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Mardi, mars 3, 2026
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Burkina Faso: La confusion persiste sur la participation de l’État dans la mine d’or de Kiaka

  • L’État n’a pas encore augmenté sa participation dans la mine d’or de Kiaka, malgré de nombreux reportages dans les médias locaux.
  • West African Resources détient 85 % de Kiaka, tandis que le gouvernement du Burkina Faso en détient 15 %.
  • Les négociations se poursuivent sur une éventuelle participation supplémentaire de l’État de 25 à 35 %, sous réserve d’autorisation par décret.

Le Burkina Faso n’a pas augmenté sa participation dans la mine d’or de Kiaka. Cependant, la plupart des médias locaux ont rapporté que l’État avait augmenté sa participation. L’agence de presse nationale titrait : « L’État porte sa participation à 40 % dans […] Kiaka SA, » citant le procès-verbal du Conseil des ministres tenu le 19 février.

L’examen du rapport officiel montre que le Conseil a adopté un projet de décret autorisant l’acquisition d’une participation supplémentaire de 25% dans Kiaka SA, la société qui exploite la mine. Cependant, le gouvernement a utilisé le futur et s’est référé à un projet de décret « autorisant l’acquisition d’une participation ». Cette formulation reflète une intention plutôt qu’une transaction réalisée. Plusieurs articles de presse ont présenté la mesure comme un accord finalisé, même si le processus reste en suspens.

La société australienne a confirmé cette interprétation. Dans un communiqué publié le 23 février, West African Resources précise que la législation burkinabè exige un décret avant que l’État puisse acquérir une participation supplémentaire au capital d’une société minière industrielle existante.

Rien de nouveau sous le soleil

En pratique, Ouagadougou cherche depuis plusieurs mois à acquérir une participation supplémentaire dans la mine d’or de Kiaka, entrée en production en juin 2025. Le projet peut livrer en moyenne 234 000 onces d’or par an, soit 7,27 tonnes. Cette production représente environ 14% de la production industrielle d’or du Burkina Faso, que les autorités estiment à 52 tonnes en 2025.

IM1 copie copie copie copie copieCoulée du premier lingot d’or de la mine de Kiaka au Burkina Faso.

Le code minier de 2024 accorde à l’État une participation gratuite de 15 % dans les projets miniers. Le code permet également à l’État d’acquérir « au moins 30% » en intérêts supplémentaires payés. Kiaka représente le premier projet pour lequel Ouagadougou a formellement exercé cette prérogative légale. En septembre 2025, West African Resources a annoncé avoir reçu un avis du gouvernement concernant l’acquisition d’une participation de 35 % dans la mine.

La société australienne a révélé en novembre 2025 avoir ouvert des négociations avec Ouagadougou pour parvenir à un compromis. Il évoque la possibilité de développer de nouveaux projets miniers avec la Société de participation minière du Burkina Faso (SOPAMIB), créée par l’État pour exploiter les actifs miniers. Toutefois, aucun élément ne démontre que ces discussions ont conduit le gouvernement à abandonner son projet d’acquisition. Le rapport du Conseil fait désormais référence à une participation de 25% au lieu des 35% initialement évoqués.

Un accord imminent ?

Ni le rapport du Conseil des ministres ni la déclaration de West African Resources ne fournissent de calendrier pour la signature d’un accord. Les investisseurs doivent donc attendre de nouvelles mises à jour de l’une ou l’autre des parties pour clarifier la structure et le calendrier de toute transaction.

La société a déclaré que toute augmentation de la participation de l’État dans sa filiale doit avoir lieu dans des conditions qui respectent les intérêts de toutes les parties, y compris les intérêts financiers des actionnaires et prêteurs existants. Coris Bank fait partie de ces prêteurs, puisque le groupe a contribué à une facilité de crédit de 265 millions de dollars pour financer la construction de la mine.

« Nos discussions avec le gouvernement concernant la structure de propriété de Kiaka et la coopération potentielle sur de nouveaux projets ont reflété une vision commune de développer une industrie minière forte et durable qui profite à la population du Burkina Faso et offre une valeur à long terme à toutes les parties prenantes. » a déclaré Richard Hyde, directeur général de West African Resources.

Cet article a été initialement publié en français par Emiliano Tossou

Adapté en anglais par Ange JA de Berry Quenum

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