- La CEDEAO exhorte ses membres à consacrer 5% de leurs budgets nationaux aux énergies renouvelables et au développement rural
- Le Nigeria, le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Sénégal sont en tête de la région en matière de capacité d’énergie renouvelable
- Le bloc estime qu’il faut davantage d’énergie solaire et éolienne pour renforcer la sécurité énergétique.
Le Parlement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a appelé les États membres à allouer au moins 5 % de leurs budgets nationaux aux énergies renouvelables et au développement rural afin de contribuer à combler le déficit électrique persistant de la région.
La recommandation a été formulée lors d’une réunion du Comité mixte sur l’énergie, les mines, les infrastructures, l’agriculture, l’environnement et les ressources naturelles, tenue à Dakar, au Sénégal, du 15 au 19 juin. Le mix énergétique régional étant toujours dominé par les combustibles fossiles, la recommandation souligne les défis de financement auxquels le secteur est confronté.
Même si la réalisation de cet objectif nécessitera des investissements importants dans les années à venir, certains pays ont déjà réalisé des progrès significatifs dans le développement des énergies renouvelables. Selon les données compilées à partir des pactes énergétiques nationaux et examinées par l’Agence Ecofin, cinq États membres de la CEDEAO ont installé une capacité de production d’énergie renouvelable supérieure à 500 mégawatts (MW).
Nigeria
Avec 2 950 MW de capacité d’énergie renouvelable installée en 2023, le Nigeria est le plus grand producteur d’énergie renouvelable de l’espace CEDEAO. Les énergies renouvelables représentent près de 25 % de la capacité totale de production d’électricité installée du pays.
L’hydroélectricité est historiquement la principale source d’énergie renouvelable du pays et est profondément intégrée au réseau national grâce aux barrages de Kainji, Jebba et Shiroro. La production solaire photovoltaïque s’est développée ces dernières années grâce aux mini-réseaux ruraux et aux systèmes hors réseau conçus pour améliorer l’accès à l’électricité, mais elle reste limitée.
Ghana
Le Ghana possède la deuxième plus grande capacité d’énergie renouvelable de la région de la CEDEAO. Selon son pacte énergétique national, le pays disposait d’une capacité d’énergie renouvelable installée estimée à 1 820 MW en 2024, ce qui représente environ 38 % de sa capacité totale de production d’électricité installée.
Plus de 95 % de cette capacité provient de l’hydroélectricité, alimentée par les barrages d’Akosombo, Kpong et Bui. Le reste provient de la production solaire photovoltaïque.
Côte d’Ivoire
Fin 2023, la Côte d’Ivoire, la plus grande économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), disposait entre 901 MW et 910 MW de capacité installée d’énergie renouvelable, représentant environ 31 % de sa capacité totale de production d’électricité installée.
Cette capacité repose essentiellement sur l’hydroélectricité, soutenue par les barrages d’Ayamé, Kossou, Taabo et Soubré. La production solaire, éolienne et biomasse ne représente encore qu’une petite part.
Guinée
La Guinée se classe quatrième, avec 817 MW de capacité installée d’énergies renouvelables. Les énergies renouvelables représentent 62 % de la capacité totale de production d’électricité installée du pays.
Contrairement aux autres pays du classement, la production d’électricité renouvelable en Guinée repose encore exclusivement sur l’hydroélectricité, notamment à travers les barrages de Kaléta, Souapiti et Garafiri. Le gouvernement vise néanmoins à développer rapidement l’énergie solaire d’ici 2030.
Sénégal
Le Sénégal complète le classement avec 553 MW de capacité installée d’énergies renouvelables. Les énergies renouvelables représentent 29 % de la capacité de production d’électricité installée du pays.
Contrairement aux autres pays du classement, le Sénégal ne dépend que marginalement de l’hydroélectricité. Selon les données du ministère de l’Énergie, l’énergie solaire représentait près de 49 % de la production d’énergie renouvelable du pays en 2023, contre 29 % pour l’énergie éolienne et 22 % pour l’hydroélectricité.
Dans l’ensemble, le classement met en évidence la dépendance structurelle de la région à l’égard de l’hydroélectricité, qui reste la principale source d’énergie renouvelable dans presque tous les États membres de la CEDEAO. Cette dépendance rend les systèmes électriques ouest-africains vulnérables aux risques liés au climat. Les sécheresses, la baisse des niveaux d’eau et les changements dans le régime des précipitations peuvent affecter directement la production d’électricité et affaiblir la sécurité énergétique.
Dans ce contexte, le développement des énergies solaire et éolienne offre un moyen non seulement de réduire les émissions de carbone, mais également de rendre les réseaux électriques plus résilients aux chocs liés au climat.
Stéphanas Associé

