bidons d’un geste subtil tout en plaidant pour la construction d’un château d’eau au profit des habitants de Séoudji.

“Notre seul problème est lié à l’accès à l’eau. Nous demandons aux autorités de nous aider à obtenir un château d’eau. Nous restons devant ce forage solaire plus de trois heures pour avoir de l’eau. Pour remplir 20 récipients de 20 litres, nous devons débourser 500 francs CFA, sans compter les longues files d’attente”, confie-t-elle.

Moussa Sow habite la concession située juste à côté du mini-forage solaire. Il partage le même constat que les autres habitants.

“Séoudji fait partie des plus grands villages de la commune de Sinthiou Fissa, mais nous n’avons toujours pas d’eau. Le réseau nous manque énormément et nous manquons aussi d’infrastructures sanitaires. Les éleveurs doivent parcourir de longues distances pour abreuver le bétail. Nous méritons vraiment un véritable forage”, fait-il savoir.

Santé et infrastructures, des besoins depuis l’indépendance

Vêtu d’un grand boubou, le chef du village de Séoudji, Amadou Sow, déplore le manque d’infrastructures sanitaires et l’enclavement de la localité.

“Nous avons des difficultés liées à l’accès à l’eau et à la santé. Nos routes ne sont pas praticables, surtout en période d’hivernage. Notez bien que nous vivons avec ces problèmes depuis les indépendances”, relève-t-il.

Il s’y ajoute les craintes de vivre une année “difficile car la saison n’a pas été très pluvieuse, ce qui fait que nos cultures ne se portent pas bien. Nous demandons aux autorités de prendre des mesures pour soutenir les paysans et anticiper cette situation”, a poursuivi le chef de village.

À l’entrée droite de Séoudji, se dresse un nouveau bâtiment. Il s’agit du poste de santé, construit par les populations avec l’apport de la diaspora.

Pour Diénaba Sow, l’équipement en matériel et en ressources humaines de ce poste relève d’une nécessité absolue.

“Nous avons un poste de santé, mais il n’est pas fonctionnel. Quand une femme arrive au terme de sa grossesse, on est obligé de l’emmener à Sinthiou Fissa ou à Goudiry. Parfois, certaines d’entre elles donnent naissance en cours de route, à bord des charrettes”, signale-t-elle.

L’accès à l’éducation enregistre pour sa part une avancée majeure, en dépit des difficultés logistiques rencontrées durant l’année scolaire.

L’école élémentaire de Séoudji compte six classes, incluant tous les cycles du préscolaire au CM2.

L’État a construit deux salles de classe, les habitants du village se sont chargés du reste avec l’appui de la diaspora. Un autre bon point, c’est que l’établissement compte également un centre d’examen pour le Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE).

Les habitants réclament toutefois l’ouverture d’un collège à Séoudji pour éviter aux élèves de quitter trop tôt le cocon familial pour la suite de leurs études.

“Jusqu’à présent, nous n’avons pas de collège. Nous avons fait les démarches nécessaires, mais nous n’avons toujours pas reçu de réponse favorable. Nous avons également besoin d’autres salles de classe, étant donné que le village grandit de jour en jour”, a expliqué Demba Nguet, habitant du village et professeur de  sciences de la vie et de la terre.

“Séoudji est un village carrefour, si on y construisait un collège, tous les autres villages de la zone pourraient venir y étudier”, a-t-il conclu.

ABD/BK

 

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