La République démocratique du Congo a déposé une plainte contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice (CIJ), accusant son voisin d’avoir violé plusieurs traités internationaux.
Dans un communiqué, la République démocratique du Congo a déclaré que le Rwanda avait envoyé des forces et soutenu des groupes armés pour mener des opérations militaires illégales sur son territoire à la suite du génocide rwandais de 1994.
Vendredi, le ministre congolais de la Justice, Guillaume Andali, a déclaré que son pays cherchait à rendre des comptes pour les violations présumées des conventions couvrant la prévention du génocide, la discrimination raciale, les droits des femmes et la torture.
Le Rwanda n’a pas encore répondu à la demande de la RDC, mais il a longtemps rejeté les preuves selon lesquelles il soutient les groupes rebelles dans le pays.
Les experts de l’ONU et les gouvernements occidentaux font partie des diverses parties qui affirment que le Rwanda soutient le M23, un groupe armé majeur dans l’est de la RDC.
La requête du pays demande à la CIJ, basée aux Pays-Bas, d’ordonner au Rwanda de cesser ses crimes présumés et d’accorder des réparations aux autorités congolaises et à ses victimes.
La CIJ va maintenant examiner ces allégations.
Ce n’est pas la première fois que la RD Congo dépose une plainte contre le Rwanda devant la CIJ.
Une première affaire a été abandonnée par les autorités congolaises en 2001. En 2006, la CIJ a rejeté une deuxième affaire, affirmant qu’elle ne pouvait pas poursuivre parce que le Rwanda n’avait pas reconnu sa compétence.
Le conflit qui dure depuis des décennies en République démocratique du Congo trouve son origine dans le génocide rwandais de 1994.
Environ 800 000 personnes – pour la plupart issues de la communauté tutsie – ont été massacrées par des extrémistes hutus.
Craignant des représailles, environ un million de Hutus ont alors fui vers l’actuelle République démocratique du Congo. Cela a attisé les tensions ethniques alors qu’un groupe tutsi marginalisé dans l’est – les Banyamulenge – se sentait de plus en plus menacé.
L’armée rwandaise a envahi à deux reprises la République démocratique du Congo, affirmant qu’elle poursuivait certains des responsables du génocide et qu’elle travaillait avec des membres des Banyamulenge et d’autres groupes armés.
L’un des groupes hutu, les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui comprend certains des responsables du génocide rwandais, est toujours actif dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le Rwanda décrit les FDLR comme une « milice génocidaire » et affirme que son existence continue dans l’est de la République démocratique du Congo menace son propre territoire.
Le Rwanda accuse les autorités congolaises de collaborer avec les FDLR. La RD Congo nie.
Le conflit a éclaté en janvier dernier, lorsque le M23 s’est emparé d’une grande partie de l’est, riche en minerais, y compris la capitale régionale Goma.
Les combats se sont poursuivis malgré la signature, en décembre, d’un accord de paix entre le Rwanda et la République démocratique du Congo, mené par les États-Unis.

