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Les chercheurs réunis à Alger ont appelé à une plateforme académique à l’échelle du continent pour le théâtre africain afin d’améliorer la coopération, la formation et la mobilité des étudiants
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La proposition répond à l’absence d’un système largement adopté pour reconnaître les qualifications en arts du spectacle dans les pays africains.
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Sans une plus grande harmonisation, les festivals pourraient renforcer les liens culturels mais offriraient une aide limitée aux artistes formés à la recherche d’opportunités académiques et professionnelles au-delà des frontières.
Des universitaires algériens et internationaux ont appelé à une plateforme académique dédiée au théâtre africain lors d’une conférence internationale à Alger, mardi 14 juillet. La conférence a porté sur les arts du spectacle en Afrique.
L’événement s’est déroulé dans le cadre du premier Festival de théâtre universitaire algéro-africain, qui se déroule du 13 au 19 juillet 2026, au Théâtre national algérien Mahieddine Bachtarzi. Des délégations étudiantes de 16 pays africains participent à ce festival, organisé par le ministère algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique en coordination avec le ministère de la Culture et des Arts.
L’appel des universitaires met en évidence un fossé plus large dans la coopération universitaire africaine : aucun système à l’échelle du continent ne garantit actuellement la reconnaissance mutuelle des diplômes artistiques que les étudiants obtiennent dans leur pays d’origine.
L’harmonisation des qualifications reste un défi continental
Le théâtre universitaire a néanmoins de fervents défenseurs. A l’Université d’Alger 2, qui coordonne le programme Théâtre à l’Université, Hadjer Siraoui le décrit ainsi : «un outil intellectuel et pédagogique qui contribue au développement personnel de l’étudiant et renforce ses capacités de communication et de pensée critique, ainsi que son esprit d’initiative et sa capacité à travailler en équipe.»
La Convention révisée sur la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur africain, soutenue par l’UNESCO, a été adoptée en 2014 pour soutenir une telle mobilité. L’accord vise à faciliter les échanges d’étudiants et la mobilité académique à travers l’Afrique et couvre en principe toutes les disciplines, y compris les arts du spectacle.
Elle a remplacé une convention antérieure adoptée à Arusha en 1981, considérée comme obsolète à mesure que les inscriptions universitaires augmentaient. Seuls 13 pays, dont le Sénégal, le Burkina Faso et la Guinée, avaient ratifié la convention révisée lors de son entrée en vigueur en 2019. La participation reste limitée par rapport aux 54 pays du continent, laissant la reconnaissance des diplômes acquis à Alger, Dakar ou Bamako incertaine ailleurs en Afrique.
Au-delà des échanges culturels, le défi des perspectives de carrière
Les rassemblements étudiants tels que le Festival d’Alger contribuent à tisser des liens culturels solides, mais ils ne suffisent pas à garantir des opportunités de carrière aux jeunes artistes ayant une formation formelle. Le problème dépasse le symbolisme. L’Afrique a la population la plus jeune du monde, avec plus de 400 millions de personnes âgées de 15 à 35 ans, selon l’Union africaine.
Les industries culturelles et créatives du continent pourraient valoir plus de 50 milliards de dollars, mais la Banque africaine d’import-export, ou Afreximbank, affirme que leur potentiel est limité par le manque de règles harmonisées entre les pays.
En juin 2026, l’Autorité d’assurance qualité de l’enseignement supérieur du Sénégal a appelé davantage de pays à ratifier la convention. Son secrétaire exécutif, Massamba Diouf, préside le comité de suivi de la convention. Il n’a pas encore été annoncé si la reconnaissance des diplômes en arts du spectacle sera inscrite à l’ordre du jour de la commission.
Félicien Houindo Lokossou

