Malgré les progrès du football sénégalais sur la scène internationale, les clubs locaux continuent de rencontrer d’importantes difficultés dans les compétitions africaines. Les éliminations de Teungueth FC et de Diambars illustrent un problème qui dépasse les simples résultats sportifs : celui de la compétitivité du championnat national.
Une nouvelle désillusion continentale
La campagne africaine des clubs sénégalais s’est achevée prématurément.
Champion du Sénégal, Teungueth FC a été éliminé par Colombe Sportive du Cameroun au deuxième tour préliminaire de la Ligue des champions de la CAF.
Après une défaite 2-0 à l’aller, les Rufisquois se sont de nouveau inclinés au retour (1-0), quittant la compétition sur un score cumulé de 3-0.
De son côté, Diambars a été éliminé dès le premier tour de la Coupe de la CAF par les Tunisiens de Zarzis.
Ces contre-performances prolongent une série de difficultés pour les représentants sénégalais.
Le calendrier du championnat pointé du doigt
L’une des principales explications concerne le démarrage tardif du championnat national.
Lorsque les clubs sénégalais disputent leurs premiers matchs continentaux, certains adversaires bénéficient déjà d’un rythme de compétition plus élevé.
Cette différence peut se traduire par un manque d’automatismes, une préparation incomplète et des difficultés à maintenir une intensité suffisante pendant les rencontres.
Mais le calendrier ne peut expliquer à lui seul toutes les éliminations.
Des recrutements adaptés au championnat, mais pas toujours à l’Afrique
Les ambitions nationales et continentales ne répondent pas nécessairement aux mêmes exigences.
Un effectif capable de remporter la Ligue 1 sénégalaise n’est pas automatiquement préparé à rivaliser avec les meilleures formations africaines.
La profondeur de banc, l’expérience internationale, la solidité défensive et l’efficacité offensive deviennent déterminantes lors des matchs à élimination directe.
Les clubs doivent donc réfléchir à des politiques de recrutement qui dépassent la simple conquête du titre national.
La responsabilité de tout un système
Les difficultés des clubs sénégalais concernent également les instances chargées de l’organisation du football professionnel.
La Ligue sénégalaise de football professionnel et la Fédération sénégalaise de football ont un rôle à jouer dans l’amélioration du calendrier et des conditions de préparation.
Les clubs doivent, de leur côté, renforcer leur planification sportive, leur stabilité et leur capacité à conserver leurs meilleurs éléments.
Le football sénégalais doit changer de dimension
Le Sénégal possède un important vivier de talents et une réputation internationale renforcée par les performances de ses sélections nationales.
Mais cette réussite ne se traduit pas encore suffisamment dans les compétitions interclubs.
Pour inverser cette tendance, il faudra améliorer la compétitivité du championnat, professionnaliser davantage les structures et construire des projets sportifs capables de résister aux exigences continentales.
Le véritable défi du football sénégalais n’est plus seulement de produire des champions nationaux, mais de former des clubs capables de gagner et de durer sur la scène africaine.
Source : d’après l’analyse de Fatou Sabaly publiée dans SCORE 221, novembre 2026, pages 27-29. Adaptation et rédaction : SunuSport.com.
Football sénégalais : pourquoi nos clubs peinent toujours à s’imposer en Afrique

