SENEGAL-SANTE-SOCIETE
Dakar, 27 oct (APS) – Le professeur Bamba Kane, coordonnateur du Programme national de lutte contre les hépatites (PNLH), s’est engagé, ce mardi, à porter le plaidoyer en faveur de la gratuité du traitement de l’hépatite B, estimant que le coût des médicaments de cette maladie constitue encore un obstacle à la prise en charge des patients au Sénégal.
”Aujourd’hui, nous devons tendre vers la gratuité du traitement”, a-t-il déclaré lors d’un atelier national sur le bilan des activités de recherche, de formation et de soins de la cohorte SEN-B, mais aussi sur les perspectives pour la période 2026-2030.
”Le +ténofovir+, l’un des médicaments les plus utilisés contre l’hépatite B, reste payant malgré sa subvention, ce qui porte le prix de la boîte à 5 000 francs CFA”, a-t-il déploré.
Le coordonnateur du PNLH a salué les résultats du projet SEN-B dirigé par le professeur Moussa Seydi. ”Ce projet a permis à plus de 1000 patients de bénéficier gratuitement de consultations, d’examens biologiques, d’échographies et de traitements”, a-t-il souligné.
Pour lui, ”le projet SEN-B est un modèle à développer et à promouvoir”, estimant que le Sénégal a besoin d’initiatives similaires pour renforcer la lutte contre l’hépatite B.
Le professeur Kane a également magnifié l’importance des données scientifiques produites par cette cohorte, qui pourraient, selon lui, servir d’arguments pour mobiliser davantage de financements auprès des partenaires nationaux et internationaux.
Il a cependant déploré l’insuffisance des moyens affectés à la lutte contre les hépatites au regard de l’ampleur du problème de santé publique, avant de plaider pour un engagement financier plus important afin d’améliorer la prévention et l’accès aux soins des malades.
La présidente de l’association Safara Hépatite Sénégal, Fatou Nguirane, a salué la contribution du projet à l’élargissement du réseau de l’organisation et à l’identification de personnes concernées par la maladie dans différentes localités du pays.
Cette cartographie facilite, selon elle, l’orientation des patients vers les services de prise en charge et de traitement.
La responsable associative a toutefois exprimé ses préoccupations concernant la hausse annoncée des coûts du dépistage, de la vaccination et des bilans médicaux.
De ce fait, elle invite les responsables du Programme national de lutte contre les hépatites à rendre ces services plus accessibles, réitérant l’engagement des associations en faveur d’une réduction du coût global de la prise en charge.
Le projet SEN-B, lancé en 2019, associe recherche clinique, prévention, sciences sociales et formation. Sa nouvelle phase, prévue jusqu’en 2030, doit notamment permettre de mieux évaluer l’efficacité des traitements, d’étudier les difficultés rencontrées par les patients et d’affiner les projections sur l’évolution de l’épidémie au Sénégal.
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