Islamabad frappe les installations de Kandahar après que des drones talibans ont frappé des zones civiles et des sites militaires alors que le conflit s’intensifie.
Publié le 14 mars 2026
Le Pakistan a mené des frappes contre une installation militaire afghane à Kandahar après que des drones talibans ont ciblé des zones civiles et des installations militaires à travers le pays.
Les frappes de samedi ont eu lieu après que le président pakistanais Asif Ali Zardari a condamné les attaques nocturnes de drones, avertissant Kaboul qu’elle avait « franchi une ligne rouge en tentant de cibler nos civils ».
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L’armée pakistanaise a déclaré que les drones, décrits comme produits localement et rudimentaires, avaient été interceptés avant d’atteindre leurs cibles, bien que les chutes de débris aient blessé deux enfants à Quetta et des civils à Kohat et Rawalpindi.
Une source sécuritaire a déclaré à l’agence de presse AFP que l’espace aérien autour de la capitale, Islamabad, avait été temporairement fermé lorsque les drones ont été détectés.
Islamabad a déclaré que les installations de Kandahar avaient été utilisées à la fois pour lancer des attaques de drones et comme base pour les activités rebelles transfrontalières.
Cet échange marque l’escalade la plus brutale jamais connue dans un conflit qui s’est intensifié depuis fin février, lorsque le Pakistan a lancé des opérations militaires contre ce qu’il prétend être des combattants talibans pakistanais réfugiés sur le sol afghan.
Islamabad accuse également Kaboul d’héberger des combattants de la filiale de l’EI dans la province du Khorasan.
Le gouvernement taliban a nié les deux accusations.
Les attaques de drones font suite à des frappes pakistanaises sur Kaboul et dans les provinces frontalières orientales de l’Afghanistan dans la nuit de jeudi à vendredi. Les attaques pakistanaises ont tué quatre personnes dans la capitale, dont des femmes et des enfants, et deux autres dans l’est.
Dans le quartier Pul-e-Charkhi de Kaboul, un habitant a décrit avoir été enterré sous les décombres après que sa maison a été touchée, affirmant qu’il était allongé là, croyant que c’était son « dernier souffle » avant que les voisins ne le libèrent.
Un représentant local a déclaré à l’AFP que les personnes tuées étaient « des gens ordinaires, des gens pauvres », sans aucune implication dans le conflit.
Des avions pakistanais ont également percuté un dépôt de carburant appartenant à la compagnie aérienne privée Kam Air, près de l’aéroport de Kandahar, qui, selon un responsable de l’aéroport, approvisionnait des organisations humanitaires, notamment les Nations Unies et le Comité international de la Croix-Rouge.
Le responsable a ajouté qu’il n’y avait « aucune installation militaire » sur le site.
Le ministère afghan de la Défense a affirmé que ses forces avaient capturé un poste frontière pakistanais et tué 14 soldats.
Islamabad a rejeté cette affirmation comme étant sans fondement, le porte-parole du Premier ministre accusant les talibans de « tisser des fantasmes » plutôt que de démanteler les réseaux rebelles sur le territoire afghan.
La mission de l’ONU en Afghanistan affirme qu’au moins 75 civils ont été tués et 193 blessés depuis l’intensification des hostilités le 26 février, un bilan qui comprend 24 enfants.
Selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, environ 115 000 personnes ont été contraintes de quitter leur foyer.
La crise se développe alors que la région dans son ensemble reste engloutie par la guerre américano-israélienne contre l’Iran, qui a commencé deux jours seulement après l’escalade des affrontements entre le Pakistan et l’Afghanistan.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a exhorté les deux parties à poursuivre le dialogue, avertissant qu’une force supplémentaire ne ferait qu’aggraver la crise, bien que son appel soit intervenu alors que des avions pakistanais survolaient déjà Kandahar.



