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Lundi, mai 4, 2026

Les Emirats à nouveau visés par l’Iran au lancement d’une opération américaine à Ormuz

Les Émirats arabes unis ont indiqué avoir été la cible de plusieurs attaques attribuées à l’Iran lundi, coïncidant avec le lancement d’une opération américaine visant à rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.

Ces frappes, les premières à viser des infrastructures civiles dans un pays du Golfe depuis plus d’un mois, fragilisent le cessez-le-feu en place depuis le 8 avril. Elles ont également ravivé les inquiétudes sur les marchés, entraînant une hausse des prix du pétrole.

Depuis le début du conflit lancé le 28 février par les États-Unis et Israël contre la République islamique, guerre qui a causé des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, Téhéran exerce un contrôle sur cette voie stratégique par laquelle transite habituellement près d’un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Selon un responsable de l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, environ 20.000 marins y sont actuellement bloqués.

Le site pétrolier de Fujaïrah, l’un des rares de la région accessible sans passer par le détroit, a été touché par un drone, provoquant un incendie. Trois ressortissants indiens ont été « modérément blessés », selon les autorités locales.

Les autorités émiraties ont également affirmé que quatre missiles de croisière « lancés depuis l’Iran » avaient visé leur territoire : trois ont été interceptés, tandis qu’un quatrième est tombé en mer, d’après le ministère de la Défense. Par ailleurs, un pétrolier de la compagnie nationale Adnoc aurait été ciblé par deux drones iraniens.

Le ministère des Affaires étrangères des Émirats a dénoncé « une escalade dangereuse », précisant que le pays se réservait le droit de répondre.
De son côté, la télévision d’État iranienne a assuré que l’Iran « n’avait aucun projet de cibler les Emirats », citant un haut responsable militaire non identifié. Ce dernier a critiqué les conséquences de « l’aventurisme militaire américain », en référence à l’opération annoncée par Donald Trump visant à libérer les navires bloqués dans le Golfe.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a condamné « une violation manifeste de la souveraineté et du droit international » par l’Iran, exprimant sa « totale solidarité » avec les Émirats.
À Oman, deux personnes ont également été blessées après une attaque contre un immeuble résidentiel dans la ville côtière de Bukha, située sur le détroit d’Ormuz, selon un média d’État.

Téhéran, qui impose de facto des conditions de passage dans cette zone stratégique, avait averti Washington contre toute intervention : « S’ils ont l’intention de s’en approcher ou d’y pénétrer, ils seront ciblés et attaqués », avait déclaré le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées.

Malgré ces tensions, le président américain s’est félicité de l’initiative. « Cela marche très bien », a affirmé Donald Trump lors d’une réunion à la Maison Blanche, réitérant son refus de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire, une ambition que Téhéran dément.

Selon le commandement militaire américain pour la région, Centcom, deux navires marchands américains ont traversé « avec succès » le détroit. Son chef, Brad Cooper, a indiqué que les forces américaines avaient détruit six embarcations iraniennes et intercepté plusieurs missiles et drones visant des navires militaires et commerciaux.
Ces affirmations ont été contestées par Téhéran, qui nie à la fois le passage de navires marchands et la destruction de ses embarcations. Par ailleurs, les autorités sud-coréennes ont signalé une « explosion » suivie d’un incendie à bord d’un navire sud-coréen dans la zone.

Dans ce contexte, le prix du Brent, référence mondiale, a de nouveau grimpé pour atteindre 113,93 dollars. Les analystes du cabinet Eurasia Group estiment que « les attaques en cours confirment la persistance des menaces pesant sur le transport maritime », jugeant que l’opération américaine ne devrait pas permettre « pas d’augmentation substantielle du trafic dans le détroit à court terme ».

Sur le plan diplomatique, les divergences restent profondes, tant sur la question du détroit que sur le dossier nucléaire. Les tentatives de relance des négociations ont échoué, malgré une rencontre directe au Pakistan le 11 avril.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a appelé les États-Unis à « adopter une approche raisonnable » et à abandonner leurs exigences « excessives », après réception d’une réponse américaine à une proposition iranienne de règlement.

D’après l’agence Tasnim, Téhéran réclame notamment le retrait des forces américaines proches de ses frontières, la levée du blocus de ses ports, le dégel de ses avoirs, la fin des sanctions, ainsi qu’un mécanisme spécifique pour le détroit d’Ormuz et « la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban ».

Le dossier nucléaire, pourtant central pour Washington et Tel-Aviv, ne figurerait pas dans cette proposition.

Avec AFP

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