La contestation citoyenne prend de l’ampleur au Sénégal face à la dégradation du pouvoir d’achat. C’est ainsi que la campagne citoyenne « 30 jours pour le juste prix » a été lancée au Sénégal pour dénoncer la hausse du coût de la vie et exiger des actions urgentes et concrètes contre l’inflation.
Le mouvement qui revendique déjà plus de 3 000 consommateurs veut inciter les autorités à prendre des mesures plus fermes contre la hausse des prix. La campagne prévoit notamment le boycott progressif de certains produits dont les prix sont jugés excessifs. Une marche pacifique est également annoncée à Dakar pour réclamer plus d’actions de la part des pouvoirs publics.
La hausse des prix des denrées de première nécessite étrangle les ménages au Sénégal. Les consommateurs réclament des mesures urgentes pour préserver leur pouvoir d’achat. Le prix de la viande illustre cette flambée. Le kilogramme de la viande de bœuf qui se négociait encore à 4 000 F CFA il y a quelque temps, atteint désormais 5 500 F CFA tandis que celui du mouton se négocie jusqu’à 7 000 F CFA dans certains points de vente.
La viande n’est pas la seule denrée concernée par cette flambée. Le gouvernement du Sénégal a décidé de procéder, à compter du samedi 15 août 2026, a une hausse sur les prix des carburants automobiles Selon un arrêté ministériel, le prix du Supercarburant passe de 920 FCFA à 990 F CFA le litre, soit 70 F CFA de plus par litre. Le prix du litre de Gasoil passe également de 690 FCFA à 755 F CFA le litre, représentant une augmentation de 75 F CFA de plus par litre.
L’oignon, une denrée qui accompagne la plupart des plats du quotidien a vu ses prix grimper. De 700, le prix est passé à 750 francs CFA le kilogramme désormais dans certains marchés sénégalais. Le sac, lui, coûte entre 13 000 et 18 000 francs CFA.
En outre, en cette période de chaleur, les consommateurs dénoncent la cherté des recharges d’électricité. En cause, la hausse des recharges du service Woyofal, un service de prépaiement de Senelec (Société nationale d’électricité).
Dans sa communication au Conseil des ministres du mercredi 2 septembre, le président Bassirou Diomaye Faye s’est montre sensible à ces préoccupations. A cet effet, il a souligné l’importance primordiale qu’il accorde à la préservation du pouvoir d’achat des ménages ainsi qu’à la mise en œuvre de mesures de lutte contre la cherté de la vie, par la maitrise des prix des denrées et services de consommation courante.
A cet effet, il a insisté sur l’application rigoureuse des instruments adaptés de la loi sur les prix et la protection du Consommateur, en cohérence avec notre politique de souveraineté alimentaire.
Le Président de la République du Sénégal souligne l’impératif de réguler les coûts des loyers, avec le déploiement efficace des dispositifs réglementaires et coercitifs appropriés.
Il a insisté, en outre, sur la nécessité d’asseoir un système de veille stratégique pour sécuriser durablement l’ensemble des approvisionnements du pays et d’accentuer les efforts de relance économique dans une dynamique de maitrise et d’assainissement exceptionnel des finances publiques, de promotion de l’investissement productif soutenue par des financements et partenariats adaptés.
Dans ce cadre, il a rappelé au Premier Ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de mesures hardies de relance des filières et secteurs essentiels, en liaison avec les acteurs privés. L’EconomisteSénégal

