Au quatrième trimestre de l’année 2025, les tendances de l’emploi au Sénégal se caractérisent par une évolution notable avec seulement 55,5% des personnes en âge de travailler (15 ans ou plus) qui ont participé au marché du travail.
Selon une enquête nationale sur l’Emploi au Sénégal (ENES), réalisée par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le taux de chômage (élargi) est estimé à 23,3% et est en hausse de 3,3 points de pourcentage par rapport à la même période en 2024 (20,0%).
Le taux est plus élevé en milieu rural (29,2%) qu’en zone urbaine (19,6%). Selon la tranche d’âge, il est nettement plus élevé chez les jeunes (27,4% contre 18,7% chez les adultes). Suivant le sexe, les femmes sont plus touchées par le chômage, quel que soit le groupe d’âge et le milieu de résidence.
Le niveau d’emploi salarié varie selon le sexe, le milieu de résidence et le groupe d’âge
Dans le détail, le rapport note que le niveau d’activité est plus faible chez les jeunes (47,9%) que chez les adultes (67,5%). Les hommes affichent un taux de participation à la main-d’œuvre supérieur à celui des femmes aussi bien en milieu urbain (64,8% contre 47,4% pour les femmes) qu’en milieu rural (63,6% contre 47,1% pour les femmes). Par ailleurs, le niveau de participation est de 1,2 point supérieur en milieu urbain. En glissement annuel, le taux d’activité s’est rétracté de 1,5 point de pourcentage par rapport à la même période en 2024 (57,0%).
S’agissant de l’emploi salarié, sa part, dans le total des emplois, est estimée à 40,6% au quatrième trimestre de l’année 2025, soit 2 points de pourcentage de plus par rapport à la même période de l’année 2024 (38,6%).
Le niveau d’emploi salarié varie selon le sexe, le milieu de résidence et le groupe d’âge. Le taux d’emploi salarié est plus élevé chez les hommes que chez les femmes, aussi bien au niveau global (47,1% contre 28,9%) que dans chaque milieu de résidence (55,4% contre 34,5% en milieu urbain) et (30,4% contre 15,3% en milieu rural). Ces taux plus élevés pour les hommes prévaut également selon le groupe d’âge : chez les adultes (38,2% pour les hommes contre 18,2% pour les femmes) et chez les jeunes (56,3% contre 43,2%).
A l’inverse du constat sur le taux d’emploi, la proportion d’emplois salariés est plus élevée chez les jeunes (52,0%) que chez les adultes (30,5%). Par ailleurs, l’emploi salarié représente 47,6% en milieu urbain et un emploi sur quatre en zone rurale (25,4%).
Les chômeurs comprennent toutes les personnes en âge de travailler
Au quatrième trimestre de 2025, plus de la moitié de la population occupée est constituée de travailleurs indépendants (54,5%). Les salariés ont représenté 37,2% de la main-d’œuvre et les travailleurs familiaux 8,1%. L’examen suivant le sexe met en lumière des disparités importantes, la proportion de personnes travailleuses indépendantes étant plus élevée chez les femmes (65,5% contre 48,4% chez les hommes). À l’inverse, la proportion d’hommes salariés (43,1%) est 1,6 fois supérieure à celle enregistrée chez les femmes (26,6%). En outre, les travailleurs familiaux sont en proportion légèrement plus nombreux pour les hommes (8,3%) que pour les femmes (7,8%).
L’ANSD réalise, à fréquence trimestrielle, l’Enquête nationale sur l’Emploi au Sénégal (ENES). Une note de synthèse est produite, pour chaque trimestre, sur la structure et l’évolution, au rythme trimestriel et en glissement annuel, des indicateurs clés du marché du travail. La présente note concerne le quatrième trimestre de l’année 2025.Pour ce trimestre, 3708 ménages ont été tirés initialement, et 3700 ont été effectivement enquêtés, soit un taux de couverture de 99,8%.
Au sens du Bureau international du Travail (BIT), les chômeurs comprennent toutes les personnes en âge de travailler qui, au cours de la période de référence, ont été sans travail, disponibles pour travailler dans une période de deux semaines et ont recherché un travail sur la période des quatre semaines ayant précédé la date de collecte.
Toutefois, cette définition s’avère restrictive pour le Sénégal eu égard au marché du travail qui est peu structuré pour la recherche de travail. A cet effet, les personnes sans emploi, qui sont disponibles, mais ne recherchent pas un emploi pour des raisons jugées indépendantes de leur volonté sont comptées parmi les chômeurs et pris ainsi en compte dans la détermination du niveau de chômage dans le pays. Le niveau de chômage au sens strict du BIT et celui au sens élargi sont produits pour des besoins de comparaison.
L’Economiste Sénégal

