L’affaire impliquant Sidikh Traoré, chroniqueur sur la chaîne Allô Sénégal, a connu un nouveau développement avec la présentation d’excuses publiques au chef de l’État sénégalais. Interpellé mercredi par la Section de recherches (SR), cet informaticien de 39 ans a été déféré au parquet dès le lendemain pour des faits qualifiés d’offense au Président de la République.
Le même jour, il a été placé sous mandat de dépôt. Son procès est prévu en flagrant délit ce mardi 24 mars, devant la juridiction compétente. Cette procédure rapide intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux propos jugés attentatoires aux institutions.
Les faits reprochés à Sidikh Traoré remontent à une intervention lors d’une émission diffusée sur la plateforme Allô Sénégal. Au cours de cette prise de parole, il avait tenu des propos visant directement le président Bassirou Diomaye Faye, en utilisant une expression jugée offensante, avant d’ajouter qu’« un traître restera un traître ». Ces déclarations ont rapidement suscité des réactions et conduit à son interpellation.
Face aux enquêteurs, le mis en cause a tenté de contextualiser ses propos. Il a affirmé qu’il ne s’adressait pas directement au chef de l’État, mais plutôt à un « frère de parti ». Se présentant comme un militant engagé, notamment au sein de Pastef à Thiès, il a expliqué s’être fortement investi dans la campagne ayant conduit à l’élection de Bassirou Diomaye Faye à la magistrature suprême.
Sidikh Traoré a également évoqué son attachement à la continuité de son engagement politique aux côtés de Ousmane Sonko, figure majeure du parti. Selon ses déclarations, sa sortie médiatique s’inscrivait dans une « réponse politique » à certaines prises de position émanant de membres de la coalition « Diomaye Président ».
Cependant, à l’instar d’autres personnes poursuivies pour des faits similaires, il a finalement choisi de revenir sur ses propos. Devant les enquêteurs, puis dans le cadre de la procédure judiciaire, Sidikh Traoré a indiqué retirer ses déclarations et a présenté ses « plates excuses » au Président de la République.



