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Vendredi, octobre 9, 2026

Cheikhou Oumar Ba dresse un bilan “relativement satisfaisant” de la campagne agricole 2026-2027

SENEGAL-AGRICULTURE-POINT

Diamniadio, 9 oct (APS) – La campagne agricole 2026-2027, globalement satisfaisante, est cependant marquée par de fortes disparités pluviométriques, des pertes localisées et des défis persistants en matière d’eau, de mécanisation et de commercialisation, a indiqué le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.

Cheikhou Oumar Ba s’exprimait lors d’une conférence de presse, jeudi, à Dakar, une rencontre au cours de laquelle il a fait le bilan d’une tournée qu’il a effectuée dans les treize régions du pays, pour s’enquérir sur le terrain du déroulement de la campagne agricole 2026-2027.

Effectuée en plusieurs étapes entre juillet et octobre, cette tournée a permis au ministre de l’Agriculture d’évaluer la présente campagne agricole, depuis la mise en place et la cession des intrants.

“Ce qui particularise l’action du gouvernement cette année, c’est la méthode”, qui a permis un “suivi très rapproché” de la campagne agricole se traduisant par un “contact permanent” avec les agropasteurs.

Selon lui, le calendrier de mise en place des intrants a été respecté, avec 85 % des intrants mis à disposition au 10 juillet et 100 % au 31 juillet.

Le bilan fait toutefois ressortir “une campagne contrastée” sur le plan pluviométrique, d’après le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage.

“Dans le sud, le bassin arachidier nord et l’axe Louga-Linguère, les cultures évoluent globalement bien, alors que des pauses pluviométriques de deux à trois semaines ont affecté certaines zones du centre-est et du nord”, a-t-il dit.

A Kaffrine, par exemple, 20 postes pluviométriques sur 33 restent déficitaires par rapport à l’année précédente, a relevé le ministre de l’Agriculture, signalant notamment des pertes à prévoir dans six communes de Koungheul, ainsi qu’à Payar, Kouthiaba Wolof, Koumpentoum, Ndame, Nganda, Boulel, Kamb Souf et Ndioumane.

“Dans la vallée [du fleuve Sénégal], l’absence de crue à Podor compromet les cultures de décrue, tandis que la crue du fleuve Gambie a inondé une quarantaine d’hectares à Salémata et Kédougou”, a-t-il indiqué.

Il note toutefois que ces difficultés restent localisées et que la situation ne peut être définitivement évaluée avant la fin de la campagne.

“Un bilan géolocalisé des pertes doit être établi après le 12 octobre, tandis que les prévisions de récolte sont attendues vers la fin octobre”, selon le ministre de l’Agriculture.

Cheikh Oumar Ba a par ailleurs relevé deux facteurs susceptibles de limiter l’impact des baisses de rendement, à savoir l’augmentation des superficies cultivées et les prévisions de pluies tardives annoncées par l’ANACIM. Celles-ci sont favorables aux cultures tardives et à la maturation du coton.

Pour le ministre, cette situation confirme surtout la nécessité de réduire la dépendance de l’agriculture à la pluviométrie, la volonté du gouvernement étant ainsi de “passer d’une agriculture qui attend la pluie à une agriculture qui produit toute l’année “.

Dans cette perspective, il annonce que 208 forages nouveaux ou réhabilités ont été réalisés en 2026, tandis que 79 forages solaires sont prévus dans onze régions en 2026-2027.

Un autre programme prévoit 100 forages solaires au profit de 50 coopératives, pour irriguer 5.000 hectares, dont 1.000 hectares de cultures fourragères, a-t-il dit.

Selon Cheikh Oumar Ba, le gouvernement prévoit également l’acquisition de 500 mini-tracteurs et 500 motoculteurs, avec une livraison avant la fin de l’année.

Il compte aussi développer la plateforme “Sunu Allo Tracteur”, consistant à subventionner les heures de service plutôt que l’acquisition directe des machines.

“Suñu Allo Tracteur” est une plateforme digitale et un programme de mécanisation agricole mettant en relation les producteurs avec des prestataires de services motorisés.

Sur le plan pastoral, Cheikh Oumar Ba souligne que si les pâturages et les points d’eau restent globalement disponibles, les pauses pluviométriques ont créé des déficits fourragers dans plusieurs localités, notamment à Matam, Louga, Tambacounda et Kaffrine.

Pour atténuer l’impact de cette situation, il a annoncé “un plan national de réponse qui prévoit 3,1 milliards de francs CFA pour l’assistance pastorale et l’acquisition d’aliments de bétail”.

Le ministre affirme avoir fait le constat, au terme de sa tournée, d’un secteur qui a enregistré des progrès en termes de mise en place des intrants et d’extension des superficies, mais reste vulnérable aux aléas pluviométriques, d’où la nécessité d’accélérer la maîtrise de l’eau, la mécanisation, l’assurance et surtout la sécurisation des débouchés.

Il annonce, dans cette logique, la poursuite du suivi de proximité et une anticipation accrue des prochaines campagnes, avec l’objectif de mieux adapter les politiques agricoles aux réalités de chaque zone agroécologique.

TAB/BK

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